IV. — PÊCHER GREFFE SUR PRUNIER
Terre de jardin, humus et calcaire, plus fraîche que sèche.
Le sujet est d'une race de Prunier Damas noir dît d'Orléans, de Toulouse, noir hdtif^ obtenu par cépée et par bouture de racine. Choisir du plant d'un an, repiqué, ou du beau plant de deux ans, bien chevelu.
Ëcimer à 0<»,2d en plantant; la distance est celle que nous avons indiquée à l'Amandier.
Ëcussonner la première année, au mois d'août, plus
tôt OU plus tard suivant l'état de sève, à 0«, 15 du sol. Poser Técusson dans le sens du rang, à la face sud du plant, si possible.
Quinze jours après, vérifier la ligature et la reprise de la greffe. Recommencer les manquants si la sève le permet; dans le cas contraire, greffage à œil poussant au printemps suivant, ou élevage du plant à tige pour être greffé, un ou deux ans plus tard, à haute tige.
Le sujet Prunier mirobolan ne peut être employé '^
qu'à la condition d'être surgreffé en P. Damas, Saint- . *^
Julien ou Prunier Pêche, qui recevra à son tour la J
greffe de Pécher. Directement sur P. mirobolan, le t^
Pécher ne vit pas longtemps.
En haute tige, le Prunier admet le greffage par .v
rameaux en fente et à l'anglaise, soit à l'automne, /^^
soit au printemps, avec greffons conservés. Le Pécher r^
Reinedes Vergers supporte gaillardement l'opération. J
Le Prunellier, P. spinosa, plant de semis ou de rejet, accepte le greffage de quelques variétés pour '^
les sols caillouteux ou de friche ; par exemple, les Pêchers Alexander, Alexis Lepère, Sourdine, Reine '\
des Vergers. Ëcussonnage sur jet en sève provoqué par y
le recepage du plant au printemps.
Les sauvageons de Pruniers de Damas noir et de Saint-Julien, en France; Hollerosse, en Lorraine; Pershorey en Angleterre, sont employés au greffage des Pêchers à cultiver en pot. L% plant est écussonné en pépinière ou dans le récipient où il a été planté, racine ou non, au printemps.
Lorsqu'il s'agit de multiplier une variété rare, l'écus- '
sonnage à œil poussant sur des plants en pot, dans la serre, rend service au pépiniériste. Les rameaux-
m PÉRIPLOQUË
greffons conservés en silo ou dans la j^lacière approvisionneront Técussonnage ou le greffage par rameau sous écorce; il en résultera une provision future de nouveaux rameaux-greffons, éléments du prochain écussonnage à la pépinière.
Les Pêchers d'ornement se propagent comme le§ autres espèces, et ce dernier système leur est appliqu*-, avec le pincement, lorsqu'il s'agit de la reproduction de petits arbustes destinés aux forcerics.
Périploque. — Periplom^
Arbrisseau grimpant qui, par sa vigueur, son feuillage lustré et sa floraison d'été en cymes grenat et canari, a son entrée dans les gi^ands parcs où U orne le tronc des gros arbres et les murailles.
Semis. —Semer aussitôt la graine mûre, sous verre, Hiverner dans la serre. Repiquage en godet, sous châssis.
Un semis clair avec pincement des sommets, en septembre, fortifie le jeune plant.
Harcottage. — Couchage simple ou en serpenteau» au printemps et dans Tété, avec apport de terreau. Drngeonnage favorisé par la mutilation des racines.
Bouturage. — Rameaux herbacés en juin, sous VI rre, abrités et en godet.
Même opération en avril avec rameaux ligneux.
Le Periploca grseca se soumet à ces procédés.
Pépinière. — Terre franche, sablonneuse, chaude; situation bien exposée.
La première année, culture en pois, puis mise en pleine terre.
PERSICAIRB. 053
Tuteurer long, en ramilles, dès la plaDtation. Butter le collet de Tarbuste dès l'automne.
Persicaire. — Polygonum.
De ce genre nombreux, nous visons seulement les espèces ligneuses à rameaux volubiles, se couvrant de grappes florales amples, de longue durée et d'un charmant effet autour des tiges d'arbres, ou couvrant les murailles et enjolivant les treillages d'une façon rapide et généreuse.
Semis. — Semer sur couche à Tombre, fin été. Repiquer par potées ou terrines, sous châssis froid, jusqu'au printemps; alors mise en pot pour la vente.
