‹ La Peste à Lyon: la chapelle de Saint-Roch à ChoulansChapitre 1 sur 3 · LYON · texte numérisé non relu

LYON

Imprimerie P. MOUGIN - RUSAND

WALTENER et C", Successeurs

î. Rue Siella, 3

// a été tiré de cet ouvrage :

15 Exemplaires sur Japon, numérotes de i à 15, avec double épreuve des compositions (tirés spécialemeni pour M. Dizain, libraireéditeur à Lyon) ;

25 Exemplaires sur Hollande, numérotés de 16 à 40;

160 Exemplaires sur vélin, numérotés de 41 à 200 ;

50 — — non numérotés, qui ne seront pas mis en

vente.

diééS

l:\cffiphurc iV- ICÔ^

Emplacement de la chapelle; sa description. — Date de sa c [ion (: ;8t). — A la suite de quels évènemenis elle fui flevi^e. — La première apparition de la pe&re â Lyon. — Les épidémies de i ;64 et de 1S77- — Le vœu du Consulat. — Achat d'un terrain pour la uaion de la chapelle (1577). — Pose de la première pierre par le gouverneur François de Mandelot ; le procès-verbal de la cÉréniOnic. — Célébration de la première messe. — Procession générale. — Mesures prises par le Consulat pour combattre la pesle. — Les hôpîtaux affectés aux pestiférés. — Les cérémonies à la chapelle de Saint- Boch ; l'jfïluencc des pèlerins.

tA chapelle de Saint-Roch de CliouI;m f ^v^s\ ^'^^^^ ■• nii-'^otenu de Saînt-Irénil'e, sur une l^BWtd 'i.iuu- terrasse plantée d'arbres, dominant la Quarantaine ut l'hôpital Saint-Laurent, et d'où ta vue s'étendait au loin sur ta plaine.

(1) Appelée aussi < chapelle de Saint-Koeh hors les murs ». Une grande partie des documents qui m'ont servi à écrire celte n m'ont été communiqués par M. Georges Poidebard.

On y accédait par un chemin qui partait de celui de Choulans et aboutissait au côté sud de la terrasse, après avoir serpenté à travers les jardins et les vignes.

La chapelle, précédée d*un porche, était de forme carrée oblongue et se terminait en pan coupé au levant. Deux portes cintrées formaient l'entrée principale ; deux portes latérales s'ouvraient, l'une au nord, l'autre au midi ; une troisième enfin, située au fond, donnait accès dans la sacristie.

Quatre fenêtres cintrées, deux au nord et deux au midi, éclairaient l'intérieur du sanctuaire. Elles étaient ornées d'antiques vitraux, dont une partie, tout au moins, étaient Tœuvre de Bcrtin Ramus, le peintre verrier lyonnais du XVI* siècle.

La chapelle de Saint-Roch avait été construite en 1581, puis agrandie et embellie, en 1644, d'après les dessins de Simon Maupin, voyer de la commune de Lyon. Voici à la suite de quels événements ce sanctuaire avait été élevé.

Depuis l'année 1348, époque à laquelle elle avait f;iit sa première apparition à Lyon (i), la peste avait exercé à plusieurs reprises ses ravages dans la ville et ses alentours.

(i) Des Icttrch de Jean le Bon, en date du 3 mai 1351, accordant aux Lyonnais une taxe de deux deniers pour livre sur les marchandises vendues dans leur ville, signalent la diminution de population causée par le fléau. (Cartulaiir d'Iù. de Villeneuve, Appendice p. 4)5 ; R'^t;. Cous, de la ville de Lyon, publié par M. G. (jUIGL'e, I, 366). — l'Obituaiie du monastère de Saint-Pierre, mentionnant (p. 65) la mort d'une ahbessc, Sibillede Varenne, dit qu'elle eut lieu « anno doniini millcsimo cco» xLViii" in viorliilitiite » ; et Tinscripiion funéraire de Michel Pacsus, trouvée rue Masson, dit aussi : « 7:7 lents de la niorlalita Tan MCCCXLVIU ;). Comaumond, .V(>//V<' du musée lapidaire de. la ville de Lyon, p. 34.

En 1457, particulicremtnt, elle avaic scvi tout i'ctc )ust)u'i1)ii Saini-MLirtin (i).

Au siècle suivant, l'horrible fléau suivit de prtrs les dévastations iiommisfs par les protestants ; il apparut à Lyon au printemps de l'année 1564. La maladie fut d'atord plutôl bénigne et n'empêcha pas les Lyonnais d'offrir dL- brillanits fêtes à Charles IX et à Catherine de Médicis, qui étaient venus visiter leur ville (2); mais elle ne tarda pas à revêtir un caractère de gravité, et, une dame de la suite de la reine de Navarre étant morte en quelques heures, la Cour s'effraya et quitta Lyon â la hâte (î).

La peste ne fit que redoubler de violence, et, en quelques mois, d'après l'historien Claude de Rubys, témoin oculaire, enleva plus de trente mille personnes, — presque la moitié des habitants de la ville.

A la suite de cette épidémie, le père jésuite Hdmond Auger (4) voua Lyon à Notre-Dame du Puy.

Douze ans se passèrent sans que le fléau revînt visiter Lyon; on le croyait k éteint », lorsqu'il reparut avec une

(1) A, PéHICAUU, Notis rt dûcumiiiti pour ien-ir à l'hhl. (li'apros les Actes capitulaires du Saint-Paul).

(1) En juin 1564-

()} La CJ3ur quitta Lyon le 9 juillet et se r^rugia i Crëniîcu. dllierinc de MWicis avaii tspiré pouvoir rentrer il Lyon au Iwut de quelques jours ; mais la peste, continuant i itfvir, s'opposa à la réalisation de ce projet. Le fl^u (il rnfine son apparition  Crémicu le t6 juillet; la Cour partit auïntAt de celle ville et alla s'établir au château de Roussillon. la belle demeure du cardinal de Toumon. — Voir : H, dk LA Perrière, Iclfr» de Cathtriiu de Midkis, i. il, pp. L-LI; — Mauql'is a' AuoMS.Piicts/ugilititi pour servir à flntloirc df Frame.t. 1: — AuKl. JoUANi/oiififl/ da voyage dt Charles IX en France, p. 10.

(4) Fond.iieur du collège de la Trinité, a Lyon, aujourd'hui le lycée Ampère.

LA CHAPELLE DE SAlNT-*OCH A CHOULANS

intensiti! nouvelle au mois de mars 1577, pendant le

carême, et ravagea la ville durant les mois de mars et d'avril.

Des prières publiques et des jcùnc-s furent ordonnés pour fléchir la colère de Dieu, et le Consulat fit vœu d'élever une chapelle sous le voGible de Saint Koch, qu'on implorait alors contre les maladies contagieuses.

« Par grâce de Dieu, rapporte Claude de Rubys (i), la peste cessa tout à coup au moys de mai, et lorsque l'on pensait qu'elle se deust rengreger, pour les chaleurs survenant. Ce fut par le moyen des œuvres pies qui lors se firent en la ville, que Dieu la regarda de son œil de pitié et de miséricorde.

« Le jour du vendredy salnct, tout le peuple catholique jeûna au pain et à l'eau. L'on fit vœu de basiir une chapelle en l'honneur de monsieur S. Roch, laquelle fut puis bastie des aumosnes des gens de bien, hors ta porte S. George, en une petite colline dépendant du prieuré de S. Hirigny(2), vis-à-vis l'Hospital des pestiféreis (j). »

(i) Claude de Rubïs, HiHoirt ilt i.yon, Lyon, L604, fol. 4j8.

