APPLICATION DES PRINCIPES PRÉCÉDENTS
Nous avons ainsi établi : comment on peut trouver dans tous les cas le point de vue exact d'une photographie obtenue avec un objectif et un tirage donnés, quelle position doit occuper l'œil pour l'effet de perspective exact, et quelles sont les expressions des erreurs qu'entraîne une autre position. Nous allons maintenant, en utilisant ces principes et ces résultats, chercher à réaliser l'effet géométrique exact, tout en tenant compte des conditions imposées par la nécessité d'une bonne vision et par les circonstances de la pratique.
Distance focale et format.
Tout d'abord, une double question se pose : quelle est la distance focale la plus convenable
à un objectif, en ce qui concerne la fidélité de la perspective, et quel est le format le plus avantageux à admettre pour la surface sensible?
La réponse est une conséquence du contenu des Chapitres précédents; voici comment.
L'objectif le plus convenable sera celui qui donnera pour P une valeur se rapprochant le plus possible de la distance de la vision distincte, soit So*^™ pour une vue normale.
Nous avons vu que, s'il s'agit d'un objectif simple, P n'est autre chose que le tirage, c'està-dire la distance focale dans le cas d'objets éloignés, et un peu plus dans le cas d'objets rapprochés. Donc, l'objectif simple le plus convenable aura une distance focale d'environ 3o^".
S'il s'agit d'un objectif double ordinaire, P et T sont liés, pour des objets éloignés, par la relation
F'— T P =. F X î-jj^,
d'où l'on tire
t La valeur de P est imposée : P — So^"" ; on
connait F et P; on calcnle T par cette fbraiiile. On trooTe ainsi, soivant différentes combinaisons de F et de F', T = 20'" euTiron. C'est le tirage compté à partir de la lentille C.
Cela posé, la limite snpérieore du format de la sorface sensible est déterminée par la considération de Tançle de champ, c'est-à-dire de la surface que l'objectif peut conTrir; cette limite est susceptible d'one certaine latitude, d'après la nature de l'objectif; mais, si l'on s'en tient à une valeur moyenne, la plus firéqoente, on peut dire que, parmi les formats usuels, c'est celui de 18 X 24) 00 de 21 X 27 au maximum, qu'il conviendra de ne pas dépasser. La plus grande dimension à laquelle on arrive ainsi n'est d'ailleurs pas supérieure à ce que peut embrasser l'œil placé à So*^"" ; elle permet donc de juger de l'ensemble en même temps que des détails.
Pour des objets rapprochés, le tirage est plus long que la distance focale ; il y a lieu de prendre alors un objectif de plus court foyer, environ 2 S*'™ pour un objectif simple, ce qui réduit le format à un maximum de 18 x 24*
Mais il est possible que certaines circonstances et conditions particulières exigent une autre distance focale.
C'est ainsi que, si l'on recherche la facilité de transport, on est amené aux nombreux genres d'appareils, de dimensions restreintes, si répandus aujourd'hui; alors les objectifs à courts foyers s'imposent. On est conduit également à leur emploi lorsqu'on ne peut donner à l'appareil qu'un faible recul, ou lorsqu'on veut diminuer la durée de pose et obtenir une plus grande aptitude à l'instantané.
Au contraire, si l'on veut couvrir directement une plaque de grand format, on est obligé de se servir d'objectifs à longs foyers.
Dans tous ces cas, il est utile de connaître la déformation de perspective qui en résulte et les moyens d'y remédier.
Tableaax d^erreurs sur la distance.
Nous savons calculer pour chaque objectif la
valeur de P, distance de perspective exacte, puis,
avec cette valeur, l'erreur sur la distance par la
formule
En prenant V = 3o*^™, D = loo™, et faisant
varier P de 5*^'° en 5*^™ jusqu'à i™,nous obtenons le premier Tableau ci-après.
Tableau I.
5 centimètres
5oo mètres, en plus.
point de vue exact.
i4 mètres, en moins.
Le deuxième correspond à D = 5
Tableau II.
5 centimètres
25,00 mètres, en plus.
0,00 point de vue exact.
0,66 mètres, en moins.
En plus de leur intérêt pratique, ces Tableaux permettent de vérifier sur des chifi*res ce qui a été exposé dans le Chapitre I comme étude générale des variations de E en fonction de P. On y constate, en particulier, la grandeur de l'erreur introduite parles courts foyers, ainsi que l'avantage de prendre des valeurs de P plutôt supérieures
qa înférieores à la distance de la vision distincte. Il importe de rappeler, an sajel da Tableaa I. que. pour des objets éloignés, ao delà de loo". rerrear est très sensiblement proportionnelle à la distance ; il en résnlte que les valeors numériques des erreors correspondant à une distance quelconque D supérieure à i oo"" se tireront de
ce Tableau en multipliant par le rapport — les
nombres qui j fièrent pourE. Ainsi, pour un objet placé à looo". Terreur provenant de P ^-- lo*" sera de 2000°. Avec les courts fovers, une distance de So" ou au-dessus est encore suffisante pour qu'on puisse admettre cette proportionnalité. Pour un objet placé à cette distance , l'erreur provenant de P = i o" sera de 60" .
Tableau d'allongement et de raccourcissement.
Il est intéressant aussi de voir, par des chiffres^ comment s'allonge ou se raccourcit la longueur d'un objet dans la direction de la vue lorsque P varie. Le Tableau III a été dressé au moyen de la formule
On y a supposé D' — D, longueur de l'objet, égale à I™, et V = 3o*^™. Pour obtenir les valeurs de E' — E, relatives à une autre longueur quelconque L, il suffira de multiplier celles de ce Tableau par L exprimé en mètres.
Tableau III.
5 centimètres.
Allongement de 5, 00
mètres.
lO 11)
Raccourcissement de o,i4
Jl
îf-Z
Tableaa d^errenr aa^iilAire-
Enfin, il sera commode de consulter le Tableau IV, qui a été établi d'après la formule
/rv P.
tangTà — a)
PV — /-
en posant encore V = So*^", et en faisant varier
P et /, le premier de lo'™ en lo^" jusqu'à i",
le deuxième, de 5^™ en 5*^° jusqu'à 3o^™, ce qui
donne 60^" pour la plus grande dimension du
format de plaque correspondant. Il existe une
certaine proportion entre chaque valeur de P et
la valeur maxima que peut prendre /, d'après le
champ de l'objectif. Le maximum de ce rapport
est
pour les courts foyers. »
Les valeurs de P sont disposées verticalement, celles de / horizontalement; l'erreur angulaire g — a, qui correspond à une certaine valeur de P et à une certaine valeur de /, se trouve à l'intersection de la rangée horizontale et de la colonne verticale qui portent en tête ces deux valeurs.
Tableau IV.
Icm.
ii«i8'
io«i8'