IX. Livres de la Confrérie : i" Livre des récepii
de io livres, l'entretien du placés dans la
LA CHAPELLE DE SArïJT-ROCH A CHOtILANS 45
confréries aniiuL-Ilt:^ ; 3" celui des nomination:!; 40 celui de h r^dftîon d«s comptes, inventaire et acquisitions.
XV. Au décès d'un confrère, on envoie des billt'is pour assister i son enterrenitnt; quarante ntcsscs sont distribuées pour le repos de son im£ ; le service se fera le premier Uindy aprùs qu'il y aura eu pardon dans ia chapelle pour la Confrérie après son décès.
XVII. Les courriers ne peuvent faire aucuue dépense sans un consentement de l'asscrablie générale. Les deux nouveaux feront les avances nécessaires, lesquels deniers leur seront remboursés en sortant de charge.
XVIII. Veu que les Sceurs n'entreront dans aucune charge ny assemblée, elles feront suivant l'ordre du tableau le pain bény, qui se fera deux fois l'année, le jour Je la féie de saint Rocb et le jour de ta fête de saint Sébastien <i). »
Les statuts approuves, le 10 novembre 17 18, par François- Paul lie Ncafville de Villeroy, archevêque de Lyon, et par le Consulat, les courriers de la Confrérie adressèrent encore la supplique suivante :
A Messieurs les prévost des m.irchands et échevins, juges consuls de Lyon,
Les courriers les supplient de se dédarcr plus positivement protecteurs de ladite Confrérie et de permettre aux suppliants d'inscrire dans leur livre le nom de chacun d'eux.
Signé : M. Blanchon, H. Cochonet, G. Griffon, M\bchasi), BiLLAND, TouRTiEK, Je.in M1COU», CnALO\, F. MuTTN c.iJel, Chai- GHOT, C. Perret.
Voici la réponse du prévôt et des échevins :
Les prévost des marchands et échevins, juges consuls de Lyon, pcrnietlent aux courriers de la Confrérie de Saint Roch d'inscrire dans leur livre le nom de chacun d'eux, ainsi que d'avoir un tableau scellé
II) Rtsieel statuts dt iad/voli Cçnfr/rie ntablie dans l'BglUf de Saint- Rocb, del)ors la portt Sa'mt-Geoigt, petit livre cité plus haut.
46 lA CHAPELLE DE SAtNT'SOCH A CHOULANS
dans la niuraiile et plactï au-dessus il'uii banc a hauteur d'appuy i eonlenir une lable ci six sièges, le lout fermant j clef.
Signé : Cholieh, Albasel, Resal'd, Goiffon, J, Pf.sson. Par le Consulat, signé : Morin ([).
Un peu plus d'un an après, les courriers et anciens courriers de la Confrérie, qui étaient alors les sieurs Blanchon, C, Perret, Hugues Perra, Billloud, H. Joannin, Cedor, Ferréol, Pluch, C. Bonnet et Escudie/, demandaient à « Monseigneur l'Archevtque d'établir une octave X la fête de saint Rocli, afin de seconder le zèle et la piété des confrères ».
A date du i" mars 1720, rArclievéque leur accorda son autorisation (2).
Puis, le î août 1724, une requête des « sieurs courriers officiers en charge et confrtres de laditie dévote Confrérie de S'-Rocli II, était communiqués à « Alexandre Prost, écuyer et seigneur de Grange-Blanciie, avocat et procureur général de la ville et communauté de Lyon » pour être remise à K Messieurs les prévost des marcliands et édievins ».
Dans cette requête, les suppliants exposaient que u le grand nombre des confrères et sœurs qui s'étaient associés i laditte confrérie avaient rempli entièrement le catalogue qui avait été fait et posé dans la chapelle lors de l'établissement de la Confrérie ». Ils demandaient l'autorisation d'en faire un autre et de le placer « dans la conlrcface » de celui qui était actuellement dans la chapelle.
Ils demandaient en outre qu'à l'avenir les assemblées nécessaires pour la nomination des courriers et la reddition des comptes fussent composées seulement de ceux qui
W Ibid.
! di la Jèvolt Confrérie, e
auraient « passé par les charges n et de douze des anciens confrères.
Le prévôt des marchands et les éclievins firent droit à cette demande (i).
