‹ La perle cachée [microforme]Chapitre 26 sur 29 · ITS · texte numérisé non relu

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Ver. (regardant dans la cellule.) Eurexa!

Eureka! Voici le butin, mes vieux; voici la cachette de la pie voleuse ! Voyez! Voyez!

(Ils tirent les sacs hors la cellule, et entourent ALEXIS, avec des attitudes menaçantes et des jestes de colère.)

Dav. Aïnsi, tu n'as pas vw les voleurs, hein ? Bonne raison pour cela: tu n'avais jamais de miroir dans ta chambre.

Ver. Peut-être que si tu avais eu tes pantoufles, tu ne les aurais pas entendus non plus.

Proc. Eh bien! je pense que cette fois, mon bon pèlerin, tu ne t’en retireras pas si aisément : (& part) et ce précoce d’enfant n’est pas ici pour t’aider.

(Entrent EvrHEMtEx et EUsERBE).

EuPH. Qu'est-ce qu’il y a, mes gens? C’est étrange, que le jour même où ma maison dois étre le plus hautement honorée, et où Je voudrais y voir régner davantage l’ordre et la paix, commence ainsi par un tumulte général, comme si la place était possédée par de mauvais esprits.

Proc. Un, au moins, seigneur, que nous avons trouvé ; mais j'espère que nous allons pouvoir le convaincre sûrement cette fois-ci. (Montrant du doigt Alexis, qui est pâle et soufrant)

EuPpx. Quoi! Encore, et si tôt après que j'ai

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imposé une trève à vos querelles jusqu’après les fêtes d'aujourd'hui, vous êtes à insulter, à harceler ce brave homme ?

Proc. Le brave homme, oui ! le larron, le voleur de votre maison! (montrant les sacs.)

Eur. Bon Dieu! Que signifie cela ?

Proc. Cela signifie, ni plus ni moins, que pendant la nuit, la plus précieuse partie de votre vaisselle, rangée pour le banquet impérial, a été enlevée, que les portes sont toutes fermées en dédie et que nous l’avons toute trouvée dans la chambre d’Ignotus.

Eusee. N’allez pas croire un conte aussi absurde, seigneur. Soyez-en convaincu, ceci n’est qu’une conspiration ourdie contre lui.

Urs. Nous sommes tous témoins de la vérité.

Tous. Oui, seigneur, chacun de nous.

Eurx. Certainement, Ignotus, ceci ne peut-être vrai? Et cepeudant les apparences sont fortement contre vous. Cette fois-ci, il faut vous expliquer. (Fait une pause) Quoi ! pas une syllabe ?

EusxBe. O cher Ignotns, un mot va suffire. Un non de votre part répondra à toutes leurs accusations.

ALex. Et cependant je puis ne pas le prononcer. (A part à ÆEusèbe.) Bon Eusèbe, mes lèvres sont scellées.

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EuseBe. Oh ! non par le crime, juste ciel !

ALEx. Non! par un exemple trop sublime pour que j'ose le nommer.

Eup. Ignotus, je vous en conjure parlez—

toujours silencieux ? Parlez, ou je suis forcé de

vous croire coupable. —Pas de réponse ? Ce silence vous condamne, malheureux.--(Avec tristesse et tndignation.) Ai-je done accueilli dans mon sein une vipère, en celui que j'avais cru digne d'être un fils? Un voleur perfide, au lieu d’un saint ?

Et cinq années de piété apparente, d’austérité feinte, de fausse religion, n’ont-elles donc été qu’une habile préparation d’un hypocrite pour cornmettre la plus vile des trahisons, le plus abject des crimes ? Qui croira encore à la vertu humaine, si cela est vrai ?

ALEx. Oh ! épargnez-moi ! grâce! pitié !

Eupn. Oui, pitié pour moi qui me suis laissé tromper ainsi ! Tgnotus, eussiez-vous eu besoin d’or et voulu me le dire, je vous en aurais donné, et du meilleur choix. Je vous aimais beaucoup, et croyais vous devoir beaucoup. Et vous venez de vous couvrir de honte vous-même, hélas ! et moi. Devant mes serviteurset mon enfant, vous avez fait de la vertu un mot de passe, de la sainteté un objet de mépris.

