‹ La Percussion du Poumon: Étude Théorique et CliniqueChapitre 8 sur 41 · I. — LE CHOC DIGITO-DISTAL · texte numérisé non relu

I. — LE CHOC DIGITO-DISTAL

Le bruit que l’on obtient en percutant la phalange du médius gauche à l’aide de la pulpe du médius droit est un bruit complexe à l’origine duquel on trouve :

A: — Des vibrations des: parties osseuses.

© B. — Un bruit de contact.

A. — Les vibrations des parties osseuses.

PIORRY a bien établi le mécanisme de production des sons élevés qu’il attribuait au plessimètfe.

CASTEX, à l’aide de flammes manométriques, a démontré par certains artifices d'expérience que les sons de tonalité élevée étaient dus aux vibrations des côtes.

RIST pense aussi que les sons aigus proviennent des oscillations de systèmes osseux.

La clinique permet de rendre évident, de deux manières, que les vibrations osseuses correspondent à des sons de tonalité élevée

1°) La percussion de la phalange rend un’son qui possède à peu près le même caractère « esthétique » que celui de la crête tibiale ou de tout autre os situé au contact de la peau; il s’agit de sons de tonalités relativement élevées.

2°) La percussion immédiate d’une côte et d’un espace intercostal rend des sons de timbres différents. Mais dans les deux cas, la tonalité reste la même. Quand on percute l’espace intercostal, l'intensité de la note dominante couvre les partiels peu nombreux et faibles .: la tonalité se place aisément sur le registre des gammes. Par contre, là percussion de la côte fait naître de nombreux partiels élevés et plus intenses, qui couvrent en partie la note dominante. Ces partiels de tonalité élevée sont dus aux vibrations de la côte:

Mais, ces sons osseux, s’ils possèdent des timbres identiques, peuvent se distinguer les uns des autres par des tonalités s’échelonnant sur plusieurs notes.

B. — Je bruit de contact.

Aux vibrations des parties osseuses s'ajoute un bruit dû à la brusque perturbation de l'air provoquée par le contact intime des parties molles.

Il est évident que le son est d’autant plus intense que le contact est brusque et les surfaces étendues.

Le bruit que l’on obtient ainsi, la « claque », peut avoir des timbres et des tonalités très variables.

Dans la percussion « à main ouverte », préconisée

TE Ni ee par CORVISART, il couvre les autres bruits; mais avec la technique habituelle, on l’entend peu.

— Le choc digito-digital est une résultante de ces deux bruits. \

Composé de deux éléments variables, en proportions elles-mêmes variables, on conçoit que ce son, qui est celui de la matité, puisse revêtir des tonalités et des timbres très différents.

II. — LES CONDITIONS ANATOMIQUES QUI MODI- FIENT L’ÉBRANLEMENT SONORE, :

L'ébranlement né du choc des phalanges se propage en partie au thorax que l’on percute.

Les caractères acoustiques sont transfor nié par l'état physique de la paroi et des organes sous-jacents.

En effet, la paroi thoracique peut être comparée . grossièrement à une plaque ou à une membrane, de forme arrondie, susceptible de vibrer.

La paroi thoracique, sous l'effet d’un choc oscille suivant sa période propre.

Ces oscillations peuvent être modifiées par l’intervention de forces de tension qui peuvent s'appliquer sur la périphérie comme dans le cas du tambour ou de la timbale. Ces forces s'appliquent perpendiculairement à la paroi thoracique, soit par l'intermédiaire du système élastique pulmonaire, soit par la pression de gaz intra-cavitaires, soit par l’inertie des masses charnues.

En modifiant la périodicité de la paroi thoracique, elles engendrent des sons différents.

Par voie de conséquence, ces réalités physiques que sont les masses gazeuses ou charnues, sans rapport avec la paroi, ne se laissent pas déceler par la percussion. \

Il faut donc étudier successivement :

— 4) les masses gazeuses,

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