Uiiautre document nousapprendqu'àlafin de l'année 1730 on construisit un mur de clôture sur la gauche du chemin allant à la chapelle, Cette pièce, datée du 27 juillet 1730, porte " soumission d'un sieur Rougnard (2) pour la construction du mur et abandon du terrain pour une somme de l .000 livres qui a été payée » (3).
Vers le milieu du dix-huitième siècle, semble-l-il — car ce papier ne porte ni signature, ni date — une supplique fut adressée a i Messieurs du Consulat au nom de Jean- Pierre Bouillon, concierge des chapelles de Saint-Roch et de Saint-Laurent, demandant l'établissement dans ces deux monuments de troncs destinés ù recevoir l'argent des offrandes » (4).
Ce Jean-Pierre Bouillon était non seulement concierge de ces deux sanctuaires, mais encore réveille-matin (5) de la ville de Lyon. Il était, en outre, poète à ses heures; on lui attribue un cantique spirituel (6) et aussi, à tort ou à
(i) Archivas de Sa vilU Je Lyon, GG, chap, XIX. fol. 459.
(2) Rougnian, propriiïlaire de h mai«}n des Toumellcs.
(î) Archives dt la ville Je Lyon, Invent. Chappu, I. XDt. p. IHJ.
{4) Ibid., Inventaire Cliappe, I. XIX, p. i8).
(;) Jadis, un crieur public parcourait les rues, une iiuit de chaque semaine, réveillait les ciioyeiis par [e son d'une oloche et les exhortait à prier pour les trépassés. Cet usage ne fut aboli i Lyon qu'en 1785, sur les nïclamations du docteur J.-B. Desgranges. (Voir ; Bbechot ùU Lut, Notiveaiix méknges, p. 44a).
ffi) Celte pièce, qui se trouvait atitrefois à )a Bibliothf^que d<: la ville de Lyon (fonds Cosie, n» 17.29)), a disparu.
L\ CHAPELLE DE SArUT-ROCH A aîOULANS
raison, une sorte de poème inlitulé : La ville de Lyon en vers burlesques.
Le recueil Jes actes consulaires ne nous apprend pas si l'autorisation demandée par Jean-Pierre Bouillon lui fut accordée; toujours est-il que nous retrouvons, dans une délibération du 12 juillet 1771, son nom mêlé à des incidents, sur lesquels ce document ne nous fournit aucun détail, mais qui avaient amené I.1 dissolution de !a Confrérie de Saint-Roch. Le Consulat, tout en exprimant son désir Je « voir rétablir l'exercice de la Confrérie «, révoquait Bouillon de ses fonctions de concierge et demandait aux courriers de lui désigner « un autre sujet pour remplir lesdiies fonctions n .
Voici, du reste, le texte complet de cet a
■été :
Nouï Prévàt des m.irchAnds et èchevinn de la vilk de Lyon, désinni de voir rétablir re^ercku de h Confrairie de S'-Roch ci fairi; cess les difficullis qui ont donnii lieu à la suspension de cet exercice piei depuis l'année 1759 el qui sont venus, i notre arrêté :
1" Que la commission accordée au nommé Bouiilon par le Con' sulat pour remplir les fonccioiis de conci(.'rge de ladite chapelle da S'-Roch, demeure révoquée; autorisons en conséquence les courriers e' confrères de ladite Confrairie, de nous.proposer un autre sujet pou^ remplir Icsditcs fonctions de concierge, et être par nous autorisé s'il es agréable au Consulat.
2° Que les courriers sont autorisés de s'assembler en la forme prescrite par l'ordonnance consulaire du j août 1724, pour procéder soil au choix des nouveaux courriers, soit au choix du nouveau concierge.
]° Que ladite chapelle continuera d'être desservie comme par le passé par les R. P. Minimes.
4° Qye les confrères demeureront chargés à leurs frais de l'entretien et menues réparations de ladite chapelle de S<-Roch.
S° Que les deffenscs sont faites aux courriers d'excéder dans les dépenses qu'ils feront pour la solennité de la fétc de S'-Rocii, le
>CH A CHOULAKS,
produit des droits de confrairics, à ptrini: de demeurer responsables en leurs propres et privés tioms de l'excil-dunt desditi:5 dépensi^s.
El fînilemenl , qu'en cas de conlesEations lors de in icdilion det, comptes des courriers, elles seront portées pardevant nous pour épurer lesdiis comptes.
Fait à Lyon, au Consulat, par nous prévât des marchands et Ochevins susdits, le douzième juillet mil sept ci
Signé : Chirat, Claviére et Audra l'aîné \i).