ALEx. (S’avance en chancelant.)

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Ne le croyez pas ; mais, oh ! je suis si faible, je ne puis parler.

Eupx. Hélas ! c’est le remords, je le crains, qui étouffe vos paroles et qui détruit vos forces. Mieux vaudrait confesser vos crimes par un seul petit mot, et implorer votre pardon.

ALEx. (liegardun! autour de lui avec des yeux troublés.)

Oh ! où est cet enfant ?

Eurx. Jamais vous ne reposerez l’œil sur lui, pour flétrir sa vertu par un regard de basilic. Allez, allez, Ignotus, allez en paix—pour toujours.

ALEXx. (s’efforçant d'approcher et de s’agenouiller devant lui.) Oh! ne me repoussez pas. Par tout ce qu’il y a encore de plus cher à votre cœur, par votre pauvre fils, depuis longtemps perdu, far celui qui aujourd’hui le remplacera, je vous en conjure, écoutez-mol.

Evpu. Non, Ignotus, non, (Lui faisant signe de se retirer.) Hors de ma vue. L’heure de votre départ a sonné.

ALEX. Ah ! maintenant, je sais que c’est vrai : anges, me voici ! D’une autre main, j'aurais bien pu supporter un coup ; un signe de celle-ci me tue. La coupe est remplie. Mourir en passant pour voleur auprès de ce cœur, le seul sur la terre dont l'amour avait du prix pour moi! Adieu! (Z{ tombe

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@ la renverse dans les bras d'Eusese et est déposé sur un canapé de manière & faire face & l'auditoire, la main droite pendante; et la main gauche pressant fortement sa poitrine.)

Eur. Laissez-le reposer là, et reprendre ses forces, puis donnez-lui les moyens de s’en aller.

EUSEBE, Seigneur, il est trop tard; il a rendu son dernier soupir ici-bas.

EuPx. Oh ! ne dites pas cela, ce serait une fin trop horrible ! un voleur qui invoque les anges, et encore, sans repentir.

Entre CARINUS.

Car. Qu'est-il done arrivé si matin ? qui vous a dérangés ?

EUSEBE. Voyez, mon enfant, voici votre ami Ignotus mort !

Car. Impossible ! réveillez-vous, Ignotus, levez- VOUS... (Alarmé.) Cela ne peut-être ! Qu’estqui peut lavoir tué ?

Proc. La conscience !

Car. Que voulez-vous dire ?

Proc. Le remords ?

Dav. Il est mort après un vol.

Ver. Juste à temps pour échapper à la corde,

Car. Mon esprit s'égare ! Non, non, son âme ne peut s'être envolée. Il tiendra la promesse qu’il m'a faite, de rester avec moi. (S’agenouillant, et

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prenant la main d’Alexis dans les deux siennes.) Ne voulez-vous pas parler à votre nouveau disciple ? Pressez-lui la main au moins. La vôtre est <ncore chaude ! Oh ! un signe que vous me reconnaissez. Hélas ! infortuné que je suis, je tremble (éclatant en sanglots.) que ce ne soit que trop vrai ! Quelque cause soudaine à chassé son âme vers une demeure plus digne d'elle. S'il en est ainsi, à la face des cieux, je proteste hautement contre cette cause, et le déclare innocent.

Eupu. (Revenant de sa profonde tristesse, avec passion.) Laissez cette main, Carinus, de peur que son contact ne vous souille ; c’est la main d’un voleur, mon enfant.

Car. (levant les yeux avec étonnement.) D'un voleur ?

Eurx. Oui, d’un blasphémateur, aussi !

Car. D'un blasphémateur ?

Eur. D’un homme qui par son hypocrisie ferait presque abjurer pour jamais toute vertu.

Car. Comment, seigneur ? Qu'est-ce que cela peut signifier ? Vous Joignez-vous donc à vos esclaves pour condamner odieusement votre ami ?

Eur. Oh ! oui, enfin la preuve évidente du crime a joiili à mes yeux.

Car. Fût-elle comme le soleil, j'en nierais la clarté.

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