Marcottage. — Le Polygonum multiflorum émet des drageons qui seront sevrés et mis en nourrice. Le couchage des rameaux réussit, mais moins bien avec le P. Baldshuanicum malgré l'incision ou la torsion de la partie couchée ou buttée.
Bouturage. — Fragments de rhizomes placés sous verre avec la Persicaire multiflore.
L'autre espèce, plus rebelle, exige l'emploi de petits rameaux à talon, en godet sous cloche, à l'étouffée, soit en janvier, le brin étant ligneux, soit en juillet, à l'étal déjà ferme, quoique herbacé.
Greffage. — Procédé spécial au P. Baldshuanicum à greffer sur fragment de ses propres racines ou du P. multiflorum. Greffe en demi-fente ou placage, à l'étouffée, sous cloche, dans la serre chauffée de 15 à 20°.
Les racines-sujets sont en godet; les greffons ont été cueillis sur des étalons plantés dans la serre en février-mars, quinze jours avant le greffage. Le greffon
porte un œil; le sujet est une racine de 0",05.
Une fois soudée, la jeune plante passera sur couche et sous châssis, couverte de terre au-dessus de la greffe.
Pépinière. — Bonne terre, sahle gras et tourbe, un peu fraîche; terreau de feuilles si possible.
Les jeunes plantes, sevrées d*abord en godet et sous verre, sont aérées progressivement et arrivent, vers la fin de Tété, du châssis dépanneauté à l'ombrelle dehors.
Hiverner en serre froide après rempotage; au printemps suivant, plein air complet.
Tuteurer avec ramille longue.
Culture et livraison de la plante greffée, en pot.
Peuplier. — Popuius.
Arbre de haute valeur économique et industrielle, ressource précieuse pour les plantations de route, d'avenue, de bordure de prairie ou de rivière, pour le boisement des vallées, constituant un fond sérieux aux parcs forestiers, d'utilité ou d'ornement.
Semis. — La semence « abâtardie » n'offre aucune garantie au planteur, quant à la fidélité de la reproduction spécifique et quant à la certitude et à la rapidité des jouissances espérées.
Semer aussilôl la graine formée; le plant lève en mai et pourra supporter l'hiver.
Marcottage. — Ici, le marcottage est un drageonnage. Des souches recepées fournissent des rejets qui peuvent être bons à la mise en place; trop faibles, ils resteront en nourrice pendant une campagne.
Les Popuius canescens, tremula^ tremuloides et similaires y sont plus dociles qu'au bouturage.
Le p. alba est souvent dans ce cas [fig. 234).
Bouturage. — C'est le mode populaire de propagation du Peuplier.
D'abord le P. nigra, indigène, et le P. fastigiata ou pyramidalis dit « Peuplier d'Italie », né, dit-on, par dimorphisme sur le P. nigra, dans la Russie d'Asie et importé d'Italie en France vers 1749. Mais cette forme érigée, fatiguée par les grands hivers, a déjà sa rivale dans le P. fastigiata Plantierensis, dont nous possédons les deux sexes (fig. 235).
Aujourd'hui, le Peuplier le plus répandu est le Peuplier de Virginie, improprement appelé « Peuplier suisse »; il se reproduit par bouture simple préparée en hiver, conservée en jauge, mise en pépinière au printemps.
D'après certains botanistes, le Peuplier de Virginie, P. monolifera^ serait le sujet mâle, et le Peuplier du Canada, P. canadensis^ le sujet femelle de la même espèce?... Us ont été importés de l'Amérique boréale l'un en 1772, l'autre en 1769.
Les semis naturels ont mis en évidence — à côté de plants défectueux — des formes dites Peuplier Eugène, régénéré^ amélioré, Carolin, Eucalyptus.,, (ne pas confondre avec le Peuplier de la Caroline, ni avec l'Eucalyptus...) ou des noms de localité : « vallée de Maintenon », « de Picardie », « de Champagne »...
Le Peuplier dit régénéré aurait été trouvé en 18H, dans une pépinière d'Arcueil.
Le Peuplier blanc, P. alba, dit « blanc de Hollande » et « Ypréau », est un peu plus difficile au bouturage. Rameaux lignifiés, avec talon, préparés en bonne saison et bien hivernes. Aussi conseillons-nous, en
général, de soumettre le rameau-bouture à une année de nourrice, avant d'être à la pépinière, ce qui
Fig. 235. — Peuplier pyramidal de Plantières (types mâle et femelle, celui-ci h gauche). Pépinières de Croncels.