Enfin, nous s.ivons parun dernier document que, vers la fin du XVIII' siècle, diverses confréries de la ville allaient isolément, à certaines dates, en pèlerinage à la chapelle de Saint- Roc h.
Le 6 novembre 1784, M. Navarre, curé de Sainl-Nizîer, adressait au prévôt des marchands une requête pour lui demander une escorte.
La Confrérie des jardiniers avait coutume de se rendre en procession, chaque année, le 7 novembre, à la chapelle de Saint-Roch et d'y faire célébrer une messe; des prêtres de l'église Saint-Nimier les y conduisaient et uneescortc, fournie d'ordinaire par !a Compagnie franche, leurétait donnée pour le maintien du bon ordre.
Messire Antoine Fay, a chevalier, seigneur baron de Sathonnay, Albonne et autres lieux, prévôt des marchands, commandant dans la ville de Lyon en l'absence de Mgr le duc de Villeroy », répondait favorablement à la requête du curé de Saint-Nizier et accordait le nombre d'hommes nécessaire (2).
(i) Anhivts dt h ville de Lyon, GG, chjp. XIX, fol. 440. (3] rbid., GG, chap. XIX, fol. 441.
La chapelle de Saint-Roch sous la Révolution. — Une cjr^monie
dviquc en 1 790. — Itéparalions »u sanctuaire. — Sa dËvasiaiion par les jacobins en t79î. — Venie de la chapelle, comme bien national, le 27 messidor an IV (ij juillet 1796). — L'acte de vente. — Transfert du culte de saint Rocli dans ['liglisc de Saint-George (i août 1807}. — Démolition de la chapelle. — L'état actuel des lieux.
In 1790, la procession .^ la chapelle de Saint- ' Rocli fut remplacée par une sorte de cérémonie vique ; on célébra une messe en plein air, sur le parvis du sanctuaire.
Au mois de juillet 1791,1e bureau du Conseil muntdpal de Lyon s'occupa de faire à la chapelle quelques réparations urgentes. Voici l'arrêté pris à ce sujet par le Conseil :
Vu le procts-verbal fait le 16 dernier par le jogc de paix du canton de l'ancienne ville, par lequel il est établi qu'il a été fait des fractures aux murs cxtiiricurs de la chapelle dite de Saint-Roch, appartenant à la commune, et la requête présentée par le prêtre desservant ladite chapelle, par laquelle il demande qu'il y soit fait [es réparations qu'exige la sûreté du culte divin, il a été arrêté, après avoir oui M. le Procureur de U commune, qu'il sera fait, aux frais de la commune et
par la voie ccononiiquc par les soins de Messieurs chargés de la section des travaux publics, les réparations nécessaires aux murs de la chapelle de Saint- Roch, tant intérieurement qu'extérieurement, pour la sûreté de l'exercice du culte divin.
Fait à Lyon, les jour et an susdits,
ViTKr, maire, Maisonneuvk, Charmetton, Pressavin, Berthelet,
KIVIKRE-CUOL (l).
Le 28 septembre de la même année — le culte constitutionnel avait alors été substitué au culte catholique romain — il était encore fait mention de la chapelle de Saint-Roch dans une délibération municipale. Le bureau du Conseil arrêtait que, « le dimanche 16 octobre suivant, des divisions du Conseil général de la commune se rendraient, avant rofiice paroissial, dans les églises : 1° Des ci-devant Bernardines, second oratoire de la paroisse de Nord-Est; 2" dans l'église de Sainte-Marie, ci-devant dite des Chaînes, second oratoire de la paroisse de Nord- Ouest ; y* dans la chapelle de Saint-Rixhy second oratoire de la paroisse Saint-Just, à Tetlet d'y installer MM. les curés et recevoir leserment des vicaires qu'ils auraient nommés (2) ».
Puis les mauvais jours de la Révolution arrivèrent et la chapelle subit, comme tous les autres monuments religieux, les injures et les déprédations des jacobins. Ses vitraux furent brisés, ses ornements et ses vases sacrés enlevés.
l^nlin, en 1796, la chapelle de Saint-Roch fut vendue comme bien national, pour la somme de six mille six cents francs.
I/acte de vente, daté du 27 messidor an IV de la Répu-
(i) .Inhiits i/i" 1,1 l'ilh- lie L\oti, Bureau municipal, séance du 30 juillet 1791.
