Hills. British Medical Journal, 1909, n” 2519, 10 avril
ANESTHÉSIE GÉNÉRALE
F) SCOPOLAMINE
La scopolamine, surtout associée à la morphine, a pris dans ces derniers temps une place éphémère dans la catégorie des anesthésiques généraux. Elle a malheureusement l’inconvénient de ne pouvoir à elle seule produire une anesthésie complète et durable. Aussi n’est-elle plus employée aujourd’hui que comme introduction au chloroforme ou à la stovaïne lombaire, et c’est à ce seul titre qu’elle méritera de retenir un instant notre attention.
MM. Walther, Terrier, qui ont introduit en France cet anesthésique, ont bien montré le grand intérêt qu’il y a, pour cei tains malades pusillanimes ou nerveux, à supprimer en quelque sorte les émotions de la veillée opératoire^ la scopolamine, à cet effet, a une action remarquable. Elle permet, en outre, de ne donner au malade qu’une quantité tiès minime de chloroforme, ce qui est très important pour les malades déjà très affaiblis et qui sont ainsi moins exposés
aux effets toxiques d’une trop grande quantité de chloroforme.
Après l’opération, la scopolamine agit encore en laissant le malade plongé dans une somnolence qui le soustrait aux douleurs occasionnées par toute opération.
Lors de sa première communication, M. Walther (‘) n’avait observe ni vaso-dilatation consécutive, ni contracture de la paroi après l’opération.
Dans sa deuxième communication (*) il ne rapporte encore aucun accident, mais, contrairement à ses conclusions de 1905, il a constaté que les vomissements post-anesthésiques étaient fort rares. Il n’a jamais observé non plus la tendance aux hémorragies, signalée par certains auteurs.
Neanmoins l’emploi de cet anesthésique ne s’est pas encore
Walther. Bull, et Mèm. de la Soc. de Chir Walther. Ibid., 28 février iqo6.
21 juin 1905.
beaucoup vulgarisé en France, aussi n’insisterons-nous pas davantage.