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INFLUENCE DES DÉTAILS ET DES TEINTES

Visibilité des détails.

La visibilité des détails, doit varier avec la distance suivant la ménie loi sur le positif que dans la vue directe des. objets eux-mêmes. Elle dépend de deux éléments : la grandeur des images de ces détails, et la netteté de leurs contours.

La variation de la grandeur des images des détails d'après leur distance sera satisfaisante si l'œil est placé au point de vue exact, ainsi que nous l'avons vu.

Quant à la netteté des contours, qui, dans la vue directe, demande une accommodation différente de l'œil pour les lointains et pour les premiers plans, elle est définie sur le positif par les considérations suivantes.

— Oh —

Les contours photog^raphiqaes sont déterminés, non pas, comme dans le dessin, par des traits qui délimitent les images, mais, conune dans la peinture monochrome, par la séparation de teintes d^une même couleur, en attendant que les objets soient reproduits avec leur coloration propre. L'image d'un détail sera d'autant plus nette qu'elle se détachera plus distinctement sur le fond situé en arrière, c'est-à-dire que la nuance de sa teinte sera plus différente de celle du fond, ou, encore, qu'il y aura plus de contraste entre l'image du détail et le fond. On est ainsi ramené à la question de la valeur relative des teintes du positif, qui sera traitée plus loin.

Mais la netteté dépend aussi de la rapidité plus ou moins grande avec laquelle varie la teinte en passant de l'image du détail à celle du fond ; plus ce passage sera brusque, plus le contour sera tranché, et plus la netteté sera grande.

Or, la façon dont cette transition s'opère peut être différente dans la vision directe et dans la vue du positif, car la formation des images par l'objectif et la mise au point apportent ici une influence spéciale.

Par exemple, avec certain objectif, la mise au point pour une distance relativement faible ne

conviendra plus pour les distances supérieures, et la dififérence de netteté des premiers plans et dos lointains pourra être la même que pour l'œil; l'effet sera alors favorable à Pexactitude de la perspective.

Avec un autre objectif, surtout si l'on emploie un petit diaphragme, la netteté sera sensiblement la même pour tous les plans ; il y aura raccourcissement de la perspective.

Ou bien il y aura entre les différents plans une différence de netteté plus grande que pour l'œil, d'où allongement de la perspective. Cet effet se produit surtout lorsque les premiers plans sont très rapprochés de l'appareil.

Alors, il n'est pas possible de trouver rigoureusement une mise au point unique. Il faut se résoudre à opérer comme si les premiers plans existaient seuls, ou à prendre une moyenne entre les plans extrêmes.

La première méthode a pour résultat de donner la plus grande netteté aux objets les plus rapprochés ; cela n'a pas d'inconvénient si la netteté des objets les plus éloignés n'est pas trop atténuée, et si les objets sont de dimensions bien connues et invariables, comme des personnages, des animaux, etc., car l'esprit peut res-

tituer leur vraie position dans l'espace par reflet de la perspective géométrique. Mais s'il n'en est pas ainsi, comme dans le cas de mouvements de terrains, de rochers, etc., sans ces points de repère, une diminution trop sensible de la netteté produira le même effet qu'une augmentation de distance et déterminera un allongement de la perspective.

La deuxième méthode a l'inconvénient d'affaiblir la netteté des premiers plans au détriment des plans moyens ; elle tend à raccourcir la perspective entre ces deux plans et à l'allonger entre les plans moyens et les derniers. Mais, aussi, elle présente l'avantage de remplacer l'erreur totale que la première méthode entraînerait, par deux autres de valeur moindre. Cette deuxième méthode sera donc à employer lorsque la différence des distances des objets extrêmes sera trop grande pour que la précédente donne un résultat satisfaisant.

Formation des teintes.

L'opacité des teintes des images sur le positif doit varier avec la distance des objets, de façon à produire sur l'œil le même eff^et que la vision

directe. Il est donc nécessaire d'examiner l'influence propre de l'objet lui-même et de chacun des intermédiaires qui existent entre l'objet et la reproduction de son image sur le positif. Ces intermédiaires sont : l'objectif, la surface sensible et le positif.

Influence de Pobjet, — La coloration de Pobjet exerce une influence dont il sera parlé à propos de la surface sensible. Mais y a une autre question importante : c'est celle de l'éclairage. Celui-ci doit être suffisant pour donner du relief et des ombres bien visibles qui ajoutent à la netteté des détails dans les premiers plans. Ce résultat sera réalisé par un éclairage, partie de face, partie de côté. Une lumière trop crue est à éviter, comme produisant des contrastes trop violents, qui sont encore augmentés par l'objectif.

Influence de Cobjectif, — Le passage de la lumière au travers de l'objectif détermine une perte d'intensité par absorption, qui éteint plus facilement une lumière faible qu'une lumière intense.

