SCÈNE Yilï
HECTOR
Pourquoi donc ça? On peut très-bien aimer sa femme et....
HÉLÈNE
Si j'étais homme, je ne me marierais qu'après m'être dit ceci : J'ai 30 ans, je suppose ; jusqu'ici, j'ai vécu en garçon, c'est-à-dire en partait égoïste.... Ai-je été heureux 'oui... alors restons garçon !... Si c'est non, marions-nous ; mais tranchons dans le Vif: désormais, je veux vivre pour les autres, pour ma femme, pour mes enfants ; alors, on abdique sa liberté ; on se dit : pendant 30 ans, j'ai été libre... maintenant , c'est le tour de ma femme... Chacun son tour!
HECTOR
Il y a du vrai dans tout cela ; cependant...
HÉLÈNE
Oui , c'est demander beaucoup ; mais prenons un moyen terme entre votre système et le mien, et je crois que nous aurons une bonne femme et un bon mari....
Eh ! eh! vous pourriez bien avoir raison. Aussi, comtesse, recevez mes remercîments.
HÉLÈNE
Recevez les miens, monsieur le comte.
HECTOR
Il n'y a pas de quoi !
HÉLÈNE
Pardon ! et je vous promets de mettre vos conseils à profit.
Hector, étonné.
A profit!... Est-ce que par hasard?...
HÉLÈNE
Je me marie dans trois semaines.
HECTOR
Ah bah! Oh! voilà qui est plaisant, par exemple!... et j'en rirai longtemps.
HÉLÈNE
Je ne vois pas ce qu'il y a de risible...
HECTOR
A ce que vous preniez un mari?... Non certes; mais le plaisant est que je convole aussi.
HÉLÈNE
Pas possible !
HECTOR
Ma parole d'honneur ! (Ils rient.)
Vous vous remariez ?
HECTOR
Dans un mois, j'abdique ma liberté en laveur do mademoiselle Marie de Mau gaillard.
ULt.l.M..
Marie :
HECTOH.
Vous la connaissez?
HELENE
I 'est ma meilleure amie.... Mes compliments pour vous et pour elle, monsieur le comte ; car, soit dit sans vous offenser, ou vous êtes bien changé, ou vous cachiez bien habilement vos qualités!
m.' Ton.
Croyez bien que de mon côté....
hli.knk.
JVntends le baron... heureusement pour nous, monsieur le comte,, car, Dieu me pardonne, nous allions nous faire des compliments.