évitera Tirrégularité probable de la réussite par la plantation directe du rameau-bouture en pépinière. Baltet. — La pépinière. 42
La variété pyramidale, rapportée duTurkestan, le P. BoUeana ou P. alba pyramidaliSy réussit au bouturage ou par greffe sur son type, comme les autres variétés du Populus alba.
Le Peuplier de TOntario, P. candicans, prend par bouture; il a le défaut du chancre en terrain froid.
Le Peuplier de la Caroline, P. angulata, a souvent des insuccès au bouturage. Il conviendrait de Télever d'abord en bouture et de le livrer à la pépinière Tannée suivante, le jeune plant ayant hiverné dans un endroit non gélif, ni pourrissant. Même observation à l'égard de sa variété robusta.
Tuteurer les deux et écimer les longs rameaux en septembre; leur grande vigueur, la dimension et le poids du feuillage pourraient leur nuire.
Pareils soins d'hivernage aux boutures des Populus grandidentata^ Petrowskiana.
Le Peuplier Baumier, P. balsamifera^ réussit au bouturage, ainsi que les P. certinensis et trichocarpa^ par l'emploi de rameaux-boutures assez forts.
Les P. angustifoliay berolinensis^ heterophylla. laurifolia^ Rasumowskianay Sieboldiiy Simonii^ réclament une attention semblable et, au besoin, du bois de deux ans à la base du rameau-bouture.
Greffage. — En principe, les variétés doivent être greffées sur leur espèce; mais la règle n'est pas sans exceptions.
Le P. tremula pendula est sympathique aux sujets P. pyramidalis et alba\ celui-ci lui donne plus de durée.
A son tour, le P. pyramidalis ou fastigiata prend par écusson sur le P. monolifera.
Sur le P. pyramidalis se greffent les P. angulata et heteropkylla; ce dernier se soude encore au P. canadensis.
Les variétés à feuilles panachées sont écussonnées sur leur type.
Sur le Populus alba réussissent ses variétés difficiles au bouturage.
Les P. grxca, grandidentata^ tremuloides acceptent le P. Tremula pour sujet.
Les greffes en fente et en couronne sont les plus simples; elles peuvent être appliquées au plançonbouture confectionné à cette occasion.
L^écusson est pour les jeunes sujets.
Pépinière. — Le Peuplier de Virginie réclame un terrain frais; les P. blanc j de Simon, Tremble, des alluvions et graviers ; les P. d'Italie, de la Caroline^ d'Ontario, une situation saine, aérée, éclairée, abritée des vents, terminant sa végétation assez tôt.
Plantation de boutures simples ou racinées déjà fortes, enfoncées au plantoir, à une distance de 0^.65 à 0",75 sur lignes distantes entre elles de 0"»,90 à i mètre. Bien sceller la terre.
Eviter les carrés trop compacts, en- multipliant les allées ou larges sentiers à Tintérieur.
Receper après une année de végétation les sujets paresseux à s'élever ou manquant de flèche. L'année suivante, coursonner les branches latérales, particulièrement celles qui avoisinent la tète et qui, d'ailleurs, ont dû subir le pincement. La troisième année, élagage modéré, respectant les faibles et la couronne, et sur^» tout la flèche.
Planter en bordure les espèces au port fastigié.
660 PUELLODEN[>R0?t.
Ëlagage nuisible ; arrêter les rameaux fougueux. Couper les boutures sur les sujets robustes et sams. '^ Rejeter tout plant dégénéré, taché, avarié. A partir de
trois années de tige, un Peuplier est livrable.
F Phellodendron. — Phellodendron.
l Arbre à écorce subéreuse, aromatique dans ^e^
\^ tissus; grand feuillage ailé ; inflorescences en cory mbes
I verdàtres, dioïques ; fruit drupacé. Espèces qui pro-
fi mettent de réunir l'utile et Tagréable.
r' Semis. — Jusqu'alors, ce sont des graines reçues de
' l'extérieur, trempées pendant vingt-quatre heure?,
semées aussitôt, en terrine, à rëtoufTée, Repiquage en godet, à froid, dans la serre.
Marcottage. — Biittage au printemps; séparage à l'automne et repiquage sous châssis froid. ■ Bouturage. — Fragments de racine mis sous vi^rc
en février, sur couche tiède. Jeunes rameaux piqués ' sous cloche, en été.
Multiplication des Phellodendron amurenseeijaponicum des deux sexes. Pépinière. — Bonne terre de jardin.
Planter à 0™,50 sur des rangs de 0",60. Receper l'année suivante et tuteurer les sujets qui s*élèventà tige.
Coursonnage vaut mieux qu*élagage.
