I n’en est rien. Le tréponème est répandu dans tout
| | l'organisme avant l'apparition du chancre dès la pério- 4
; | de d'incubation. C'est une erreur grossière, une illu-
/ | sion, de croire qu'extirper le chancre à son apparition, | “1
à | supprime la maladie. La généralisation du virus se fait ‘250
É dès qu'il trouve l'érosion qui est sa porte d'entrée. En
à enlevant la portion de peau sur laquelle l'inoculetion à,
F. x été faite, deux heures après cette inoculation, on n'empê- Le:
Dir che ni le chancre ni la syphilis de se produire. | a
À Il existe une période d'incubation correspondant à des :
234 L lésions histologiques : accumulation de IFmphocytes au: #
tour des vaisseaux papillaires, épaississement de lendo-
- thélium vasculaire.
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Le moment d’incubation réelle où rien ne vient déce-
ler histologiquement l'infection est très court.
Combien de jours s’écoulent entre la contamination et l'apparition du chancre ?
Les chiffres exprimant les durées minima, maxima et moyenne de lincubation du chancre diffèrent suivant les observations. Elles varient dans de larges limites ;
ainsi, chez le chimpanzé qu'on inocule, on a observé
une durée de 15 à 49 jours. Chez l'homme, la durée minima de l’incubation est de 8 à 10 jours.
La durée maxima, plus difficile à déterminer, attein-
drait 70 jours, et exceptionnellement 100 jours.
La’ durée moyenne est de 31 jours, d’après Fournier. Il est inutile de dire que cette durée moyenne, fixée à
un jour près, est schématique.
Le chancre peut-il faire défaut ? Les anciens maîtres pensaient qu'on ne pouvait avoir la syphilis sans chancre
: On croit aujourd’hui que le tréponème peut s'introduire par voie percutanée, sans réaction locale. L’expérimentation chez les animaux démontre qu'il existe une syphilis hématogène, sans chancre, consécutive à l’inoculation sous-cutanée du virus. Si on introduit profondément le tréponème dans la circulation générale, la réaction épidermique manque, (D' Nicolau, de Bucarest), Julien et Welsch ont publié des cas d'infection syphili-
tüque généralisée d'emblée, sans chancre initial, consé-
cutive à l'inoculation du virus par piqüre sous-cutanée.
En dehors de ces exceptions, existe-t-il cliniquement
nl
une syphilis d'emblée sans chancre préalable ? Audry et Chatelier (Annales dermat. et syph., 1921) ont admis la syphilis à bubons d'emblée (syphilis erypto-carcinique a début ganglionnaire), en se basant sur la positivité d’une réaction de Wassermann. Mais l'accident primitif parfois à peine visible se présente sous l'aspect d’une minuscule érosion. Gougerot (Ann. Mal. vénér. 1922) non seulement admet la syphilis sans chancre, mais pense que les deux virus, tréponème et bacille de Ducrey, sont susceptibles de créer une infection mixte, ou chancrello-syphilis sans chancre mixte faisant office de porte d’entrée. En clinique, les syphilis sans chancre sont presque toutes des syphilis occultes, larvées, dont on n’a point vu le chancre, car celui-ci peut être petit, indolore et ‘se trouver dans un repli de muqueuse urétrale ou vaginale.
Les cas de syphilis ignorée se sont multipliés depuis
qu'on les dépiste par la réaction de Wassermann. Mais .
retenons que syphilis ignorée ne veut pas dire syphilis sans chancre. La contamination peut -provenir d’une personne indemne, en apparence, de toute manifestation spécifique.
Sadek a publié un cas analogue de contagion due aux | pratiques des empiriques en Egypte. (Bull. of the ophtalm. Soc. of Egypt. 1923, p. 82-89).
Toute une série d’ulcérations à la paupière et à la con-
jonctive avec tuméfaction des paupières el des glandes de cette région ont révélé que chez les 38 malades, de tous âges, qu'il a observés, il existait une infection syphilitique. Tous ces malades s'étaient fait traiter par des
femmes charlatans qui prétendaient enlever, avec la langue, des vers du sac conjonctival.
Chose singulière, ni lanamnèse, ni l'examen physique de ces femmes n'avaient révélé chez elles la syphilis, alors que chez les patients qu'elles avaient infectés le Wassermann était fortement positif.
Ce qui rendait le diagnostic difficile était le fait que l'affection oculaire se montrait souvent bilatérale, alors qu'on sait que l'accident primaire est presque toujours unilatéral. Mais, étant donné dans ces cas le mode de production, l'on comprend qu'il y ait eu bilatéralité.
Le traitement antisyphilitique eut raison de tous ces symptômes. ÿ
Quel est l'aspect clinique du chancre, première manifestation de la syphilis ?
Ses caractères élant classiques, nous n’en donnons qu'un court résumé.
Au début, le chancre est une petite saillie ou papule qui devient rapidement érosive, et dont l'érosion s’agrandit (Lacassagne).
Ses dimensions sont des plus variables. Ainsi tel chancre (chancre nain) offrira l'apparence d’une vésicule d'herpès ; tel autre (chancre géant) aura cinq centimètres de diamètre.
| Le chancre syphilitique est une érosion surmontant un infiltrat. De cette notion histologique découlent ses caractères cliniques : absence de bord, forme régulière, couleur chair musculaire (Milian).
L'érosion ou perte de substance de l’épiderme sans lé-
sion du derme est plane, lisse, unie, sans crevasses et.