(!) Saini-IriJniv.

(î)Leshftpiuux Sainl-Laurtnl L'iSaiiit-Tlioiius. — Le y joiiviiir 1474, Jjcquu Caille, richi; marchand lyonnais, ex sa feninii: Huguctti: Balarin, ayant fonniï k dessein de cr^r un hôpital pour y « retirer » les citoyens de Lyon qui seraieut atteints du * mal contagieux *, avaient acheta, ' dans ce but, du prieur et des chanoines de Saint-Ir^née, moyennant une somme de 400 livres loumois, une chapelle sous le vocable de Saiiil-Liurenl des Vignes, avec un cimetière et des maisons conliguËs, le tout siiuè au-dessous de la paroisse de Saim-Irfnée. Après avoir aménagé ces bdtiments. Jacques Caille en avait fait la renii^; au Consulat.

En 1309, ce premier hApilal éianl devenu insuffisant pour contenir lous les malheureux pestiférés, la confrérie de la Trinité a^ait élevé à

LA CHAPELLE DK SAINT-ROCH A CHOUlAKS 1 I

L'épidémie disparue, quatre années se passèrent sans que les èchcvins eussent la possibilité d'accomplir leur vœu. Mais, en 1581, la peste ayant fait de nouveau son apparition, ils achetèrent de Pierre Christofle, maitri; maçon à Lyon, un lènement consistant en un jardin et une vigne, et situé sur le territoire de « Chiollans (1) ». Ce terrain avait appartenu précédemment au chapitre de Saint-Irénée ; il avait été vendu, en 1558, A Pierre Cliristofle, pour le prix de quatre cents écus sol, par nicssîre Pierre de Digny, prieur de Saint-Irénée (3). Le flt^u continuant de sévir, on hAia la construction du sanctuaire.

La première pierre de la chapelle fut posée le 3 1 mars 1581, ainsi qu'en témoigne le procès-verbal suivant, que fit dresser le Consulat :

A PF.IÎPÉTUELLL MÉMOIKE

« Comme en la loy de nature, selon les occurences des temps, l'on a érigé des auielz au souverain Dieu et mesmes en a bon faict en la loy escripte et encores plus en la loy de grâce en laquelle nous sommes, où selon le tems, les occasions et les lieux, ont esté parmy la chrestienté érigées

ses frais, â cà(é de l'Iiôpila!, un cot|is Jf bjlimiiit sép.irC- pour recevoir IfS confrères aucinis par le fliau.

Quelques années plus lurd, cnlin, Thomas de Cadugne, le riche banquier florentin, avait ,^ l'instigalion du savant danilnicatn Santé Pagni no, faii liâtir 3 SCS frais, sur les plans de l'architecte Salvator Salvatori. un troisii^me biiimeni qui avait été appelé, de son nom, « hospice de G:3djgnc », ou «de Saint -Thamas >. Gadagnc avait en outre légué, en 1)47, "li"^ livres tournois pour les réparations et l'entretien de l'hôpital.

(I) Choulans.

(i) Ar[hivti départ, du Rhinr, série E, titro de famille, n" iibk\ Inventaire som., t. II, fol. 198.

12 LA CHAPELLK DH SAINT-ROCH A CHOULANS

et construictes plusieurs belles églises, mesmes en ce royaume de France très chrestien, lequel combien qu'il soit à présent tourmenté et agité de plusieurs heresyes des sectateurs lesquelles y ont tellement ravaigé qu'il n'y a temple ou église qu'ils n'ayent polluée, ruinée ou saccaigée es endroicts où ils ont peu commander, si est-ce que pour demeurer en sa splendeur et réputation ancienne de très chrestienne, une infinité de bons et fidelles chrestiens ont esté meus de faire au contraire et d'en ediffier au lieu d'en ruiner. Et ayant esté ceste ville de Lyon entre aultres et l'une des principales esquelles il y a eu plus de ravaige et de ruines es troubles de l'an LXII, après qu'il a pieu à Dieu de remettre les citoiens catholicques de ladite ville en leurs biens d'où ilz auroient esté dépossédés, ilz se sont tellement efforcés qu'ilz ont presque remis en nature et au pristin état lesdites églises ruinées, et non contens de ce s'efforcent d'en édifier d'aultres, incitez et poussez à ce d'une saincte et très fervente dévotion de leur bon et très catholicque gouverneur Mcssire Françoys de Mandelot, seigneur de Passy, chevalier de l'ordre du roys, conseiller en son conseil privé et d'estat, cappitaine de cent hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur et son lieutenant général de ladite ville de Lyon, pays de Lyonnois, Forest et Beaujoloys, lequel dès Tannée mil cinq cent soixante dix sept que ceste ville de LyoD feut quelque peu affligée de contagion, feit vœu solennel (i) de faire édifier une église ou chappelle à Dieu, sous le nom de Sainct Sébastien et de Sainct Roch, tant aux frais de luy que de quelques particuliers citoiens de ladite ville, afin que, par les prières et mérites de ces bons sainctz, il pleust à Sa Divine Majesté

(i) Au nom du Consulat.

LA CHAPELLE DE SAINT-ROCH A CHOULMfS

d'avoir pitié et miséricorde de ce peuple Lyonnois, et lever samain vengeresse de dessus li^y, despuis !eque! vceu ladite contagion cessa du tout, et a la sant6 de ladite ville tousjours despuis esté, par la grâce de Dieu, très bonne ; mais, d'autant que par les empescheniens des troubles cjui sont despuis survenus, ce vceu n'a pu esire exécuté jusqu'à présent ; « Ce jourd'huy, dcrnitr jour du mois de mars mil cinq cent qiiaire vttigt et toig, par la délibération du conseil d'estat tenu près la personne dudit seigneur de Mandelot et luy insistant i ce, a esté faicte procession geiieralle de tous les ordres et estats de ladite ville, où presque tout le peuple a assisté, laquelle est sortye de la grande église de Sainct Jehan, et de là, passant p;u- la porte Sainct George, est montée sur un petit coteau de vignes, des deppendances du prieur de Sainct Herigny, lequel coteau est par dessus la vigne de Sainct Nizier, et tout vis à vis de l'hospital de Sainct Laurens et de la fontaine de Choulan, où ont esté faictes les fondations ou premiers projets de ladite chappelle, la première pierre de laquelle a esté ce jour posée par mond. seigneur de Mandelot, officiant M. Jacques Mesiret, de l'ordre des Carmes, évesque de Damas, suffragant de l'Eglise de Lyon, tout le clergé de ladite ville y assistant et psalmodiant, et après ce, est ladicte procession montée à Sainct Just, et de 1.^ descendue à ladite église de Sainct Jehan, où la grand messe a esté dévotement célébrée, devant toutesfoys laquelle a esté faicte une très saincte exhortation au peuple de se convertir à Dieu et distraire de ses peschez, par frère Jehan Croissant, docteur en théologie de l'ordre de Sainct Dominique (i) ".

(i) Arch. lit la vitU de Lyon, actes consulairts, ; liivent. somiuairi;, t. 1, fol. îj.

14 LA CHAPELLE DE SAIXT-ROCH A CHOULANS

Le monument achevé, la première messe y fut célébrée le 25 juillet 1581, en présence du gouverneur.

Ce jour-là, à cinq heures du matin, les courriers de la Croix, accompagnés de douze prêtres, se rendirent processionnellement à la chapelle de Saint-Roch. Chacun des assistants tenait à la main un cierge blanc allumé. Un vicaire portait l'étole, en l'absence des custodes (i).

Ce fut le Père Edmond Augcr qui dit la messe. La procession rentra à Lyon à sept heures.