Réserver les fragments de racine pour le bouturage.
Séparer les plants staminés ou pîstilléa de chaque espèce, si possible.
PUILLYREA DIT FILARIA.
Fhlllyrea dit « Filaria ». — Phillyrea.
Petit arlyre et arbrisseau à feuilles persistantes, portant fleurs et fruits ; à disperser à travers les massifs d'arbustes à feuilles caduques; sous-bois dans les oasis de TAlgérie.
Semis. — Durée germinative de la graine : un an.
Nettoyer la graine, aussitôt récoltée. Semer de suite ; *^
la levée a lieu au mois d'août suivant.
Repiquage sous châssis froid.
Les Phillyrea angustifolia^ média, latifolia, se propagent par le semis ; leurs variétés par la greffe.
Dans les reboisements algériens, le « Filaria » est semé à même sur le sol, au milieu de la brousse et sous les arbres de l'oasis.
Bouturage. — A part le Ph. laurifolia ou Vilmoriniana, les autres variétés prennent au bouturage d'été; petits rameaux semi-herbacés, piqués sous cloche dehors, en juin.
Repiquage en godet.
Greffage. — Le Ph. latifolia, semis, est un plant porte-greffe pour la région sud, cependant trop dra- 'i
geonnant. ^
Plus au nord, le Troëne commun et le Troëne à A
feuille ovale, qui n'ont pas le défaut drageonnant, i
sont employés à ce rôle, par plants racines. Ils reçoi- ^
vent la greffe du Ph. laurifolia, bel arbrisseau, "î
robuste. ^
Greffe en placage, sous verre, au mois d'octobre, le ^:
plant étant élevé en pot depuis le printemps. \
662 PQLOMmf:.
Aération successive après soudure au mois d^avril; empotage et report à demi-ombre.
Pépinière. — Terrain léger, sablonneux, et vieux terreau. Climat modéré.
Ëlevage à mi-ombre, avec hivernage sous un ciioial froid ou variable.
Le Ph. de Vilmorin est le plus robuste et le plua recherché. Après son greffage sous verre et sa mise en nourrice dans les ombrelles, la culture en pot continuera, pour faciliter la livraison et la réussite.
Greffés en pied, les sujets bien élancés pourront être montés sur tige, 'à moins que le greffage ne soit fait à la hauteur de la couronne.
Les autres espèces seront traitées en buisson à mîombre.
Région de la Loire : culture en pleine terre avec replantations renouvelées, pour faciliter la livraisuii de Tarbuste en moite.
Fhlomide. — Phtnmis.
Petit arbrisseau à feuilles tomenteuses, persil tantes; fleurs jaunes, sessiles, en glomérules vertieillées. Il s'agit ici du Phlomis frutimsa^ arbuste mU frutescent.
Semis. — Semer à mi-ombre, en terrain léger, sain, au printemps. Opérer également sous verre*
Repiquage sous châssis froid,
Harcottage. — Buttage en avril; sùparage en septembre. Repiquage sous châssis et hivernage en même temps.
PHOTINIA. 663
Bouturage. •— Rameaux semi-herbacés, sous verre, en terrain sablonneux, non pourrissant, au mois de juin. Repiquage en godet, sous châssis froid.
Pépinière. — Terrain chaud, léger, sec, sain aux racines, aéré, bien exposé.
Plantation par planches ou petits carrés, à OiBfdO sur 0»,50.
Éviter de tailler les branches ; un pincement d*été suffit pour faire ramifier les sujets amaigris.
Butter le collet en hiver, et couvrir la planche d'ar* bustes avec une claie, si la température humide et froide se prolonge.
Fhotinia. — Photinia.
Petit arbre à beau feuillage luisant, persistant, produisant des corymbes floraux blanc carné, en première saison; petils fruits rouges ensuite.
Son feuillage prend une teinte rouge à la montée de la sève et se rajeunit par une nouvelle frondaison.
Semis. — Semer aussitôt la maturité de la graine, en terrine, sous verre. Germination lente.
Quand la graine n'est plus fraîche, il faut la tremper ou la stratifier.
Repiquage sur couche vitrée.
Système peu employé, le greffage ayant un effet plus rapide.
Greffage. — Le sujet est le Cognassier, plant de bouture. Ëcussonner Tannée môme de la plantation; choisir des yeux apparents et couper la feuille sur son pétiole. Agir de même au bouturage.
664 PIMÉLEE.
GrefTage en fente au mois d'avril, le sujet ayant deux ans de plantation.
