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essaya tardive- 52.
ment de le substituer à la religion devenue officielle.
mais sans résultat. En fait, les monuments du culte de Mithra se trouvent, répandus à d’innombrables exemplaires, sur toute la suriace de l'empire romain. Qu’était donc cette religion, qui a connu de si beaux succès?
Formée en Asie mineure et en Mésopotamie, elle n’est plus complètement iranienne; à l’époque romaine, la Chaldée étai, (a terre sainte des Mithriastes: Mithra avait un temple à Bab; tone; Antiochus de Commagèëne (69-34 av. J.-C.) lui élevait une sfatue à Nimroûd-Dagh. Toutefois, à raison de son origine, il est utile d’en dire un mot à propos des Arsacides. Des colo-
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Fig. 14. = Mithra sacrifiant le taureau.
nies de mages, émigrés de Babylone, vivaient obscurément en Asie mineure, surtout en Cappadoce et dan: le Pont, où l’aristocratie foncière était d’origine iranienne, comme Île montre la fréquence du nom de Mithradate chez les dynastes de ces contrées. Antiochus de Commagène, que nous venons de citer, faisait remonter son lignage jusqu’à Darius Ier, fils d'Hystaspe,
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il institua un culte et des fêtes en l'honneur de Zeus-Oromazdès, Apollon-Mithra, Hercule-Artagnès (Verethraghna) ; ; dans le bas-relief de Nimroûd- Dagh, il s’est fait représenter en face de
7 Mithra, qui lui tend la main en signe d'alliance, motif qui
figure plus d’une fois sur les monuments des Sâsânides. Ces mages n'avaient pas de livre sacré, mais se transmettaient oralement leurs traditions religieuses, tandis qu’en Lydie, dès le n° siècle, on se servait, dans les temples d’Anabhita, de livres liturgiques. Déjà, à la fin de l’empire achéménide, les mages, fixés en grand nombre à Babylone, avaient le pas sur
- le clergé indigène dans les cérémonies officielles.
Ce long séjour des prêtres du feu dans l’ancienne capitale de la Chaldée expliquela juxtaposition d'éléments iraniens et sémitiques (astrolâtrie chaldéenne) qu’offre le mithriacisme. C’est un syncrétisme auquel, plus tard, la sculpture grecque est venue prêter de nouveaux traits. Le Mithra de l’Avesta ne nous présénte qu'une partie des éléments dont est sortie la divinité, le Sol inviclus, qui a eu tant de succès dans l’empire romain.
Les fidèles du dieu se sont souvent établis, pour pratiquer leur culte, dans des excavations rocheuses, et ils ont de préférence choisi pour leurs sanctuaires les endroits où jaillissait une sourcé, ou du moins où l’eau coulait à proximité. Dans Pabside du temple, on érigeait un bas-relief représentant Mithra tauroctone, c’est-à-dire « tueur de taureau », composition sortie probablement, à l’origine, du cerveau d'un sculpteur de l’école
dé Pergame, à limitation de la Victoire sacrifiant qui ornait la balustrade du temple d’Athéna Niké sur PAcropole d'Athènes.
Voici comment s’opérait le meurtre du taureau : Mithra domp-
‘tait la bête sauvage et l’entraînait dans son añtre en la tirant
par les pattes de derrière; puis il la mettait à mort en lui plongeant un large poignard dans le cœur; l’ordre lui en était donné par le soleil et transmis par le corbeau. Du corps dé la victime jaillissaient toutes les espèces de végétaux.
Saint Jérôme savait qu’il y avait sept degrés d'initiation.
Pour passer d’un degré au suivant, on devait se soumettre à certaines épreuves : yeux bandés, mains attachées avec des boyaux de poulet, saut au-dessus d’une fosse remplie d’eau; puis un « libérateur » venait couper ces liens bizarres. Tertullien nous apprend qu'au myste promu au rang de miles ou soldat, on présentait une couronne, énterposito gladio : il la repoussait de la main et désormais renonçait à en porter jamais, car elle appartenait à Mithra, le dieu invincible. On retrouve quelques-uns de ces rites dans l’initiation à la francmaçonnerie. Les grades s’appelaient « corbeau, cryphius, miles, lion, Perse, hehodromus et pater ». On portait, dans les cérémonies, des masques représentant ces divers types, comme le montre le bas-relief découvert à Konjica, en Bosnie. L’espérance d’une immortalité glorieuse réservée aux initiés a certainement exercé sur eux un grand attrait, et contribué à la diffusion des mystères. La haute valeur de leur morale, qui favorisait l’action et en qui l’on trouvait un soutien efficace dans les luttes de la vie, a sûrement aidé à leur succès. Le mithriacisme est resté avant tout un culte militaire, transmis par les auxiliaires orientaux de l’armée romaine et favorisé par les empereurs. A la fin du n° siècle, Commode se fit recevoir au nombre des initiés et participa à leurs cérémonies secrètes; en 307, Dioclétien, Galère et Licinius, réunis à Carnuntum, restaurèrent un temple de Mithra. Nous avons mentionné plus haut la vaine tentative de Julien, qui célébrait les mystères de ce culte dans son palais de Constantinople (1). Tel fut le culte de Mithra en Occident ; pour la Perse, nous ne savons rien. Nous trouvons toutefois la trace d’une fête appelée
Mithrakäna, qui est devenue l’équinoxe d'automne, mihridjän, pour les Persans modernes; cette célébration n’a pas suivi le culte dans ses périgrinations à travers l’Europe et l’Afrique du Nord; elle cst restée confinée aux provinces orientales.
(1) CXXXV, t. IL, p. 4, 7 et suiv.; Fr. Cumonr, article Mithra, dans le Dictionnaire des Antiquités de Daremberg , Saglio et Pottier,t. III.
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