Petersen. Deutsche. Med. Woch., i
6. Gaucher et Balli. Bull, et Mém. de la Soc. Mèd. des Hôp., 29 novembre 1895, p. 773-788.
apparaissent souvent : ce sont des vomissements, de la diarrhée, du hoquet, de la fièvre, des urines noires.
Il ne suffit pas de supprimer le pansement pour voir les accidents disparaître. Ils persistent souvent quelque temps encore et il faudra pendant ce temps relever l’état général du malade.
Un dérivé du bismuth, le dermatol (sous-gallate de bismuth), peut également donner lieu à des phénomènes d’intoxication, qui sont cependant moins connus. M. Martens(‘) rapportait dernièrement le cas d’un enfant dont on pansait une brûlure du dos, en la saupoudrant avec du dermatol. Au bout de quelques jours on vit se développer une dermatite rouge en placards, et de la stomatite aphteuse, en même temps que se manifestait une fièvre assez intense. Ces accidents disparurent à la suite de la suppression du dermatol et de lavages de la plaie à l’eau salée physiologique.
Depuis que le sous-nitrate de bismuth est employé en radioscopie pour reconnaître la forme des viscères creux, on a signalé quelques accidents dus à l’absorption d’un lait de bismuth. Kiar a rapporté un fait d’intoxication grave à la suite d’une absorption de 75 grammes de sous-nitrate de bismuth. Dès le soir, la malade, âgée de cinquante ans, ressentait de violentes douleurs de tête, quelques palpitations et ne pouvait fermer l’œil de la nuit. Le lendemain elle était très cyanosée; on lui donna du soufre sublimé. L’examen du sang permit de reconnaître de la méthémoglobine. La malade n’avait pas de fièvre; son pouls était régulier; elle n’avait ni vomissements, ni dyspnée, ni douleurs abdominales; on lui prescrivit de l’huile de ricin et un vomitif. Dans l’après-midi elle présentait encore des vertiges et une grande fatigue. Tous ces phénomènes persistèrent trois jours.
MM. Bensaude et Agasse-Lafont ont rapporté dernièrement à la Société médicale des hôpitaux un cas où l’absorp-
I. Martens. Réunion libre des chirurgiens de Berlin, 10 mai 1909.
tion de 3o grammes de sous-nitrate de bismuth dans un but radioscopique détermina de l’angoisse, des convulsions, de l’hypothermie, des lipothymies, de la cyanose, de la dyspnée et du coma. Ces symptômes inquiétants persistèrent deux jours entiers pour s’atténuer ensuite.
MM. Bensaude et Agasse-Lafont ont pu réunir 14 cas analogues où l’absorption de sous-nitrate de bismuth en vue d’un examen radioscopique détermina l’apparition des symptômes d’une intoxication par les poisons méthémoglobinisants.
C’est dans les cas de sténose que ces accidents se manifestent surtout, à cause du séjour prolongé du bismuth dans l’anse dilatée et de son absorption plus facile.
Dans une étude récente, L. Lewin(‘) a montré que tous les sels de bismuth sont toxiques et qu’ils peuvent déterminer des phénomènes d’empoisonnement. Aussi cet auteur propose-t-il de les remplacer par l’oxyde de fer magnétique naturel qui n’est pas nocif et rend les mêmes services pour les examens radioscopiques.
On a dernièrement conseillé (Beck) d’injecter dans les cavités et fistules chroniques, principalement d’origine tuberculeuse, une masse sohdifiable composée de 3o parties pour 100 de sous-nitrate de bismuth, 5 de cire blanche, 5 de paraffine et 60 de vaseline. Les résultats entre les mains de l’auteur ont été très satisfaisants^).
Cette méthode ne semble pas cependant être aussi bénigne que le dit son promoteur, puisque David et Kauffmann signalent déjà deux cas d’empoisonnement, dont un mortel, consécutifs à des injections de pâte à la vaseline et au bismuth .
Sonars ^64/ Berlin)l Munchener mediP Wochenschrift, 1909, n* i3,
2. Beck. Beitrage pir klinischen Chirurgie, 1909, t.LXII, août, p. 401.
MERCADÉ.