Opérer également dans les carrés de Poiriers oti la greffe sur Cognassier a manqué.
Placage sous verre, en février et en septembre, de l'espèce Ph. glabra et variétés dentata, rotundifolia\ couper la feuille à demi-limbe. Aérer graduellement dès que la soudure de la greffe est complète.
La jeune plante passera l'hiver ainsi abritée et de là aux ombrelles, au printemps suivant.
Pépinière. — Terrain sablonneux, frais.
Les plantes en pot sont placées dans l'abri-ombrelle en été, et dans la serre froide en hiver.
Butter et empailler dès l'automne les sujets restant en pleine terre.
Forcer la pousse des jeunes greffes par l'ébourgeonnage, et tuteurer contre l'action du vent.
Tuteurer minutieusement lors des emballages et des expéditions les jeunes sujets greffés et préserver leur feuillage des déchirures qui pourraient les maculer au milieu d'un ballot fortement serré.
Pimélée. — Pimelea.
Arbuste gracieux par son feuillage persistant et ses inflorescences en capitules ou en épis terminaux; décor de serre et d'appartement.
Semis. — Semer en mars, sur couche chaude et sous verre. Repiquage en godet, avec terre de bruyère, sur tablette de la serre.
Semis des Pimelea drupacea et spectabilis.
Harcottage. -— Buttage en été ; séparage au prin-
temps ; mise en nourrice dans une terrine ou caissette, avec terre de bruyère et sable.
Drainage de la poterie ; mouillures à la pomme.
Bouturage. — En septembre, prendre de petits rameaux et les piquer en godet, sur couche tiède et sous verre. Ces ramilles-boutures sont produites par la taille courte appliquée aux souches mères.
Multiplication de la majeure partie des espèces de Pimélées.
Greffage. — Les P. Hendersoni et spectabilis se greffent de côté dans Taubier sur P. decussata, en septembre. Hivernage sous cloche et sous châssis ; de là, faire passer quelques mois sur couche sourde.
Les P. iiitermedia, linifolia, macrocephala^ acceptent pour sujet le Pimelea drupacea.
Pépinière. — Terre de bruyère, sable, terre fibreuse et terreau. Climat tempéré.
Plante d'appartement dans la région parisienne, et rornement de la serre tempérée ou froide là où elle est élevée en pot.
Station à Tair libre en été.
Tailler ou pincer les brins qui s'élèvent, pour forcer le branchage à se ramifier. Opérer au printemps, lors du rempotage.
Les Lachnœa buxifolia, congiomerata^ purpurea, se greffent sur Pimelea drupacea^ comme les Pimélées.
Pin. — Pinus.
Arbres verts résineux, destinés aux boisements forestiers et à Tornementalion des parcs ; leurs
diverses aptitudes en permettent la culture sous Tinfluence de milieux difTérenU.
Le Pin a transformé et rendu fertiles des friches crétacées, des landes sablonneuses, des marais insa* lubres {fig. 236 et 237).
Bois de charpente, bois de mine, bois de feu.
Fig. 236. — Le Pin d'Ecosse (Pinus sylvestris) en Cliain pagne, sol catcairc.
Semis. — Durée germinative de la graine : environ un an. — Le litre de semences pèse en moyenne de 470 à 550 grammes, suivant Tespèce.
Les grandes quantités de graines d'espèces connues peuvent être semées à, Tair libre, sur un sol bien préparé et ameubli. Répandre en même temps de la terre brûlée, du terreau en poudre et même de la terre de bruyère tamisée fin, s'il s'agit d'espèce délicate.
Tremper la graine dans un bain de minium, afin de
riN. 667
la soustraire aux attaques des oiseaux. Cette précaution est inutile avec la graine stratifiée ; mais, à la levée, il convient de chasser les oiseaux par des épouvantails petits, légers, mobiles.
Semer en mai, assez dru, et couvrir le semis avec un réseau métallique à mailles étroites.
Les semis pratiqués en terrine ou en caissette sous verre, dans la serre, seront confiés au sol lors de la germination.
Repiquage du plant dès qu'il a atteint 0^,0% sur planche de terrain analogue au premier. Ombrer et mouiller à la pomme.
Deuxième période de repiquage, au printemps suivant, évitant de courber ou couder le plant. Mettre deux ou trois plants par décimètre, suivant le temps à rester. Renouveler le repiquage trois ans après, mais alors à 0",10 ou G*",! 3. Arroser au canon.