Or, la lumière reçue par l'objectif provient

d'une réflexion des rayons solaires parles objets; plus la réflexion est complète, plus l'objet est brillant, et plus l'objectif le fait paraître éclairé par rapport aux parties voisines. L'objectif tend donc à exagérer les oppositions entre les parties claires et les parties sombres. Ce phénomène se constate, en eflet, sur le verre dépoli, et est bien connu des photographes. 11 est surtout sensible lorsque le verre traversé a une notable épaisseur, en particulier dans les objectifs composés.

Ceux-ci présentent encore une autre action.

La lumière est partiellement réfléchie à l'entrée et à la sortie de chaque masse de verre ; il en résulte, à l'intérieur de la chambre noire, un

éclairement étranger aux images, produisant un voile plus ou moins prononcé qui tend à noyer les détails et à aplatir la perspective.

La photographie au moyen d'une petite ouverture n'offre pas ces inconvénients.

Influence de la surface sensible, — Ici intervient l'action chimique de la lumière. Si l'on opère sur les substances photographiques ordinaires, cette action est beaucoup plus énergique avec les radiations bleues et violettes qu'avec

les radiations jaunes; ce sont celles-ci, au contraire, qui produisent le plus d^effet sur TceiL De là provient une différence très accentuée entre les impressions reçues par la surface sensible et celles delà rétine.

En voici plusieurs conséquences.

Les lointains sont souvent colorés en bleu par suite de la diffusion de la lumière solaire dans l'air, surtout quand il contient une forte proportion de vapeur d'eau. Cette coloration bleue , très actinique, donne lieu à une teinte opaque sur le négatif et claire sur le positif; cette exagération en clair éloigne les lointains et les confond avec le ciel, d'où allongement de la perspective.

Les radiations vertes sont peu actiniques, et d'autant moins qu'elles contiennent une plus forte proportion de jaune. Aussi les différents tons des arbres, des champs, de l'herbe, produisent-ils des teintes trop claires sur le négatif et trop foncées sur le positif. Il en résulte un rapprochement de ces objets, et un raccourcissement de la perspective, d'autant plus prononcé que la radiation tend davantage vers le jaune et le rouge.

S'il s'agit d'un dessous de bois, avec des pre-

miers plans un peu sombres et des échappées ensoleillées à quelque distance, le miroitement des feuilles substitue à la lumière verte qu'elles renvoient sous un éclairage modéré une lumière plus blanche et plus active qui pique sur le négatif des points noirs avec l'exagération de l'objectif; ces détails ressortent sur le positif en points blancs dont la crudité par rapport aux ombres voisines augmente outre mesure la visibilité et raccourcit la perspective.

Ces inconvénients sont supprimés, ou tout au moins très atténués, par Temploi des écrans colorés et des plaques orthochromatiques ; leur usage doit donc être recommandé en ce qui concerne spécialement l'effet de perspective exact.

Influence de la pose et du développement.

— Une faible durée de pose ne laisse la surface sensible s'impressionner que dans les régions qui reçoivent les radiations les plus intenses et les plus actiniques ; le développement ne révélera que ces parties, au détriment des autres, et exagérera les oppositions. Dans un paysage, par exemple, une pose insuffisante donnera aux lointains sur le positif une trop grande clarté,

tandis que les premiers plans seront d'une teinte trop foncée; la perspective sera alors allongée. Un bain faible tendra à diminuer le contraste.

Une pose trop longue produit un voile général avec un révélateur normal, et un raccourcie sèment de la perspective. Il est vrai qu'on peut y remédier en partie par l'usage du bromure de potassium et par une modification judicieuse des éléments qui entrent dans la composition du révélateur; toutefois il est difficile, même avec ces précautions, de supprimercomplètement ce défaut.

Il y a donc intérêt à choisir une pose et un révélateur moyens qui, tout en fouillant les premiers plans, n'accusent les plans suivants qu'avec la valeur relative qu'ils ont pour l'œil.

Influence du tirage du positif, — Enfin, la manière dont on procède au tirage du positif apporte aussi sa contribution au résultat définitii.

Si le négatif est faible, une forte lumière attaque énergiquement le papier sensible, à peu près avec la même intensité en tous les points, et donne un positif plat, avec raccourcissement de la perspective. Une lumière faible agit d'une

manière moins brutale, ménaire daYantao:e les quelques oppositions qui existent, et produit un effet contraire au précédent.

Si le négatif présente des parties très claires et d^autres foncées, une lumière faible, insuffisanté pour traverser ces opacités, n^agit que dans les régions claires et exagère les contrastes sur le positif. Une forte lumière, telle que celle des rayons solaires directs, est alors nécessaire pour traverser et pour conserver aux différents plans leur valeur relative.

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