REGRET SANS FIN
En souvenir' des eôtes d* Asie-Mine une.
O pays que nos yeux ne doivent plus revoir!
Où nos voix iront été qu'un seul jour entendues.
Villes que nous avons atteintes et perdues En l’espace qui va d'un soir à l’autre soir,
Ports d'où nous repartions à la lune naissante*
N aviez-vous pas au cœur de vos mille jardins La retraite où devaient s'accomplir nos destins Et dont la porte ouverte attestait une attente?
Vous viendrez nous troubler dans nos nuits d'Occident,
Villes roses de l’aube où nous vous avons vues.
Avec les escaliers de vos petites rues,
Vos toits, vos ponts, vos cours où grince un puits strident.
Eternellement verts en leur printemps d’Asie,
Vos jardins de tombeaux fleuris de liserons,
De quel regret sans fin nous les désirerons,
Oasis que déjà nous nous étions choisie !
iq juin* — C’est rentrée étroite du Bosphore* ses rives escarpées* les demeures impériales* les bois de pins, le ciel chargé de vapeurs lumineuses comme le ciel d'un tableau de Delacroix; c’est l’assaut des souvenirs qui nous battent l’esprit ; c'est, montant dans les brumes d’argent, des palais, des mosquées* des tours, des maisons, lapins belle ville du monde: Constantinople.
APPENDICE