‹ La péritonite aiguë par perforation au cours de l'entérite tuberculeuseChapitre 4 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il n’est pas rare, au cours de l’entérite tuberculeuse, de voir se produire une perforation déterminée par la

marche envahissante du processus ulcératif. Habituelle-

ment cette perforation ne détermine que des accidents

d'importance secondaire.

Il s’est produit, en effet, auparavant un travail de réaction périlonéale avec formation d’adhérences qui entourent l’anse malade et limitent l’issue des matières.

De là la production d’un pseudo-kyste péritonéal que limitent des anses intestinales agglutinées, l’épiploon, le péritoine pariétal et différents viscères de la cavité abdo-

minale. Les matières stercorales sorties de lintestin

Re:

viennent se déverser dans ce kyste préformé et détermi-

nent ainsi un phlegmon stercoral.

Dans d’autres cas l’adhérence de deux anses intesti= nales établie avant le moment de la perforation permet le passage dans le côlon d’un chyle dont les éléments nutritifs n’ont pas été absorbés. Ce phénomène connu sur le nom de lientérie devient une cause très importante de dénutrition sans constituer cependant un danger im-

médiat pour la vie du malade.

Ces deux complications, phlegmon stercoral et fistule bi-muqueuse évoluent en général de façon lente et progressive. Elles déterminent la mort du malade par. cachexie, terminaison qui est d’ailleurs celle de toute en-

térite tuberculeuse.

Il est des faits beaucoup plus rares dans lesquels la perforation se fait brusquement, sans adhérence préalable et détermine une péritonite généralisée en tous points comparable àcelle qui survient au cours de la fièvre typhoïde ou de l’appendicite aiguë. C’est à l’étude de ces

faits que nous désirons consacrer le présent travail.

Nous y sommes conduits par une observation que nous avons pu recueillir dans le service de notre maître Monsieur Caussade à l’hôpital St-Antoine. Il s’agissait d’un tuberculeux avéré qui mourut brusquement d’une péritonite généralisée, diagnostiquée a extremis et dont la cause et les lésions furent vérifiées à l’autopsie. Cette observation fut d’ailleurs publiée par notre interne, M.Laubry, et nous constatâmes avec lui et notre maître,

combien étaient rares les faits de cette nature. C’est pour-

Page 1