On confia la garde de la chapelle aux Pères Minimes, qui, moyennant une somme annuelle de vingt écus sol, furent chargés de la desservir chaque dimanche et pendant l'octave de la fête du saint (2).

Il fut arrêté que, chaque année, le premier vendredi après Pâques, il y aurait une procession générale à laquelle le Consulat assisterait.

En même temps, le corps consulaire déployait, pour combattre le fléau, une activité et une énergie dignes d'éloges.

Quelque considérables que fussent les bâtiments des hôpitaux Saint-Laurent et Saint-Thomas, ils n'étaient plus suffisants pour contenir tous les malheureux atteints de la peste. Déjà, en 1577, le Consulat avait été obligé de foire construire des cabanes dans le pré d'Ainay. Les dépenses excessives que cela occasionnait, la quantité de soldats qui étaient nécessaires pour former un cordon sanitaire, et,

(i) Les custodes de Sainte-Croix avaient peut-être suivi ceux de « messieurs du Chapitre de Saint-Jean », qui, durant la peste, s'étaient retirés à Saint-Symphorien-le-Cliàteau, où ils tinrent plusieurs assemblées dans la maison de Martin Baroud. — Voir A. Péricaud, Notes et documents pour servir à V histoire de Lyon, p. 70.

(2) Arch. de la ville de Lyon. Reg. des actes consulaires, fol. 236, mandement du Consulat du 11 décembre 1590.

enfin, la situation défavorable de ce pré souvent inondé pjr it Rhône et la Saône, le déterminèrent i\ acquérir des fonds voisins pour agrandir les hôpitaux.

Le Consulat acheta, du sieur Pons-Murard, le tènement de !a Fleiir-de-Lys — appelé plus tard la Quarantaine — situé au Heu de la Ffrraliêre, ainsi qu'une maison et un jardin joignant les hôpitaux, que le sieur Pons-Murard av:iit acquis des trères Athanase (ij.

La première de ces deux acquisitions coûta 4.500 écus d'or sol, et la seconde Î33. Un tiers fut payé, du consentement des héritiers de Gadagne et du consul de la nation florentine, avec les deniers légués par le riche banquier à l'hôpital Saint-Thomas.

Le scn'ice de la S;uité fut amélioré. Ordre fut donné aux

(l) On établit plus lard dans celte maison le « poids des farines •. — Lorsque k pesie eut cessé, ie Consulat voulut obliger les héritiers :Iu sieur Pons-Murard à reprendre ces lènements, qui lui étaient â charge; nuis ceux-ci refusèrent, ce qui détermina le Consulat, en 159), à * en passer vente au sieur Duironcy, sous une pension et â la charge, en cas de peste, de rendre le tout en bon étai. ■

Le sieur Uuironcy vendit, dans la suite, les mêmes fonds au siiair Ausirein, ei sous la même condition, En 161S, le Consulat ayant eu besoin de ces empbccmenis, une contestation s'éleva entre lui ei la veuve du sieur Auïtrein. L'affaire fut portée devant le Parlement qui, par un arrêt du 7 septembre i(i;7, n mit les parties au même état qu'elles étaient avant la vente faite au sieur Dutroncy, ordonna que le Consulat rentrerait en possession des fonds sans qu'il pût en disposer et le condamna à en rendre le prix et 1 en payer les loyers i>.

Enlîn, le ; janvier 1740, le Consulat vendit les deux ténemcnts, pour la somme de i j .ooo livres, aux recteurs de l'Hôid-Dicu. L'acte ne dit pas qu'il se soit réservé, en cas de peste, la faculté de s'en servir; la vente en est pure et simple, bien que. par son arrêt du 7 septembre 1617, le Pariement lui eût interdit d'en disposer. — Archives Je la ville Ji Lyon, Inventaire Chappe, t. XIX, fol. 617.

LA CHAPELLE DE SAIMT-ROCH A CHOULANS

commis de l.i Santé (i) de se pourvoir d'un bâton rouge ei de le tenir constamment à ia main, pour être plus facilement reconnus du peuple.

Enfin, injonction tut faite, sous peine d'amende, à tous les

(i ) La Sinié élait une Instilulion dont h réapparition périodique (te 1j Tualfldic avait rciulu la création néccsuirc à Lvon, à l'exemple de bon nombre de villes d'Italie, et, sous le nom de « courbi'aux n, on désignait les agents Je cettcadministration chargés d'enlever les cadavres. Lorsque les malades se débattaient encore contre les horreurs de la mort, il y avait des gens qui se jeiaieni avidement sur leurs hardes et sur leurs autres effets sans se mettre en piinc du danger qu'ils couraient. Apparaissaient alors ces courbcaux, qui s'emparaient de ce qui restait sur k' corps mon, le traînaient par les pieds et le chargeaient sur leurs épaules pour l'aller jeter dans le tombereau.

n C'est, dit Papon, par allusion à leur avidité comparable ï celle des oiseaux du même nom, qui aiment à se nourrir de cadavres, qu'on appelait courbeaux ou lorbtaux ces gens que le peuple désigne plus ordinairement ^ou5 le nom de croqui'-morts ou de mange-mons. C'est sans doute aussi le nom de corbeau ainsi appliqué qui est la racine du nom de cO'bUkrd donné à Paris au char dans lequel on pone les morts au cimetière,» (Extrait du Traité de ia prsie, de Papon, et relaté dans les .irchUis hiiloriques et staliilùjues du drpartemtnt du SMiir, l. \, p. 171].

En Italie, les agents de la Santé avaient re^u le nom de monalti ; ils portaient une sonnette attachée au pied, n On ne irouvjii guère pour les fonctions de tnoniiJIi, dit Mani:oni, que des hommes sur lesquels l'attrait de la rapine et de la licence avait plus de puissance que la crainte de la contagion et toutes les répugnances. Us entraient en mafircs dans toutes les maisons et, sans parler du pillage et des mauvais traitements qu'ils faisaient éprouver aux malheureux que la pesie condamnait à j>asser par leurs mains, ils les appliquaient, ces mains infectes et criminelles, sur les personnes saines, sur les enfants, les pères, les époux, en les menaçant de les traîner au laiaret s'ils ne se rachetaient pitj à prix d'argent... On dit même qu'ils laissaient tombera dessein de leurs chariots des effets infectés, pour propager et entretenir ia contagion, qui était devenue pour eux une fonune. n Voir : Al. Makzoni, Lfi Fiancés, tableau de b peste de Milan.

LA CHAPELLE DE SAIVT-ROCH A CHOULANS

habitants de Lyon, de se jeterà genoux, quelque part qu'ils se trouvassent, aussitôt qu'ils entendraient la clocliede Saint- Jean, qui sonnerait tous les jours, à une heure après midi, et de réciter, les mains jointes et dévotement, des prières pour n appaîser l'ire de Dieu et implorer son aide et miséricorde » dans i'affliciion présente (i).

La peste sévit néanmoins jusqu'au 22 septembre de l'année suivante, et ses ravages ne cessèrent que lorsque 'les Lyonnais se furent voués à Notre-Dame de Lorette. La cité fut délivrée du fléau le jour même où ses trois envoyés, le Père Auger, le prêtre André Aniyot et Gaude de Rubys, procureur général de la ville, accomplirent ce vœu en entendant la messe dans la sainte maison de Nazareth.

