INTRODUCTION
M. Salva Mercadé dans un volume qui comprend tous les soins qu’un médecin peut être appelé à donner à un opéré
récent; l’étude du traitement des complications lointaines
est à son tour envisagée et faite avec conscience.
Ce livre est clair et bien écrit; il sera d’autant plus utile qu’il est fait sans parti pris.
O. Lannelongue.
Le icr octobre 1909.
PRÉFACE
Dès le début de nos études médicales, nous avons été frappé de l’importance que prenait en chirurgie la période post-opératoire. L’opération terminée, le malade entre en effet dans une nouvelle phase où l’attention du chirurgien doit être toujours en éveil, pour surveiller les suites opératoires et prévenir les accidents ultérieurs.
Le contact journalier avec les opérés de la veille nous a montré combien les petites questions de détail devaient être souvent embarrassantes pour quelqu’un qui n’a pas l’expérience d’une longue pratique chirurgicale. Nous avons appris à reconnaître que l’acte opératoire n’est pas tout en chirurgie, l’opération la mieux conduite pouvant se compliquer ultérieurement d’accidents nouveaux inhérents à une faute opératoire, à la négligence des soins consécutifs ou aux nouvelles conditions du fonctionnement des organes.
C’est en nous trouvant aux prises avec les multiples détails de la pratique courante, c’est en constatant que si l’opération réussit le plus souvent, il est cependant des cas où la guérison se fait longtemps attendre, que nous nous sommes rendu compte de la nécessité qui s’imposait, à l’heure actuelle, de réunir dans un ouvrage d’ensemble toutes les éventualités possibles de la période post-opératoire.
PREFACE
Nous croyons donc faire oeuvre utile en mettant à la portée des praticiens tous les renseignements dont ils pourront avoir besoin pour diriger correctement les soins post-opératoires et la convalescence des opérés qui leur seront confiés.
Comme nous aurons l’occasion de le répéter au cours de cet ouvrage, le succès de beaucoup d’opérations dépend des soins consécutifs. Bien conduits, ils seront la meilleure garantie de la bonne réussite de l’opération.
La connaissance de l’évolution post-opératoire et des complications possibles permet en outre au médecin de dépister à leur origine les accidents qui peuvent survenir et, par conséquent, de les combattre plus efficacement. C’est à ce moment que l’esprit clinique doit reprendre tous ses droits. Sagace et observateur, le praticien prévenu pourra, dès lors, lutter dès le début contre les accidents éventuels. Il faut bien se rappeler que les minutes sont comptées en chirurgie et que, sur ce champ de bataille qu’on appelle les séreuses et le système vasculaire, il faut arriver avant que l’ennemi ait déployé trop de forces. Toutes les manifestations post-opératoires devront donc être soigneusement observées et notées sans exception.
Telle malade, opérée de laparotomie, semblera, le soir de son opération, aller à merveille; elle n’aura pas de fièvre; elle ne souffrira pas; son ventre sera souple; elle ne ressentira aucun malaise; elle causera librement; elle sera même loquace; tout, en un mot, semblera vous permettre de formuler un pronostic favorable. Gardez-vous en bien si vous n’avez pas examiné le pouls, car cette malade pourra être morte le lendemain. C’est qu’en effet la septicémie péritonéale suiaiguë peut ne se révéler que par l’accélération considérable du pouls; et, si le soir de l’opération votre malade présente un pouls à i5o ou 160, vous pouvez déjà prévenir l’entourage du pronostic fâcheux. On vous en voudra moins d une faute
PREFACE
opératoire dont le public n’est pas juge, que d’une erreur de pronostic.
Un simple signe peut donc à lui seul avoir une importance capitale. Il est, par conséquent, de toute utilité de suivre l’opéré comme un véritable malade dont on prendra soigneusement l’observation.
Ce sont toutes ces données que nous avons voulu réunir ici sous le titre de soins , suites et accidents post-opératoires , et envisager dans La Période post-opératoire. Nous exposerons donc, à propos de chaque intervention prise en particulier, les soins schématiques à donner en dehors de toute complication, puis nous étudierons tous les accidents possibles de la période post-opératoire.
Nous voulons que ce livre soit surtout pratique; aussi, si parfois nous nous permettons d’être un peu théorique, c’est pour mieux expliquer l’évolution d’un accident qui pourrait surprendre à première vue.
Pour le traitement des complications post-opératoires nous exposerons toutes les méthodes qui auront paru avoir fait leurs preuves.
Nous avons adopté dans ce travail le plan qui nous a paru le plus rationnel, c’est-à-dire l’étude de la période post-opératoire dans les affections des différents appareils. Certes le plan alphabétique eût été peut-être plus simple, le chapitre plus vite trouvé, mais notre travail aurait perdu de sa concision, et nous aurions été exposé à de fréquentes redites.
Nous tenons, en terminant, à remercier nos maîtres en chirurgie dont les conseils expérimentés nous ont servi à fonder les bases de ce travail.
Notre excellent maître, M. le professeur Lannelongue, nous a toujours témoigné un intérêt dont nous lui sommes profondément reconnaissant. Il nous en donne encore une
PREFACE
preuve aujourd’hui en inscrivant son nom en tête de ce travail. Nous ne saurions trop l’en remercier.
Nos éditeurs, MM. Masson et Cie, ont accueilli ce livre avec une attention dont nous avons été très flatté. Ils ont tenu à l’illustrer de quelques figures originales dues à l’habile plume de M. Reignier, en nous laissant toute latitude pour l’augmenter ultérieurement. Nous les en remercions très vivement.
Janvier 1910.
TABLE DES MATIÈRES
Introduction VII
Préface IX