HI. — ÉCOULEMENT MOLÉCULAIRE. — DIFFUSION
Lorsque les diamètres capillaires de la matière sont faibles (texture fine), les mouvements moléculaires sont gênés, et les lois de l’écoulement sont totalement modifiées. Le phénomène se manifeste d’ailleurs avant que les capillaires aient atteint la dimension exacte du libre parcours moyen. Ainsi, une matière (dégourdi de pâte très alumineuse) ayant des capillaires de l’ordre de 0,22 y de diamètre, est totalement diffusive, bien que le libre parcours moyen des molécules d'oxygène et d’azote (air) soit de 0,0845 w, soit 2,6 fois moins grand que le diamètre des capillaires. Mais à la gêne apportée à la circulation par les faibles diamètres s’ajoute peut-être un effet dû à la grande longueur relative et non rectiligne des capillaires par rapport à leur diamètre (2.545 diamètres par mm. d'épaisseur pour la matière citée) et à leurs formes irrégulières.
Un des caractères fondamentaux de ces écoulements est que les molécules des différents gaz agissent indépendamment les unes des autres, selon leurs propriétés individuelles. Le phénomène est donc sélectif; chaque gaz d’un mélange agit comme s’il était seul; la pression de chaque gaz est la pression partielle qu’il a dans ce mélange, la pression totale étant la somme des pressions partielles.
Ainsi, si l’on plonge dans l’hydrogène un récipient perméable à structure très fine et plein d’air, on constate que, bien que les pressions initiales de Pair et de l'hydrogène soient égales, l’hydrogène entre violemment dans le récipient au travers de ses parois perméables. Comme l'air n’en sort pas avec la même vitesse, il en résulte une surpression dans le récipient. Ceci n'arrête pas le mouvement de l'hydrogène de l'extérieur vers l’intérieur où la pression totale est cependant plus forte. Ce phénomène apparemment paradoxal est dû à ce que chaque gaz agit comme s’il était seul; a l’intérieur, la pression de l'hydrogène est nulle, tandis qu’à l’exté-