Dans le courant de l'année 1582, le Consulat décida d'orner de vitraux la chapelle de Saint-Roch. Moyennant cent trente écus d'or au soleil, Berlin Ramus, maître peintre verrier à Lyon, s'engagea à livrer h trois victres avec leurs ferrures et treillis de fil d'archal, auxquelles victres serait dépeinct, sijavoir : en celle du milieu, ung grand crucifix avec les ymaiges de Nostre-Danie, de Sainct-Jehan et de Marie-Magdaleyne, et aux aultres les ymaiges ou effigies de Sainct Roch et de Sainct Sébastien, avec aussi les armoyries de Mgr rArchevêque(Pierred'Epinac),de Mgr deMandelot et de la ville « (2).

La chapelle devint bientôt un lieu de pèlerinage très fréquenté.

(i) Archivts de la ville de Lyon, Inventaire som registre 107, pp. ss « S^.

(2) /(■«/., BB, 109 ; Inveni. som., t. I, fol. j;.

l8 LA CHAPELLE DE SAINT-ROCH A CHOULANS

A la procession du vœu public, qui avait lieu le premier vendredi après Pâques, assistaient les chapitres, le clergé des paroisses et les diverses confréries de Lyon, ainsi que le Consulat et les autres corps.

En outre, le jour de la fête de Saint Roch, qui tombait le lendemain de l'Assomption, commençait une octave solennelle, pendant laquelle on célébrait la grand'messe et les vêpres; puis, au coucher du soleil, la bénédiction du Saint-Sacrement était donnée à la foule agenouillée sur h terrasse.

D'autre part, les chapitres et les paroisses de la ville s'y rendaient processionnellement, les uns après les autres, à partir du premier vendredi après Pâques, et y faisaient célébrer la messe (i).

La vénération des fidèles pour ce sanctuaire alla sans cesse croissant ; on y accourut en foule, non seulement de la ville, mais encore des contrées voisines et même de fort loin.

Dans les archives du Consulat pour Tannée 1588, on voit qu'injonction était faite à Pierre Christofle, maître maçon, de laisser libre, à toute heure, aux processions et aux pèlerins, le chemin qui traversait sa vigne pour aboutir à la chapelle de Saint-Roch, d'élargir cette voie, de creuser des fossés de chaque côté de celle-ci et de la border de haies vives (2).

Un acte consulaire du 26 novembre 161 5 nous apprend également qu'un sieur de Carmes ayant offert au Consulat de tracer, à ses dépens, un nouveau chemin plus commode pour montera la chapelle, celui-ci s'empressa d'accepter (3).

(i) Richard-Carbon'NEL, Mémoires d'un Lyon nais, p. 32.

(2) Arch. lie la ville de Lyon, BB, 120; Invent, som., t. I, foL 62 et 63.

(5) IbU. Rcg. des actes consul., fol. 144 \^.

L'Épidémie de 1618 à Lyon. — Ses épouvantables ravages; trcnie-cinq mille victimes. — Les épidémies de 1651, de 1658 et de 1642. — Le vœu du II mars 1641, par lequel les échevins mettent la ville de Lyon sous le patronage de N.-D. Je Four\'iére. — Disparition dijfînitive de ia peste.

0^4- E 28 avril 1628, le premier vendredi après jfK^;y Pctjues, une procession générale, partie de la >J^^^ cathédrale, se rendit, comme tous les ans h pareille époque, à la chapelle dt Saint-Roch.

Les fidèles implorèrent avec lerveur la protection du saint contre la peste, qui désolait alors l'halie et commençait à se manifester dans le midi de la France.

Cependant, au mois d'août, le fléau gagna Lyon. On crui d'abord que l'épidémie serait bénigne : le ciel était serein, la bise qui soufflait semblait propre à disperser les miasmes malfaisants, les vivres étaient à bas prix : — tout concordait, en apparence, à donner bon espoir aux Lyon-

30 LA CBAPELtC DE SAINT-ROCH A CHOOLAMS

nais et, jamais, néanmoins, le mal ne fit, dans leur ville, d'aussi grands ravages.

Panie du village de Vaux, la maladie atteignit d'abord la Guillotière, puis le quartier Sainl-George, malgré les précautions prises par les gardes du pont du Rhône.

En moins de quinze jours, la ville fut envahie tout entière (i). Les ravages furent horribles. Les praticiens les plus habiles convenaient de leur înipuis-sance à vaincre le fléau.

Les rues étaient désertes, les boutiques fermées. Les habitants qui étaient forcés de sonir de leurs maisons se munissaient de flacons d'odeurs et invitaient avec soin de se laisser aborder par les rares passants.

L'étranger qu'une affaire importante obligeait à traverser Lyon n'y passait qu'à cheval, la bouche couvene d'un pan de son manteau, courant à bride abattue, comme s'il eût eu l'ennemi à sa poursuite,

Les médecins et les autres personnes qui étaient contraintes de s'approcher des pestiférés revêtirent, pour essayer de se présen-er de la contagion, un costume étrange composé d'une longue robe de peau, d'un masque enveloppant complètement la téie, avec un large collet couvrant les épaules, des yeux de verre et un nez en forme de bec d'oiseau dont la pointe était remplie de drogues aromatiques.

(i) Le faubourg de la Croîx-Rousse fut cependant ipargni. « Audessus de la rue Noyrei, écrivait M. Pêricaud, sur la porte dV-ntrée d'iwe maison de la Grand'CAte, on voyait autrefois une petite statue de salue Roch, avec celle légende : Ejus prxiidio non ultra prslîs, 162S. L'image du protecteur de ce quartier a disparu pendant lj Ré^'olution. En renouvelant l'inscription il y a quelques années, on ;i retranché les mots fjiii frxiùlh ». h. PÉmCAi,'D, Nola tt ilocmnenl!, p. 174. Cette inscription n'existe plus aujourd'hui.

Dans les hôpitaux Saint-Laurent et Saint-Thomas, on compta jusqu'à quatre mille malades à la lois. II y en avait partout, dans les escaliers, les corridors, jusque dans les jardins, couchés pêle-mélc sur un peu de paille, les malades avec les morts.

A l'entrée de l'hiver, des milliers de pestiférés ne savaient plus oii s'abriter. Un grand nombre s'étaient installés au pied de la colline, dans des huttes appuyées contre le mur d'une terrasse ; les pluies minèrent les fondations de ce mur, qui s'écroula, ensevelissant sous ses ruines une foule de victimes.

Le Consulat fut contraint d'élever de nouveau des cabanes au confluent, dans le champ situé derrière l'abbaye d'Ainay. On en dressa aussi un ^rand nombre dans l'île voisine, qu'on appelait le Broteau d'Ainay, et l'on y parqua les convalescents et les suspects.

A Saint-Laurent et à In pointe d'Ainay, on célébrait la messe sur des autels élevés d'où îe prêtre pouvait être aperçu d'un grand nombre de malades.

Dans beaucoup de testaments passés en ces temps malheureux, il est mentionné qu'en raison de la contagion dont le testateur était atteint, le notaire et ses témoins se tenaient dans la rue, devant le logis du malade, qui, apparaissant à sa fenêtre, leur dictait ses dernières volontés.

Ou bien encore, lorsque le testateur avait été relégué dans l'hôpital Saint-Lmrent, la presqu'île ou le Broteau d'Ainay, le notaire, accompagné de ses témoins, recevait le testament de la barque qui l'avait amené et qui, sans aborder, demeurait en pleine eau, à portée de la voix, sous la terrasse de la Quarantaine ou devant la presqu'île du confluent.

Dès le commencement de l'épidémie, les magistrats de la

LA CHAPm.LB DE SAIKT'ROCH A CHOULAKS

ville avaient renouvelé le vœu à Notre-Dame du Puy et député à Lorette deux pères Minimes, chargés d'offrir à l'autel de la Vierge une lampe magnifique sur laquelle tes échevins avaient fait graver leurs noms.