Ces opérations sont applicables aux espèces telles que :
Pins sylvestre^ noir d'Autriche^ Laricio, Cembra, du Lord Weymouth, élevée d'Alep, maritime^ pignon^ rigide y de Sabine ; enfin à toutes les espèces indigènes ou exotiques ; toutefois, le greffage est spécial à plusieurs d'entre elles.
Greffage. — En général, les variétés doivent être greffées sur leur espèce type; mais, dans la pratique, la préférence est accordée — quant au rôle de portegreffe — à des espèces robustes dont Taspect ou le nombre de feuilles par épi et Tordre de classification se rapprochent de la variété à propager.
Ainsi les Pins à cinq feuilles sympathisent avec les Pins élevé et du Lord Weymouth ; les Pins à deux ou
à trois feuilles, avec les Pins sylvestre et dT Autriche.
Les Vins de Lambert ^ monticole^ tribu des Slrobus, le Pin Cemhra^ tribu des Cembra, vivent ici greffés sur les P, strobus et excelsa, tribu des Strobus, mieux que par semis. Avec un sol crayeux, nous aurons recours au Pin sylvestre, dit « d*Écosse », comme sujet des variétés précitées.
Dans le Midi, les Pinus halepensis, pyrenaica, Laricio^ tribu des Pinaster, sont de bons sujets pour la greffe des Pins à deux feuilles. Plus au nord, nous préférons le Pin- sylvestre, P. sylvestris, et le Pin noir d'Autriche, P. austriaca, espèces rustiques de cette tribu, avec lesquelles nous propagerons la majeure partie des Pins.
Les Pins à trois feuilles, P. Coulteri^ insignis^ ponderosa, Sabiniana, tuberculala, etc., réussissent au greffage sur P. sylvestris et nigra, à deux feuilles. Les espèces de la tribu Pseudo-Strobus sont dans les mêmes conditions.
Le Pinus Lambertiana prend sur le P. excelsa.
Greffe en placage, au collet du plant, sous verre, en mars et septembre. Aérer lentement. Séjour ensuite sur bâiche froide de la serre, bien éclairée; puis, ombrelle dehors, avant d'arriver à la pleine terre.
A la pépinière, greffage en fente terminale avec greffon-bourgeon, sur la flèche du sujet, au mois de mai. Écran protecteur.
Pépinière. — Les conditions de sol et de climat sont subordonnées aux exigences de l'espèce & cultiver.
Les Pins sylvestre ou d'Ecosse, de Riga et d'Autriche se contentent de terrains secs, crétacés. Le Pin
Laricio s'y ressème comme eux, fertilisant les friches méditerranéennes qui manquent de cohésion, alors que
Fig. 237. — Pin du Lord Wcymoulh (Pinus strobus) en Sologne, sol tourboui
le Pin maritime aime à étendre ses racines dans les alluvions tenaces et les landes océaniques.
Les alluvions profondes sont les favorites de la section « Strobus », Pin élevé et Pin du Lord {fig, 237).
670 PISTACHIER.
L'élément granitique platt au Pin Cembra et la fraîcheur ajoutée au schiste séduit le Pin pignon. Le soleil du Midi, aux rocs calcaires, est la terre d'élection du Pin d'Alep\ il faut, au contraire, au P. rigide le souvenir de son habitat septentrional brumeux, avec les bruyères humides et granuleuses, etc.
Mais la pépinière forestière ou de commerce ne peut réunir toutes ces conditions si dissemblables. Alors, elle doit opérer sur des champs composés naturellement ou facticement d'éléments divers.
Les plants ayant été repiqués comme nous l'ayons dit, et soumis à un stage de nourrice, seront livrés à la pépinière et élevés en pleine terre ou en pot.
Transplantation triennale, avec bonne terre douce aux racines afin de maintenir une motte chevelue, et espacement plus grand. Choisir une température plutôt humide ; bassiner souvent ramure et racines.
Livraison en pot, en panier, en tontine.
Rejeter au bûcher tout sujet malade ou rachitique.
Pistachier. — Pistacta.
Arbre dioYque des régions tempérées, produisant, par panicules, un fruit recherché dans l'économie domestique ou ménagère; il est cultivé en Provence, en Algérie {fig. 238).
Semis. — En mars ou en septembre, semer la pistache — debout, la tête en haut — en potée ou en pleine terre. Repiquage après une année de végétation.
Les praticiens savent reconnaître la semence de plant mâle, qui est nantie, d'un renflement sur le
• Al
PISTACniER.
cAlé ; la pistache femelle est plus commune. Tout en plantant un sujet staminé au milieu de plants pistillés, il y a plus d'espoir de récolte par le greffage de quelques rameaux mâles sur des tètes femelles.