(2) //'/'i/., séance du iS septembre 1791.
blique française (ij juillet 1796), renferme de précieuses indications; voici le texte de ce document :
Nous, adminui râleurs du Jépartcmeiit du Rh6ne. pour et au i)om de la Republique fran^abe ei en vertu de la loi du 28 ven(6se dernier, et en présence et du consentement du commissaire du Directoire exécutif, avons, par ces présentes, vendu et délaissé dés maintenant et pour toujoun,
Au citoyen Jacqats R demeurant h Lyon, â ce présent et
acceptant pour lui, ses héritiers et ayants droits, l'immeuble national dont la désignation suit :
La (y-dnant cliaptlle de Saiiit-Rocb, la Ifrrasse fl le clteiiiin y conduisant, le tout situé à la Quarantaine, montée de Chouions.
Cette chapelle et b terrasse sur laquelle elle est construite sont confinées au midi, au nord et à l'ocôdent par la possession du s. Rougniat (1), el à l'orient par les jardins du s. Clavier (a); elle est scise sur le haut de la montagne au-dessus de la Quarantaine ei i laquelle on parvient par un chemin descendant de bdittc et aboutissant sur le chemin de Choulans, ce chemin ayant environ Z79 pieds Je longueur sur dix à douxe pieds de large : ce même chemin est bonié à l'occident et au midi par les possessions du s. Rougniai et .\ l'orieni par les maisons appartenant au s. Peyssellier el les jardins du s. Clavier, ci sur le chemin de Choulans par une barrière en bois.
Cette chapelle est précédée d'un porche dont la superficie, y comprise celle de la chapelle, es[ d'environ I.7}8 pieds, mesure de Lyon, et la terrasse qui l'entoure contient en superiîcic $.86; pieds, pareillement mesure de Lyon. Cette terrasse est circonscrite par des murs, tant de clôture que de terrasse; elle est plantée de sept gros pieds d'arbres, tant ■s que tilleuls.
cette chapelle consiste en un corps de bâtiment de forme quarrée oblongue, ttnmnie en pan t.oupt au levant, deux portes cdmréi:s formant une entrée prmcipale, deux portes latérales, l'une au nord et I autre au midi, plus une troisième donnant dans la partie formant sacnsiic, laquelli, est séparée de la Lhapelk par une cloison
(1) Rougniart.
(2) Clavières ou de Claviércs.
en planches ; au-dessus de la sacristie est un entresol auquel on parvient par un escalier en bô'ts.
Cetie chapelle prend ses jours par quatre fenêtres ceintrécs, deux au nord, deux au raidi, tusquell» sont absolument dénuées de toute fermeture. Le pavé est en partie en dalles et en partie en carreaux en terre cuïle; le plafond est en lambris en forme de voûte surbaissée.
Ces chapelle, chemin et terrasse, dépendant de biens ecclésiastiques et de ceux dv la commune de Lyon acquis à la nation en venu des lois des 2 novembre 1789 et 14 août 179J, ont été évalués, conformément ï l'article cinq de la loy du 18 ventôse, par le procés-verbal d'estimation en date du lî de ce mois des citoyens P. , ,, architecte nommé par
l'acquéreur par sa soumission du 26 prairial, et D .architecte
nommé par délibération du département du 9 aussi de ce mois, d'avoir en revenu annuel à la somme de trois cents francs et en capital k celle de six mille six cents francs, cy 6,600 fr.
Les diite chapelle, chemin et terrasse sont vendus avec leurs servitudes actives et passives francs de toutes dettes, rentes foncières constituées ou hypothéquées, de toutes charges ou redevances quelconques, pour par l'acquéreur entrer ez propriété, possession et jouissance i compter de ce jour.
Sont exceptés de la présente vente les objets intérieurs, tels qu'autel, tableaux, statues, meubles et le bénitier isolé.
L'acquéreur est subrogé à tous les droits de la nation envers les propriétaires voisins.
D'api^s les données fournies par ce document, il t-si permis de supposer que les dimensions de la chapelle étaient les suivantes ;
Largeur de la chapelle et du porche le précédant immédiatement: 21 pieds ou 7 m.
Longueur du porche îo pivds ou 6 m. 66
Longueur de la chapelle 65 " ou 2 1 m.