Le fléau disparut seulement au bout de huit mois, après avoir enlevé, d'après les calculs les plus modérés, trentecinq mille personnes, dont dis-sept mille quatre cents pauvres secourus par l'Aumône Générale, soixante filles de Sainte-Catherine gardes- malades, huit n:édccins, soixantedix chirurgiens, vingt-quatre membres du clergé de Saint- Nizier, et trente religieux sur les quarante qui s'étaient dévoués au scnice des pestiférés.

La peste vint encore ravager Lyon en léji. en 1638 et en 1642; elle ne disparut pour toujours qu'après le vœu solennel du jeudi 12 mars 1643, par lequel les consuls de la ville, 11 Messire Alexandre Mascrany, trésorier général de France en la généralité de Lyon, prévôt des marchands, Louis Chapuis, Janton Bomel, Guillaume Lemaistre et Jean Pillehotce, échevins, assemblés en l'Hôtel commun », mirent la ville de Lyon sous !e patronage de Notre-Dame de Fourvière. promettant de « placer des statues de la Vierge au-devant de la Loge des changes et sur. une des piles du pont de Saône » ; enfin, pour eux et leurs successeurs, « charge d'aller à pied, toutes les fêtes de la Nativité de la Vierge, qui est le huitième jour de septembre, en la chapelle de Notre-Dame de Fourvière, pour youyrlaSainte Messe et offrir la quantité de 7 livres de cire blanche en cierges, avec un cscu d'or au soleil, — et ce pour disposer la dite Vierge à recevoir la ville en sa protection (t). »

(1) Areh. de ia ville di Lyon, BB 197, Col. 41.— ScinHaWi; vœu jvail été fait, en i6j8, par les recteurs de l'Hospice de ]a Charité pour obte-

Depuis lors, chose digne de remarque, jamais la peste n'a reparu à Lyon (i).

nir la cessation d*un mal mystérieux qui décimait les enfants recueillis dans cet hospice, et le mercredi 7 avril de ladite année, « ceux de la Charité, petits et grands, ainsi que les enfants de la Chanal, assistés de tous les recteurs, chantant dévotieusement, s'étaient rendus en procession, en passant par le pont de bois, à Four\'ière, où ils avaient entendu la messe, qui fut célébrée par M. le comte de Sacconays, lors premier desd. recteurs. »

(i) Le i<«" juillet 1768, le Consulat vendit au Roi les hôpitaux Saint-Laurent et Saint-Thomas, qui furent transformés en dépôt de mendicité, sous le nom de Bicétre ; on y recueillit les mendiants et les vagabonds. Plus tard, on enferma dans ces bâtiments les filles de mauvaise vie ; les condamnés aux fers y étaient aussi internés, en attendant le passage de la chaîne. Hn l'an XIII, le dépôt de mendicité ayant été transféré à TAntiquaille, les deux anciens hôpitaux furent aliénés.

Agrandissement et enibellissemeni de la chapelle de Saint-Roch, d'après les dessins de Simon Maupln. — Délibérations du Consulat. — La Confrérie royale des Pénitents de N,-D. de Confalon obtient la permission d'f lever un autel dans la c)i^pcI1l- et d'y fonder une messe

riERS la fin de l'année 1628, alors que le fléau WSftJ sévissiiic encore avec intensité, le Consulat 'Clf^St avait décidé de « faire réparer la chapelle de Saint-Roch, au mieux que faire se pourrait, aux dépens et deniers communs de la ville (i) ».

Mais ce ne fut qu'en 1644, ainsi que nous l'avons dit plus haut, que la chapelle fut agrandie et embellie, d'après les dessins de Simon Maupin, voyer de la commune (î).

Nous trouvons dans le registre des actes consulaires de cette année-lâ une délibération datée du 26 avril, portant

(1) Arch. de la vilU dt Lyon. Beg. dvs actes consul., a fol. 16%.

(2J ibuL, sirieBB, 198; Inveni. wm., fol. iiS,

« don de i.ooo francs pour achever ragrandisscmem de la chapelle Saint-Roch proposé par le Père Bourdicaud, Minime; permission à ceux qui contribueront pour les deux cliapelles pnrticuUéres d'apposer leurs armoiries ez retables et tableaux qu'ils feront mettre aux autels d'icelles et non ailleurs dans la chapelle principale, en laquelle soit au grand autel, soit en la voûte ou lambris et au frontispice de l'entrée ei porte d'icelle seront apposées les armes de In ville et non aultres (i) ».

Une autre délibération du 30 août suivant pone « qu'outre la somme de i.ooo francs, il sera encore payé au Père Bourdicaud celle de 1-4)3 fr. 12 s. r d. pour lesdites constructions (2) 1.

L'année suivante, par une délibération en date du i")uin, le Consulat accordaaux recteuretvice-recteurdelaConfrérie des Pénitents de Notre-Dame de Confalon la permission de faire élever à leurs irais un autel dans la chapelle de Saini- Roch et de le garnir de tableaux et autres ornements, n sans qu'ils pussent prétendre audit autel ni en ladite chapelle aucun droit de patronage ni de propriété, ladite chapelle appartenant entièrement à la ville (3) ».

Usant aussi tôt de cette permission, la «Compa.^nie royale des Pénitents de Notre-Dame de Confalon a fit élever un autel dans !a chapelle de Saint-Roch, u garnit icelluy de tableaux et aultres ornements A ses frais et despens m, et y fonda une messe anniversaire qui devait y être dite à perpétuité (4).

{1 et I) Anh. de !a vUU de Lyon. Reg. des acies consul, amiée 16^4, fol. 69 vo « 140.

(3)/Wi(. Reg. des Actes consul., année 16J5, fol. 137. (4) Ibid.. série BB, 199; Invent, som., fol. 119. L'inscription qui e fondation a éié placée, en 1X60, nu Musëe de Lyon.

Li.'s incndbnts a la diapelle df Saîiii-Roch el rînciUent du i6 aoùi i6}4. — Aitcntat commis contre II- sieur Ljiichenu, le jour dtl'Ascension 1666. — Condamnation par coniumacc de Laureiit du la Veuhe, de Nicolas Prosi de G range- Blanche et de huit arque-

Ji^^^'AirLUESŒ lies pèlerins à la chapelle de Saiiitf^K'^^ Kocli nuirait chaque jour aux abords du s^itic- ~J^^^ luairc et sur le chemin qui y conduisait une nuée de mendiants de toutes sortes : maUngreitx, francsmiloux, coquillards ou salviiUux, tous gens plus habiles à apitoyer les bonnes ànies sur leurs maux véritables ou siniulésqu'à gagner leur pain en travaillant. La plupart se faisaient d'excellentes journées.

On tolérait leur présence autour de la chapelle, car, jusque-là, ils n'avaient donné lieu à aucun desordre. Mais, le lé août 1634, ils provoquèrent des troubles qui obligèrent le îîouvemeur à st'vir contre eux et ;\ les faire disperser par la force armée.

Ce jour-là, fête de Saint Roch, les sieurs Savaron et Bullioud, recteurs de rAuniônc-Générale, fliisaîenc, suivant l'usage, « à la montée de l'église », la quête « au bassi» u pour les pauvres assistés par l'Aumûne. L'affluence des fidèles était grande et les sols et les deniers pleuvaient dans les bassins, lorsque les mendiants, se jugeant viciimesd'une concurrence dtîloyale, se jetèrent sur les quêteurs.