La floraison permet de reconnaître les deux types.
Grattage. — Le Pistachier du Levant, P. vera, prend pour sujet porte-greflfe le Térébinlhe, P. terebinthuBy type frane des friches méridionales, et encore le Lentisque, P. lentiseus, des landes algériennes. Le greffage sur Térébinlhe rend l'arbre plus proroptement fertile.
Greffer en écusson à oeil dormant, juillet; quinze jours après, vérifier et recommencer les greffes manquées ; si la sève fait défaut, greffer en fente avant la chute des feuilles. Au cas de non-réussite, greffer en fente au mois de mars de l'année suivante, ou en flûte deux mois après ; avril est encore favorable à la greffe en couronne .
Par les mêmes procédés, le greffage apportera des rameaux de bonnes sortes, ou de types mâles ou femelles sur le Pistachier franc^ élevé par semis.
Fig. 238. — Pistachier du Levant {PUtaeia).
672 PITTOSPORE.
Pépinière. — Terrain sec, léger, substantiel, même aride; situation bien aérée et ensoleillée.
Climat tempéré.
Plantation de plants repiqués par lignes distantes de 0"»,55, les plants à 0'»,40. Greffage la deuxième année de plantation, rez terre. Les sujets qui paraissent disposés à s'élever seront greffés sur tige. Élaguer peu, coursonner les ramifications.
Éviter de laisser vieillir en pépinière.
Pittospore. — Pittosporum.
Petit arbre remarquable par son beau feuillage vert, épais, vernissé, aromatique, et par ses bouquels de fleurs blanc d'ivoire, ambrées ou purpurines, odorantes, hivernales ou printanières. Dans la région provençale, ce grand arbrisseau résiste aux sécheresses prolongées et aux coups de vent, à ce point qu'il en préserve les cultures avoisinantes.
Semis. — Reproduction des espèces parle semis des graines, au commencement de l'été, alors qu'elles sont mûres et fraîches. Opérer en terrine ou caissette, avec terre de bruyère et sable, sous verre.
Repiquage à l'automne, dans la serre.
Marcottage. — En été, couchage de rameaux semiherbacés, avec poterie ouverte sur le côté, incision ou strangulation de la partie enterrée. Sevrage fin été.
Les Pittosporum coriaceum et sinensis ou Tobira y réussissent bien.
Bouturage. — Rameaux semi-ligneux des P. m/idulatum et variegatum, piqués sous cloche, en aoôU en sable vaseux et terreau de feuilles. Enracinement
lent, même après fente du rameau-bouture à la base.
Bouturage semi-herbacé, en mai-juin.
Greffage. — Le sujet porte-greffe P. undulatum recevra, sur petite tige, le P. crassifolium et les variétés marginatum et Bessoniana du P. sinensis.
Greffe en demi-fente et greffe en placage ; octobre.
Même opération sur jeune plant ayant pris racine en pot, et porté sous cloche une fois greffé.
Pépinière. — Terre franche, terreau de feuilles et sable fin, avec terre de bruyère, au premier kge de l'arbuste. Climat tempéré.
Elevage en poterie de diverses dimensions, et les plus grands sujets en bacs ou en caisses.
Quoique robuste, le Piitospore hivernera en serre froide, sauf sous le climat niçois.
La plante se fait bien en mottes pour le commerce.
Dans sa région, le Pittospore ondulé abritera ses congénères de l'action des grands vents.
Pivoine. — Pœonia.
Arbuste sous-ligneux de pleine terre, épanouissant, d'avril en juin, de fastueuses corolles au coloris varié passant du blanc pur ou crémeux au pourpre noirâtre. Précieux en plate-bande, corbeille, et au premier plan de massifs, associé aux plantes à feuillage pour la recherche de nouveautés (fig. 239).
Semis. — Féconder les fleurs qui doivent fournir la semence, attendu que le semis ne reproduit pas la variété originaire.
Semer en terre de bruyère fine et sous verre, aussi- Baltet. — La pépinière. 43
tôt la maturité; la levée, commençant au premier printemps, continuera une année après.
Repiquer en caissette. La Pivoine arborée est assez lente à se constituer.
Marcottage. — Buttage et séparage avec la précaution de ne pas blesser la plante mère et de recueillir de véritables rejets de la plante, et non du sauvageon.
Fig. 239. — Pivoine en arbre (Pœonia arborta).
