‹ La persécution de Dioclétien et le triomphe de l'égliseChapitre 7 sur 39 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

vains de l'antiquité romaine ont entendu parler des souffrances des fidèles.

Si Ton veut obtenir sur ceux-ci des renseignements détaillés, il faut ouvrir les Actes ou Passions des martyrs. Mais, aux deux premiers siècles» ceux de ces documents qui paraissent authentiques et contemporains sont bien rares; à peine en pourrait-on compter cinq ou six. Pour le plus grand nombre des chrétiens dont les martyrologes ont enregistré les noms entre les règnes de Néron et de Ck>mmode, on est» semble-t-il, réduit aux renseignements tirés d'Actes de foi douteuse dans les détails ou de rédaction vague dans l'ensemble . Heureusement ces sources troublées elles-mêmes charrient un peu d'or sous une multitude de scories. Les diverses sciences auxiliaires de l'histoire» et en particulier l'archéologie» servent de pierre de touche pour le reconnaître.

Pai exposé dans l'introduction d'un des précédents volumes (1)» à la suite de M. de Rossi et de M. Le Blant, le parti très fécond et très sûr que l'on peut tirer de ces sciences dans le but soit de justifier des traditions contestées à tort» soit de dégager d'Actes suspects ou de documents mal compris les éléments anciens et les faits exacts. Pour ne rappeler

(1) Hisloire des persécutions pendant les deux premiers siècles, i. x-xm.

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INTRODUCTION. xix

qu'uD petit nombre d'exemples^ les données plus ou moins confuses relatives aux Flaviens chrétiens, au martyre de leurs serviteurs Nérée et Achillée, d'Hermès, d'Alexandre, de Quirinus, n'ont-elles pas été vérifiées par la reconnaissance de leurs cimetières ou de leurs sépultures? Phistoire de sainte Symphorose n'est-elle pas appuyée par les monuments? celle de sainte Félicité et de ses fils, de sainte Cécile et de ses compagnons, ne sont-elles pas écrites en caractères visibles dans le sol romain? Si cette méthode avait encore besoin d'être justifiée, elle aurait reçu dans ces derniers temps une confirmation éclatante, par une découverte qui vient ajouter une nouvelle page à l'histoire des persécutions du premier siècle. En déblayant, dans la catacombe de Priscille, une crypte restée ensevelie, d'heureux coups de pioche ont mis en même temps en lumière le sens obscur de deux phrases de Dion Cassius et de Suétone, et révélé, avec une évidence presque complète, non seulement le christianisme d'une famille patricienne au temps de Domitien, mais le martyre de son chef, le célèbre consul Acilius Glabrio (1) .

On le voit, même pour cette période, la pauvreté

(1) Voir le mémoire de M. de Rossi dans le premier Congrès scien* iijique ifUemational des catholiques, t. II, 1889, p. 261-267, et dans le BuUettino di arckeologia cristiana^ 1888-1889, p. 15-66.

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