Tout à coup, les sieurs recteurs r furent troublés par une grande quantité de quaymans et faictsnéans, lesquelz, à coups de cailloux, se ruèrent contre eux et les bedeaulx qui les assistoient, desquels bedeaulx il y en eut de blessés, dont l'uiig d'eulx fut porté à l'Hostel-Dieu, et n'eust esté l'assistance et secours de Mgr le gouverneur, qui-envoya promptement M. le sergent-major (de la ville), ilz eussent esté contraincts de quicter la place. »

Le lendemain de cette alerte, les recteurs de l'Aumône- Générale, réunis en assemblée extraordinaire, décidèrent que « des remercîments seroicnt adressés tant au gouverneur qu'au sergent-major, et que, dorénavant, faisant semblable queste, serait pourveu d'avoir quelques hommes, par le commandement dudict seigneur gouverneur, pour assisterlessieursrecteursquiferoicnt la queste, et faire retirer lesdicts qu.iymans loin d'eulx, pour maintenir et observer ung bon ordre u (r).

En i6é6, non loin de la chapelle de Saint-Roch, fut commis un attentat qui eut un grand retentissement à Lyon et dans toute la France.

[l) Arckivn lit la Clui'Uèy Rïgisiri- dti dtlibvVjiions prises par les ■ecteurs de VAumùne-Gtmîrjld, vol. 1; 17, p.igo 257. DtlibLTaiion du [7 août 1634.

i CHAPELLE DE SAlNT-RO€H A CHOm ANS

Le jour de l'Ascension, à onze heures du matin, un sieur Lancheiiu revenait en carrosse, avec sa femme (i), d'un pèlerinage à la chapelle de Siiint-Roch. Arrivé i la Quarantaine, il fut arrêté par huit arquebusiers de la compagnie de la ville, déguisés et masqués ; ceux-ci le rouèrent de coups de bûton au point de le laisser pour mort sur la place, et s'enfuirent ensuite en traversant la Saône sur une barque.

Ce Lanchenu était un partisan qui avait été envoyé à Lyon pour recouvrer, au nom du roi, les taxes mises sur les gens d'affaires par la Chambre de justice. Il était d'une naissance obscure et ne devait qu'.^ la protection de Colbert d'avoir pu obtenir des fonctions assez élevées dans les lin an ces.

Il survécut à ses blessures (2) et, des qu'il fut rétabli, se hûta d'adresser une plainte au Conseil du Roi. Comme il remplissait une charge qu'il tenait de l'Etat, le crime commis sur sa personne rentrait dans la catégorie de ceux qualifiés de lése-majesté au premier chef. Une commission extraordinaire fut envoyée de Paris pour en informer.

En même temps, Laurent de la Veuhe, prévôt des marchands de la ville de Lyon, trésorier de France, comte de Chevrières et baron de Curis(î), après avoir mis sa personne i l'abri, se reconnaissait spontanément responsable

(l) Une demoiselle MUhon, de RasniK', fille d'un cnirL'prL-ïicu voitures de Lyon à Roanne qui avait fait une grosse fortune.

(1) Lanchenu mourut neuf ans plus lard, J Parii.

(J) Originaire de Saim-Romain-le-Puy, priïï Monil>rison, Il : épousO Fran^-oise d'Aîlly de Rochefiin.

LA CHAPBLtE DE SAINT-ROCH A CHOULANS

de lii corrtiction infligée à Lmclienu. Cet homme l'avait insuiré gravemenl dans son propre liocel (i), et il avait voulu en tirer vengeance; seulement, les émissaires dont il avait armé le bras s'étaient acquittés un peu trop vigoureusement de leur tàclip.

Les huit arquebusiers auteurs de h l\istonnade et le premier éclievin, Nicolas Prost de Grange-lilanclie, impliqué, lui aussi, dans les poursuites, passèrent également la frontière en temps opportun et se laissèrent condamner par contumace.

L'arrêt fut rendu le ; i juillet i665 ; il était d'une sévérité ' extraordinaire.

Laurent de la Veuhe était condamné à avoir la tète tranciiée et à payer 12.000 livres de dommages-intérâts à Lanchenu. En vertu de la même sentence, on le dépouillait de ses titres de noblesse, de sa charge de trésorier de France ainsi que de tous ses biens; enfin, son hôtel de Bellecour — situé sur le tènement de Rontalon, compris entre les limites actuelles des rues du Plat et du Peyrat et des quais Tilsiit et des Célestins — devait être rasé, avec défense de le reconstruire d l'avenir.

Le premier échevin, Nicolas Prost de Grange-Blanche, reconnu le complice du prévôt des marchands, et les huit arquebusiers étaient traités non moins durement, On condamnait le premier à être pendu ; les autres, à être roués vifs.

Cet arrêt fut exécuté en effigie sur la place des Terreaux,

(1) Lo prtvot Jcs niari:haiids avait aili'cssi de v[fs reproches à Lanchenu, parce que celui-ci, après avoir fih une promesï^e de mariage 1 une dame Faurc, veuve d'un neveu df Laurent de la Veuhe, avait tpousè M'i<; Michon. Lanchenu n'avait répondu que par des injures.

LA CHAPEttE DE SAIvr-ROCH A CHOULANS JI

le jour même de la sentence, au milieu d'un grand déploiement de forces.

Mais il fut sursis à la di'molition de l'iiôtel de Liurem de la Veuhc, et, quelques années plus tard, le roi accorda même des lettres de gnlce à tous les condamnés (i).

(i) Laurent de la Veiiht; mourut dans sa terre de Chevritres en 1671. — Voir sur cet attentat ; A. Vackez, Ua procès criminit à Lyon au XVI!' sitclr, Lyon, 188; ; — L. Niepch, Les envimis it eisU-Baibt, Lyon, 1893; — J. Vaesek et J. Vingtrwieh, &uW>, io« histoirr dtpuhlts temps it! plus recula iinqu'â nos joiin, Lyon, 1900.

La protEssion générale du vceo public. — Le cérémonial en usage. — Costumes du prévôt des marchands, de« échevîns, des itiandeurs et du capitaine de la ville, — UnifoiTnc des arquebusiers. — Question de préséance. — L'échaoffourée du î6 avril 1680. — Arrêts du Conseil du roi. — Un plan de la chapelle.

R'l y avait près d'un siècle que, i:liat]ue année, le , premier vendredi après P.^ues, avait lieu, à la ch.!pelle de Saint-Roch, la procession générale du vctu public. Plusieurs jours auparavant, le Consulat faisait inviter « dans la personne et liôte! de leurs chefs, par le sieur procureur général de ladite ville ou secrétaire d'icelle », lesdiverscorpsconstiiuésà assistera la cérémonie. Quant à r « invitation du peuple s, elle se faisait aussi quelque temps à l'avance, « dans les rues et les carrefours et dans les chaires des paroisses ».

Entre huit et neuf heures du matin, le Consulat se rendait en habits de cérémonie, avec sa suite et son escorte ordinaires, dans la nef de l'église métropulitaine dtr Saint- Jean.

Le costume du prévôt des marchands consistait en une robe de Siitin « couleur de violet ou de l'ancienne pourpre, doublé d'un violet de la même couleur » et un chapeau orné d'une cordelière d'or. S'il était officier de robe ou gradué, il « portait une soutane noire sous le même habit, et, s'il était homme d'épée, il la portait sous sa robe violette, laquelle, en ce cas, devait être moins longue que celle d'un officier gradué <>.

Les robes des échevins, ainsi que celles du procureur général et des deux autres officiers du corps de ville, étaient d^e damas violet, doublé de la même couleur.

Les « sieurs ex-consuls n ou anciens échevins avaient des robes de drap d'Espagne ou de gros de Naples noir; ceus d'entre eux qui n'étaient pas gradués les portaient n à manches pendantes ».

