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SUTURES OSSEUSES

Appliquée depuis longtemps au traitement des fractures de la rotule et de l’olécrane, la suture osseuse est actuellement admise pour certaines fractures des os longs. Elle expose malheureusement à des complications redoutables qui font que la plupart des chirurgiens préfèrent encore, dans certains cas, conserver à leurs malades un membre défectueux, que de les exposer aux terribles conséquences de certaines sutures osseuses. A mesure que les sutures seront mieux connues et faites par des opérateurs plus habitués à cette chirurgie, les accidents seront certes moins fréquents, mais il n’en est pas moins vrai qu’ils sont déjà assez nombreux pour faire hésiter les plus hardis.

SOINS CONSÉCUTIFS

Un os long suturé sera immobilisé dans un appareil plâtré aussi longtemps qu’un os non suturé. La plaie drainée et recouverte d’un pansement aseptique sera très attentivement

CHIRURGIE DES MEMBRES

surveillée. L’appareil plâtré aura été disposé de façon à permettre la surveillance du pansement.

A moins de fièvre, on n’y touchera pas jusqu’au 5,: jour. Ce jour-là, le drain sera enlevé, et on attendra le ioc jour pour enlever les fils.

La suture de la rotule demande des soins analogues. On laissera le drain 4 à 5 jours et on enlèvera les fils le 8e jour. Le membre sera mobilisé dèsce moment; on lui imprimera des mouvements passifs très légers. En fixant la rotule avec la main gauche, on soulèvera à l’aide de la main droite le creux poplité, et on imprimera au membre quelques mouvements très limités de flexion et d’extension. On massera ensuite les muscles de la cuisse et surtout le triceps, ainsi que ceux de la jambe.

Ces séances seront renouvelées tous les jours. La marche ne sera permise qu’au bout de 3o à 40 jours. M. Farabeuf (* l) admet que le malade peut se lever du 12e au 1 5e jour; « il achève son cal en marchant, dit-il ».

La suture de l'olécrane réclame une surveillance analogue. La gouttière plâtrée antérieure laissera libre la partie postérieure de l’articulation dans l’attitude d’extension. Le drain sera enlevé au bout de 48 heures, les fils au 8e jour. On commencera les mouvements et les massages dès le lendemain, en maintenant le membre en demi-flexion dans une gouttière dans l’intervalle des séances. On pourra supprimer cette gouttière entre le 20e et le 3o° jour.

ACCIDENTS POST-OPÉRATOIRES

Les complications fâcheuses qu’on a signalées après les sutures osseuses sont sous la dépendance directe de l’infection du foyer de la fracture. Ce qui facilite cette infection, ce sont les lésions de voisinage en rapport avec les fragments

1. L.-H. Farabeuf. Précis de Manuel opératoire, p. 907, 4" edit.

ARTHROTOMIES.

osseux; les tissus contus et mortifiés sont impropres a défendre l’organisme, et la moindre infection retentit dès lors d’une façon disproportionnée.

Aussi, dès qu’on voit ces phénomènes se déclarer, il ne faut pas hésiter à débrider la plaie et à faire des lavages antiseptiques, le membre étant maintenu dans son appareil de contention.

Quand les accidents se bornent à l’échec de la suture, on peut dire que le mal n’est que relatif, mais souvent l’infection conduit à la nécrose de l’os, aux arthrites de voisinage et à l’amputation finale.

ARTHROTOMIES

Quand on se rappelle avec quelles hésitations les chirurgiens d’autrefois abordaient une articulation, quand on lit les discussions sans nombre que soulevait cette simple question de l’arthrotomie, on est étonné de voir aujourd’hui guérir en quelques jours, sous un simple pansement occlusif et par l’immobilisation dans une gouttière, un genou qu’on vient d’ouvrir pour en extraire un corps étranger.

L’arthrotomie est en effet devenue une opération très simple, à la portée de tout chirurgien, pourvu qu’il sache être aseptique; mais elle reste toujours une intervention dont les suites peuvent être redoutables si une faute a été commise au cours de l’acte opératoire, ou si les soins post-opératoires sont négligés ou mal donnés.

On fait une arthrotomie pour extraire un corps étranger, évacuer un épanchement ou drainer une articulation.

Dans les cas aseptiques les suites opératoires sont excessivement simples. Le membre est immobilisé dans une gouttière pendant le temps nécessaire à la cicatrisation de la plaie

CHIRURGIE DES MEMBRES

et les mouvements sont repris petit à petit. Si on a, par excès de précaution, mis un drain dans l’articulation, on l’enlèvera au bout de quarante-huit heures.

Dans les arthrites septiques , en revanche, les soins postopératoires ont une importance capitale. Inciser et drainer une articulation, c’est parer au plus pressé en ouvrant la porte à l’infection qui menace l’état général ; la négliger ensuite, c’est exposer le membre à de longues suppurations, à des douleurs atroces, ou le condamner à l’ankylose ou à l’amputation.

Aussi le drainage établi au lieu d’élection, le membre sera immobilisé, dans la position la plus favorable. C’est là le meilleur moyen d’éviter les douleurs et la fièvre.

L’articulation sera lavée tous les jours, matin et soir, si la suppuration est abondante, avec de l’eau phéniquée ou de l’eau oxygénée faibles. Les drains seront enlevés de bonne heure, mais avec prudence.

L’arthrite guérie, on traitera la jointure par les massages et la mobilisation. C’est un traitement parfois long, et qui met à l’épreuve la patience et la conscience du chirurgien.

RÉSECTIONS

« Les soins consécutifs ont une telle importance en matière de résection, dit notre maître M. Morestin ('), que les résultats, pour ce qui concerne surtout le retour fonctionnel, en dépendent d’une façon presque complète. »

Il faut être bien pénétré de ce fait dans la direction des soins post-opératoires, que ce qu’on doit rechercher à la suite des

i. Morestin. Chirurgie générale des articulations, 1907. O. Doin, éd., p. 59i.

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