CHAPITRE XVlli
Nous avons laissé Joannetli dans l'attitude de Tétonnement, immobile devant moi, attendant la fin de la sublime explication que j'avais commencée.
Lorsqu'il me vit enfoncer tout à coup la tête dans ma robe de chambre, et finir ainsi mon explication, il ne douta pas un instant qne je ne fusse resté court faute de bonnes raisons, et de m'avoir, par conséquent, terrassé par la difficulté qu'il m'avait proposée.
Malgré la supériorité qu'il en acquérait sur moi, il ne sentit pas le moindre mouvement d'orgueil, et ne chercha point à profiter de son avantage. — Après un petit moment de silence, il prit le portrait, le remit à sa place, et se retira légèrement sur la pointe du pied. — Il sentait bien que sa présence était une espèce d'humilia-
VOYAGE AUTOUR DE MA CHAMBRE. IQl
tion pour moi, et sa délicatesse lui suggéra de se retirer sans m'en laisser apercevoir. — Sa conduite, dans celle occasion, m'intéressa vivement, et le plaça toujours plus avant dans mon cœur. Il aura sans doute une place dans celui du lecteur; et s'il en est quelqu'un assez insensible pour la lui ref'îipr après lHV-î.'T lu le chapitre suivant, le ciel lui a sans doule donné un cœur de marbre.