Les u mandeurs » et leurs coadjuteurs étaient vêtus de robes de drap violet, avec de u grandes manches d'écarlate brodées de Heurons d'argent et chargées de l'écusson aux armes de h ville », avec cette seule différence que les deux mandeurs portaient le grand écusson et les coadjuteurs le petit.

I^' cortège quittait Saint-Jean dans l'ordre suivant :

En tète, marchait le clergé, chantant les litanies ordinaires. Venaient ensuite, sur la même ligne, le Présidial et le Corps de ville. Le Corps de ville marchait à la gauche du Présidial, « laquelle Compagnie devait toujours, est-il dit dans le Cérémonial de léSo, être conduite par l'un de ses cinq chefs, qui ne peut et ne doit marcher que seul, ainsi que le prévôt des marchands, sur la même ligne, suivant l'ancien ordre et usage, sans que le prévôt puisse être croisé que parce chef seul, lorsqu'il écheoit de filer et changer de main dans les portes et passages <>.

Le Corps de ville était précédé des mandeurs et de leurs coadjuteurs. Derrière le prévôt des marchands, venaient les éclievins, « deux ^i deux, le procureur général au milieu des deux officiers du corps; quand il manquait un échevin, le procureur marchait avec l'un des trois qui restaient ».

Les ex-consuls, également deus à deux, s'avançaient immédiatement après le corps de ville, mais « sans se mêler avec les ofRciers d"iceluy >'-

Quant au capitaine de hi ville, qui se trouvait aussi dans le cortège « comme servant de capitaine des gardes de la ville », il marchait un peu au-devant et à la gauche du prévôt des marcliands.

Enfin, une partie de la compagnie des deux cents arquebusiers servait d'escorte au Corps de ville. Les lieutenants, enseignes ou sergents de la compagnie se tenaient sur les côtés ; a les soldats commandés suivaient et filaient après eux un à un, le long des rangs n.

Le capitaine de la ville était vêtu d'écarlate violet, couleur de la ville ; les arquebusiers, d'un justaucorps de drap violet cramoisi, d'une veste et d'une culotte, rouge garance pour la troupe, écarlate pour les officiers et sousofficiers. Ils étaient armés du casque, de Tépée et de la hallebarde.

Les autres corps constitués, les diverses ainfrcrics et ta masse des fidèles terminaient le cortège.

Dans la chapelle, le Présidial et le Corps de ville se plaçaient vis-à-vis l'un de l'autre, le Présidial du côté de l'èpltre et le Corps de ville du côté de l'évangile.

Les bancs destinés aux deux Compagnies étaient « dans la même situation, mais chacun des chefs qui les conduisaient avait un prie-Dieu où il se plaçait seul, aussi dans la même ligne, au-devant des bancs et à la téle de chacune des deux

Compagnies ». C'est ainsi que le prévôc des marchands prenait place sur un prie-Dieu u à la tête du banc destiné pour les quatre cclievins, pour le procureur général de la ville et les deux autres officiers dudic corps •>,

Quanc au capitaine de la ville, il « siégeait un peu audevant et retiré à la gauche m du prévôt des marchands.

On entendait une messe basse, puis la procession regagnait la ville en observant le même ordre qu'à l'aller (i).

Cette cérémonie s'était toujours passée sans le moindre incident ftcheux. Mais, en 1680, il en fut autrement ; une scène scandaleuse se produisît entre Messieurs du Consulat et quelques membres de la Sénéchaussée et du Présidial.

Le vendredi 26 avril — le premier vendredi après Piques — le clergé et les fidèles de toutes les paroisses s'étaient réunis, comme de coutume, à la cathédrale.

Le Consulat, blessé de ce que, depuis un certain temps. Messieurs de la Justice affectaient de ne se rendre qu'au nombre de trois ou quatre aux cérémonies auxquelles il les conviait, ne les avait pas invités à celle-ci.

Néanmoins, le lieutenant-général, M. Cholier, et le procureur du roi, M. de Praslon, vinrent à Saint- Jean avec quelques conseillers. Au sortir de l'église, ils voulurent prendre le pas sur les échevins et sur le prévôt des marcliamls, M. Tiiomas de Moulccau, et, comme ce dernier protestait, M. de Praslon le poussa violemment et le fi: rouler jusqu'au bas des degrés de la caladr (2),

Thomas de Moulceau se releva et reprit son rang. Mais

(1) Voir : Aidi. de la ville de Lyoïi, BB îH6. dijp. VI, fol. 26-39. •rbap, XI, fol. 39-40.

(ij Ou appelait ainsi, tlaiis plusieurs villes, cl spLi:ijk'inenl dans le I.yontiais, le parvis qui se trouvait devant les églises ei qui servait de lieu de réunion et de promenade aux oisifs et aux bavards. La calaât la

le corps consulaire fut de nouveau assailli et bousculé par les magistrats et leurs sergents. L'un d'eux, le sieur Paulin, s'oublia même jusqu'à assener sur k tête de M. deMoukeau un coup de hallebarde qui, fort heureusement, tut amorti par l'cpaisseur de sa coiffure et de sa perruque.

— Quoi ! s'écria ce dernier, un coup de hallebarde !

— Oh I il n'est pas assez fort... répondit le lieutenantgénéral Cholier.

Cependant, Ferrus, le capitaine des arquebusiers, voulut arrêter Paulin ; par malheur, en essayant de désarmer le sergent, il se fendit le pouce avec le fer de sa hallebarde.

Un tel désordre s'ensuivit que le clergé, effrayé, alla se réfugier dans l'église de Saint-George. La procession n'eut pas lieu.

On verbalisa de part et d'autre.

Le roi, ayant évoqué l'affaire, commit pour faire une enquête M. Dugué, intendant de la police de Paris.

Un premier arrêt du Conseil du roi, en date du 30 avril 1680, laissa au Consulat la liberté de ne pas inviter les autres corps A la procession, liberté a de l.iquelle, disait l'arrôt, il peut d'autant plus légitimement se servir que, le Corps de ville représentant tous les autres, il suffit pour acquitter et accomplir le vœu fait à Dieu par ladite ville pour ladite procession aux lins d'obtenir de sa divine bonté la délivrance du mal contagieux par l'intercession de Saint Roch

Sa Majesté confirmait en même temps, par cet arrêt, son ordonnance précédente du ii mai 1639, « faisant en

pla. r.n Kabelai)

;iise, jadis, à Lyon, cuit i:t:lli.- Ji; Noirt'-D.ime-de-Confort, oij qui demeurait rue Dubois, aim.iit 4 s'jrtC'Icr lorsiiu'il ajl.iil service il l'Hôiel-Dicu.

outre défense au Présidial de plus se trouver à la procession de Saint Roch qu'il n'y fût appelé, et se réservant au surplus de connaître elle-même des contestations meùes entrecesdeux Compagnies, circonstanccsett!épendances.>i(ij

Le 21 décembre, le Consulat fit dresser une nouvelle relation de cet événement pour réfuter k certaines suppositions injurieuses et contraires à la vérité » qui se trouvaient dans celle qu'avaient rédigée les officiers de la sénéchaussée.

Enfin, le 16 avril ié8i, intervint un dernier arrêt du Conseil du roi, qui réglait définitivement la préséance :

« Le lieutenant-général et le prévôt des marchands, disait ce document, marcheront ensemble, et le reste du Consulat à gauche du Présidial ■ (2).

Ainsi se termina cette querelle sur les vains honneurs du pas.

La procession fut reprise en 1682.