Soit une longueur totale de 8} pieds ou 27 m. 66
Ce qui dunnerait en superficie :
Pour le porche . 4^Q pieds
Pour la chapelle (pans coupés déduits) 1 .)i8 »
Soituntolalégalàlasuperficieindiquéeparracteci-dcssus 1.758 a mesure de Lyon.
LA CHAPELLE DE SAIMT-XOCH A CHOULAN5
ss
L'acte de vente est suivi du procès-verbal d'estimation par experts et porte la mention suivante :
" Enregistré à Lyon le i"" thermidor an IV, deux cent cinquante francs en promesses de mandat et quatre cent vingt francs en assignats à trente capitaux pour un (i). »
En août 1807, ie culte de Saint Roch fut transféré dans
l'église paroissiale de Saint-George, ainsi qu'en témoigne le document suivant :
Les vicaires généraun de Son Altesse Eminentissinie Monseigneur l« Cardinal Archevêque de Lyon, Primat des Gaules, assemblés en conseil le cinq aoûi 1807,
Considérant i" qu'il importe à la piété de conserver un culte particulier à Saint Roch, soit par reconnaissance des grâces remues du cïel par l'intercession de ce saint, spécialement en leriis de peste, soii pour être, à l'avenir, préservés de ce fléau ;
2° Qiie dans ces vuts on avait anciennement érigt une chapclk' à Saint Roch, au territoire de la Qjiatantaine ;
)° Q.ue cette chapelle a éti détruite pendant les troubles de la Révolution ;
4" Que les fidelles de la paroisse de Saint-George désirent que la dévotion à Saint Roch soit attachée à leur église paroissiale, attendu que l'ancienne chapelle de Saint-Roch était sur leur territoire;
}° Qu'ils ont obtenu de S. A, E. Monseigneur le Cardinal Archevêque de Lyon l'érection d'une Confrérie en l'honneur de Saint Roch, dans leur église paroissiale ; 1
Arrêtent :
1° La dévotion envers Saint Roch est transférée dans l'église paroissiale de Saint-George;
2° Nous confirmons en tant que besoin la Confrérie qui est érigée dans celte église en l'honneur de Saint Roch ;
j" Nous permettons au Sieur Curé, desservant de Saint-George, de faire chaque année, le dimanche qui suit immédialemcnl l'Assomption, la fête de Saint Roch, pour implorer sa proteciioti auprès de Dieu,
(i) Archivts du diparitmmt du Rhône.
56 LA CHAPELLE DE SAIKT-ROCH A CHOULANS
afin que cette ville et ce diocèse soient présen'és de la contagion; de donner ce jour-là la bénédiction du Très-Saint Sacrement et pendant Foctave de cette fête, avec une procession le dernier jour.
Fait à Lyon, les jour et an que dessus.
CouRBON, Renaud, Cholletok,
vicaire général, vicaire général, vicaire général.
Par MM. les Vicaires généraux :
ACUBERT, pro-sec.
Ce document est extrait du registre (i) de la Confrérie de la Bonne Mort qui existe dans la paroisse de Saint- George (2).
Li chapelle de Saint-Roch avait été démolie peu de temps après avoir été vendue comme bien national; en 1807, on acheva de la raser (3). L'emplacement qu'elle occupait et les jardins qui l'entouraient ne tardèrent pas à être cédés par le premier acquéreur au propriétaire voisin, qui les réunit à sa maison des Tournellcs ou château de Choulans (4). Après plusieurs autres mutations, la propriété entière a été vendue, en 1899, à la Société anonyme immobilière de Choulans.
Il ne reste plus aujourd'hui, de l'antique chapelle de Saint-
(i) Commencé en 1807.
(2) Communique par M. l'abbé Gilbert Jarrosson, vicaire de la paroisse de Saint-George.
(3) Les fondations, qui subsistaient encore en 1848, ont été détruites à cette époque par les ouvriers des ateliers nationaux. — Voir : Meynis, Anciennes églises y p. 125.
(4) Le château de Choulans est situé à trois cents mètres environ, au levant, de la terrasse où s'élevait jadis la chapelle de Saint-Roch. Il a été bâti, en 1529, par Pierre Tourxéon, bourgeois de Lyon. En 1530, celui-ci obtenait du Cliapilre de Saint-Just la permission de « recueillir les eaux lluentes dans le chemin p>our les conduire dans ses
fonds ».
Roch, que quelques vestiges sans intérêt — des soubassements de piliers, par exemple — dispersés dans les jardins, et la terrasse, qui domine les bâtiments de la caserne de passage.
