‹ La perspective en photographieChapitre 1 sur 23 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

GAUTHIBR-VILLARS ET FILS, IMPRlUBURS-LIBRAUtBS,

EDITEURS DE LA BIBLIOTHÈQUE PHOTOaRAPHIQOB, Qui ia Gnoit-AugMaa, iS.

LA

entre l'œil et les objets eux-mêmes, les rayons lumineux qui partent des différents points de ces objets et qui aboutissent à l'œil passent par les points correspondants des images représentées.

Inversement, toutes les fois que l'œil sera placé dans cette même position par rapport au dessin ou ait tableau, l'observateur remontera par la pensée le trajet de ces rayons lumineux, et reconstituera instinctivement la notion dés objets, placés à leurs distances, comme s'il les apercevait directement.

Telle est l'explication du mot perspective, formé de deux mots latins : spectOj je vois; per, au travers.

Ce travail s'opère instinctivement; c'est le résultat de l'éducation inconsciente et journalière d'après laquelle l'esprit s'habitue en particulier à juger de la distance des objets par la connaissance de leurs dimensions réelles et par l'angle sous lequel l'œil les voit.

Mais, si l'œil n'est pas placé au vrai point de vue, il ne verra plus sous le même angle l'objet et l'image, et la restitution dans l'espace par la vue de celte image ne sera plus exacte. C'est donc là une condition essentielle.

Quand on emploie des vues stéréoscopiques, chacun des deux yeux a devant lui une représentation de la façon dont il verrait les objets s'il était seul, et la résultante des deux effets sur le cerveau produit la sensation du relief et de la distance. Dans ce cas, l'observation de la perspective géométrique exacte peut suffire à elle seule.

Mais il n'en est plus de même pour une vue unique, qui se présente beaucoup plus souvent. Il faut alors ajouter deux autres conditions, qui contribuent au résultat cherché : la visibilité plus ou moins grande des détails, et l'accentuation plus ou moins prononcée des traits, s'il s'agit d'un dessin, ou des teintes, s'il s'agit d'une peinture. On sait, en effet, d'après l'observation même de la nature, que les détails de l'image doivent être d'autant plus visibles, les traits d'autant plus marqués, et les couleurs d'autant plus empâtées, que l'objet à représenter est plus rapproché du spectateur.

Ces considérations s'appliquent, en général, à toute représentation figurative sur un plan, et, en particulier, aux positifs photographiques. Les conditions que Ton vient d'énoncer doivent donc intervenir également en Photographie pour

la fidélité et la vérité de l'effet rendu. Nous allons examiner successivement : d'abord ce qui se rapporte à la perspective géométrique proprement dite, puis ce qui concerne la visibilité des détails et la valeur des teintes.

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