Bouturage. — Rameaux courts, semi-ligneux avec talon, sous cloche, au soleil ; juillet-août. Résultats irréguliers, de même avec le bouturage d'yeux.
Greffage. — Le greffage est le procédé le plus sûr et le plus employé. Voici comment nous le décrivons dans VArt de greffer,
La meilleure saison pour le greffage de la Pivoine est en juillet-août, lorsque les tissus du greffon sont
lignifiés ; grefl'er en fente ou en incrustation sur des fragments de racine longs de O^^OS à 0",10.
A défaut de racines de Pivoine en arbre, prendre pour sujet de grosses racines de Pivoine herbacée. Les tronçons de la Pivoine de Chine ont l'avantage de produire moins de bourgeons souterrains; la Pivoine officinale, P. officinalis, en fournil davantage.
Cette racine-sujet, munie, si possible, de quelques chevelus, aura 0™,40 environ de longueur (A, fig. 240) ; son diamètre ne doit pas être inférieur à celui du greffon (B).
Le greffon est une sommité de rameau portant Tœil terminal ou une fraction de rameau comprenant un mériihalle avec un œil en tête, pour les raretés.
Conser\'er deux folioles à chaque feuille du greffon, ou les couper sur leur pétiole et ménager un œil (G) près de
l'insertion. Ligaturer au fil de plomb (D) en tête, avec une longueur de filasse au-dessous ; mastic d'argile. Opérer sous cloche, dans le sable, avec ou sans empotage.
Tenir les plants greffés pendant six semaines à Tétouffée. Dès leur sortie, les placer à Tombre rigou-
Fig. 240. — Greffe de la Pivoine arborescente sur racine.
reusement pendant quinze jours ; continuer à les maintenir dans un endroit ombragé jusqu'à ce qu'ils paraissent bien repris et solides.
Souvent, en juillet, nous les piquons sous châssis, aussitôt greffés, et la végétation se manifeste un moL^ après.
Le greffage de la Pivoine réussit en plein air; opération fin juillet. Planter les racines toutes greffées dans une plate-bande au nord, ou à mi-ombre; la terre recouvrira la greffe et non le greffon ; il reste à pailler le sol, à arroser aussitôt et à bassiner fréquemment.
Les horticulteurs d'Orléans greffent en août, piqueot les racines greffées dans le sable en plein air, par clochées; ils y utilisent leurs cloches raccommodées, parce qu'il n'y aura pas besoin de les lever en hiver. Ombrer avec des claies de bruyère ou des nattes d'emballage et hiverner avec de la mousse.
Pépinière. — Bonne terre de jardin, pouvant être composée de sable, d'argile, de silice ; couche végétale assez profonde, avec un peu de fraîcheur.
Élever la jeune plante en pot, sous châssis froid, puis en pleine terre avec terreau. Paillis et eau.
Abriter par une claie le début de la végétation, surtout pendant l'hiver.
Établir la distance d'une plante à l'autre d'après le nombre d'années qu'elle doit y rester.
Les fortes touffes seront contreplantées et espacées, ou soumises à la culture en panier.
Éviter de couper, sur la mère, tous les rameauïgreffons la même année.
Culture en pot et en panier pour les forceries.
PLANÈRE. 677
Planère. — Planera.
Arbre de parc et de forél, de deuxième grandeur ; son bois, dur, est utilisé dans Tindustrie. Les espèces vivent les unes en terrain calcaire, d'autres en terre de marais. Semis. — Aussitôt la récolte des graines, semer en pleine terre, par un temps doux et calme. Semer clair pour éviter le repiquage.
Reproduction des Planera crenata et acuminata ou ZeX^owB, japonica.
Marcottage. — Buttage par cépée et couchage de rameaux incisés; sevrage à l'automne.
Multiplication du Planera aquatica.
Bouturage. — Rameaux avec talon coupés au pied de souches recepées, plantés au printemps, en pleine terre.
Bouturage ligneux des Planera aquatica^ japonica, Verschaffelti.
Greffage. — Le Planère se greiïe, ainsi que ses espèces et variétés, sur TOrme ; en fente, mars-avril ; par écusson, août, à Tair libre ; greffés rez terre, il en résulte de beaux sujets.
Le Planère pleureur sera greffé en tête sur le Planère crénelé ou sur l'Orme champêtre.
Pépinière. — Bonne terre saine, un peu fraîche ; situation aérée.
Plantation en carrés à 0'",60 sur 0",70.
Receper au printemps qui suit la première sève.
Tuteurer; ménager les rameaux par un coursonnage prudent.
L'ététage de la cime est rarement nécessaire.