‹ La persécution de Dioclétien et le triomphe de l'égliseChapitre 5 sur 39 · XI? INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XI? INTRODUCTION

sort des chrétiens, sur la vivacité ou le ralentissement de la dernière guerre entreprise contre eux. Plus encore qu'aux époques précédentes, l'histoire de TÉglise se confond avec l'histoire de TEmpire romain; elle en est inséparable pendant la lutte, et né s'en distinguera plus après la victoire; car les rôles alors se trouveront renversés, et le souverain qui aura été si étroitement associé au triomphe du christianisme ne pourra plus être qu'un empereur chrétien.

Cette nécessité d'une illusion continuelle aux événements politiques fait comprendre l'étendue que j'ai dû donner à la dernière partie de mes études sur les persécutions. Tant que l'Église vécut à demi ignorée de l'État, comme aux deux premiers siècles, son histoire particulière, peu mêlée (en apparence) aux mouvements de l'histoire générale, a pu être racontée brièvement. Au troisième siècle, déjà^ il n'en est plus de même : sur la scène où s'agitent les destinées du monde, l'Église est passée au premier plan; la conduite à tenir vis-à-vis d'elle est devenue l'une des plus graveset des plus actives préoccupations des souverains, et chacun des incidents de la vie politique, si troublée à cette époque, a eu de l'influence sur les alternatives de paix et de persécution entre lesquelles ont été ballottés les chrétiens. A plus forte raison en est-il ainsi dans la période où nous en-

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INTRODUCTION. xi'

trons. Pendant les premières années du quatrième sièciç la question religieuse n'est pas seulement la plus importante, elle est presque la seule. Il semble que» sur la scène devenue vide de tous autres acteurs, il n'y ait plus en présence que l'Empire païen et rÉglise. L'Empire a pris celle-ci corps à corps, comme dans un duel : dès lors aucun de ses mouvements n'est indifférent; chacun peut infliger une blessure ou révéler une faiblesse. Ainsi s'expliquera l'attention de l'historien à ne négh'ger aucun détail, à s'étendre longuement sur le caractère des princes, à noter les variations les plus fugitives de leur politique, et jusqu'aux accidents de leur santé : rien de tout cela, dans ce combat suprême, ne fut sans effet sur le sort des chrétiens.

Mais je n'ai donné qu'une des raisons du développement qu'a dû recevoir cette étude, ou plutôt du défaut de proportion qu'elle offrira si l'on compare ces deux volumes, destinés à raconter à peine un demi-siècle, avec les trois volumes dans lesquels ont été déjà retracées les épreuves de l'Église chrétienne pendant deux siècles et demi. La principale cause — et sans doute la meilleure excuse — de ce péché contre le bon équilibre de la composition historique est l'abondance des sources qui s'offrent maintenant à nous.

Onme permettra de parler de celles-ci avec quelque

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