Les Archives de la ville de Lyon possèdent un plan — anonyme et sans date — de la chapelle de Saint-Roch, qui semble avoir été dressé Uirs de l'enquOte t]ui suivit les troubles du 26 avril 1680. La raison en est dans l'annotation suivante, portée sur ce plan : a Deux portes que l'on peut faire facilement (î) pour éviter la croisade « (4).

(0 Wrc*. ih la ville dt Lyon, BB j86, diat>. \\, fol. 2609. chap. XI, fol. Î9-40.

(2) Ihid., BB, ÎÎ7 e\ Î85 ; Invem. som.. 1. J, fol. () Au chevei de la diapelle.

{4) Areb. Ji la ville de Lyon, BB, J85.

E Binci di Meu- du Ptciidlil. L Tt

F Bino de Mm- du Consul.l. M Pi

FAC-siMiLÈ n'uN viEi-x PLAN aui S

La CoLifriirii; de Saint-Rodi. — Documents div<^rs. — Les sutuls de lu Confrérie. — Requcies ei autorisations. — Jean-Pierre Bouillon, iToncierge de la chapelle; sa révocation. — Le pèlerinage de la Confrérie des jardiniers.

B^^u mois Je juin 1716, les Pères Minimes firent lies démarches pour obtenir du Pape Clément XI la permission d' « ériger a ditns la chapelle de Saint-Roch une confriirie u pour les fidelles de l'un et de a l'autre sexes ».

Cette permission obtenue et la bulle papale visée par Monseigneur l'Archevêque de Lyon, il s'agit d'obtenir l'autorisation du Consulat. Quatre bourgeois de Lyon, Moyse-Louis Blanchon, Honoré Cochonet, Gaspard Griffon et Jacques- François Burdin, ies futurs courriers de la nouvelle Confrérie, lui adressèrent la supplique suivante :

A messieurs les prévosi des marcliands et échevins de la ville de Lyon et conimandaul en l'absence [pour le Roy) de Nosseigneurs les gouverneurs.

LA CHAPEIiE DE SAINT-ROCH A CHOtTLANS

Suplicnt liumblemeiit Moyse Louis Blanchon, HonnorO Cochonei, Gaspard Gtiffoii et Jacques François Burdin, tous quatre bourgeois ei liabitans de Lyon, et vous remontrent que les R. P. Minimes de celle ville ont obtenu une bulle de noire Saint-PÉre le Pape en datte du dixième juin dernier, portant permission d'ériger dans la chapetle de Saint Roch, hors la porte de Saint George de cette ville, une confrérie à l'honneur de saint R(Kh pour les (idellesdeTun et del'autre sexes. Cette bulle a aon-seuicmeiit été visée par monseigneur l'archevêque comte de Lyon, le se;ond du présent mois, mais encore mondit seigneur l'archevêque, par son décret du premier dudit présent mois, y a institua, érigé et étably de son autorité laditte confrérie en l'honneur et wus le voccablc de saint Rocli, ainsy que plus au long y est porté.

Les suplians, mus de piété et de dévotion, désirent d'v être agrCgés ; mais comme vous êtes. Messieurs, les fondateurs et les patrons de cette chapelle et que vous avés marqué dans tous les tems le ïelle et toute la dévotion possible en l'honneur de ce saint, ils ont cru ne pouvoir faire cette entreprise que sous votre autorité et par votre permission.

Ce considéré, Messieurs, il vous plaise permettre aux suplians et à tous ceuK et celles de l'un et de l'autre sexes des lideUcs qui y auront dévotion de s'agréger dans laditte confrérie, et en conséquence ordonner qu'il leur sera perm'is de s'assembler toutes les années au premier jour de septembre pour y nommer deux courriers pour faire les fonctions convenables, rendre les comptes et générallemeni faire tout ce que besoin sera. Ils s'estime roient trés-heurcux, Messieurs, sy (toujours attentifs et remplis de zelle pour la plus grande gloire de Dieu) vous vouliez bien, comme patrons de laditte chapelle et premiers courriers de laditte confrérie, les honnorer de votre présence et assister aux ditles assemblées, et cependant nommer dez à présent les suplijns pour courriers supérieurs sous vous. Messieurs, de laditte confrérie, dont deux en sortiront au premier de septembre 1717, qu'il en sera nommé deux autres en leur place, ei ainsy continuant d'année ù autre, ensorte qu'il y en aye toujours deux anciens et deux modernes en exercice, vous continuerez par là, Messieurs, de contribuer à l'augmentation de la dévotion, et les confrères redoubleront leurs vœuN et leur prières pour la santéet prospérité de vos personnes cl l 'augmentai ion de vos M. L. Blancuon h. Cochokët(i].

(i) La supplique ne porte que ces deux signatu

LA CHAPELLE DE SAIST-ROCH A CHODLASS 43

Le Consulat donna sun consentement en ces termes :

Vu les présentes remontrances ensemble et les pièces y énoncées, nous agréons i;( confirmons en tant que besoin l'établissement d'une confrairie dans la chapelle deSt-Roch dont nous sommes les fondateurs et les patrons, et, en conséquence, nous avons nommé lesd. Blanchou, Cochonet, Grilfon et Burdin, courriers de lad. diapcllc pour eu faire les fonctions jusqu'au premier septembre de l'année prochaine mil sept cent dix-sept, auquel teins il sera nommé deux autres pour succéder aux (leu^ qui sortiront dans ce tems là, ainsy continuer d'année à autre, en sorte qu'il y ait toujours deux anciens courriers et deus modernes en exercice, à la charge par les suplians d'enregistrer la présente ordonnance à b tête du livre de la confrairie, et que s'il survient quelque contestation dana la suite entre les courriers et les confrères sur le rcdilion des comptes ou autrement au sujet dud. établissement, elles seront portées par devant nous.

Délibéré au Consulat, par nous prévôt des marchands et échevins de la ville de Lvon, le qu.itriéme aousi mil sept cent sei/e.

BORNF.

Renaud (i)

Ainsi se trouva « ûrij-ée » la Confrérie de Saint-Rocli, fondée — nous apprend un petit livre ayant pour titre ; Ré^U el statuts de la dévole Confrérif. establie dans l'Eglise de Sainl-Rocb,dcl}ors la porte Sainl-George{2) — h pourconserver plus rtutheiitiquemeiii la mémoire du vœu solennel du clergé et du Corps de ville en action de grâce pour la délivrance du mal contagieux qui désola non seulement la grande ville de Lyon vers l'an 1577 et les lieux circonvoisins, mais encore plusieurs provinces du royaume ».

Les pouvoirs civils et religieux lui accordèrent tout leur appui : M Monseigneur l'Arclievèque et Messieurs de ville

(1) Antnv/s de ta ville de Lyon, GG., chap. XIX, fol. 4î9. (3) Bibliothèque de la ville de Lyon, Fonds Costc, n° }024.

44 tJL CHAPELLE DE SAIÏTr-ROCH A CHOULAHS

s'en déclarèrent les Recteurs perpiJtuels et bienfaacurs, par la libéraliié qu'ils se voulurent engager d'y faire ».

Deux ans plus tard, les courriers de la Confrérie, « avec les anciens «, jugeaient à propos de « dresser des statuts et de les présenter à Monseigneur l'Archevêque et à Messieurs de ville pour être approuvés et obtenir l'effet de leur exécution ». Void les principaux articles de ces statuts :

1. Il faut se faire présenter par quelqu'un des confrères; les >ils de famille y ïeroni reçus à quatorze jns ei les lïlles à douze, pourveu qu'ils ayent le consenlenient de leurï parents ou tuteurs.

La réception se fera dans la chapelle : le droit de réception est fixé

.1 tenu de payer une confrérie annuelle d'une

m. Chaque confrère » livre cinq sols.

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