On voit aussi, au pied de cette terrasse, les restes d'un vieux mur qui fut élevé, à la fin du siècle dernier, par le possesseur de la propriété voisine (i), M. de Clavières, à la place de la haie vive qui existait alors et qui ne protégeait pas suffisamment son jardin contre les déprédations des mendiants.
(i) Cette propriété — sur le terrain de laquelle a été bâtie la caserne de passage — après avoir appartenu, au siècle dernier, à M. Borel et à M. de Clavières (désigné sous le nom de « Clavier » dans Tacte de vente du 27 messidor an IV), passa dans les mains de M. Bon, puis dans celles de son neveu, M. Banès. Elle appartient aujourd'hui à M™« veuve Banès.
vin
La fontaine de Siolan ou Choulans. — Pendant de longues années, ses eaux sont affectées au service des pestiférés de l'hôpital Saint-Laurent. — Camille de Neufville, abbé d'Ainay, et le Consulat ; concession d'une partie des eaux de la fontaine pour l'arrosage des jardins de l'abbaye. — L'emplacement actuel de la fontaine.
u souvenir de la chapelle de Saint-Roch se rattache étroitement celui de la fontaine de Choulans, qui coulait jadis non loin du sanc-
tuaire.
Le territoire de Choulans (i) semble avoir tiré son nom de cette source ou fontaine, qui se trouvait, avant la
(i) « Le territoire de Choulans, situé hors la porte Saint-George, sur la colline de Saint-Just et de Saint-Irénée, est remarquable par la fertilité de son sol dans la partie inférieure, presque entièrement cultivée en jardins et qui produit les premiers hortolages qui se consomment à Lyon. Il forme une espèce de vallon qui commence entre la hauteur où est placée l'église de Saint-Just et celle qu'occupait l'ancien couvent des Génovéfains, et descend et se prolonge jusqu'à la naissance de la montée Saint- Laurent ». Arcinves historiques et statistiques du département du RJjône, t. X, 1829, fo 312.
: éo LA CHAPKLLK DK SAI\T-ROCH A CHOULANS
construction du chemin de Clioulans, au milieu de la ■' montée conduisant à Saint-Ircnée, et que le plan de 1550
; désignait sous le nom de Oxflan,
Plus anciennement, on appelait cette fontaine, fontaine ? de Siolan, L'historien Guillaume Paradin, doyen du cha-
pitre de Beau jeu, nous apprend cette particularité (i) et \ donne de ce nom une étymologie assez singulière : « ... Il
- y avait une fonteine, écrivait-il en 1573, que les antiques
• documents et panairtes nomment Siloa fons ou Si'oiy du •> nom de celle qui est en la Palestine, au pied du mont de
# Sion. De ce nom est demeuré un vestige dans la langue du
vulgue, qui nomme cette fonteine Siolan, La pancarte dict
: ces mots : Terminât ur à tnatie via pnblicay cnm Siloa fonte ».
■ Le plus ancien titre connu où il soit question de la fon-
taine de Siolan est un acte en latin^ du 12 mars 1470,
' contenant « abénévis f;iit par le chapitre de Saint-Just en
faveur des héritiers de François de Novéon, de la prire d'eau de la fontaine de Siolan, pour abreuver un pré situé près de l'église de Saint-Laurent, sous un servis de trois deniers forts, portant lods, milods, etc. (2) »
Trente-six ans plus tard, nous trouvons un acte consulaire « contenant transaction entre le Consulat, comme administrateur des hôpitaux du Pont-du-Rhône et de Saint- Laurent, d'une part, et Jean-Antoine de Vulpio et sa femme, au sujet des fontaines de Siolan, que le Consulat prétendait appartenir au scr\ice de Thôpital de Saint-Laurent de toute ancienneté et que ledit Vulpio soutenait lui appartenir à raison de son pré, dont sortaient lesdites fontaines, et les avoir abénévisées du seigneur direct. »
(1) Mi'moires lie rhi^toire de Lyon, livre III, chap. III, p. 269-270. ' (2) Archives de la ville de Lyon, Iiiveiit, Chappc, t. XVIII, fol. 2i.
LA CHAPELLE DE SAINT-ROCH A CHOULAKS 6l
Il fut convenu : « i° que les fontaines basses appartiendraient audit hôpital Saint-Laurent et la fontaine haute audit Vulpio ; 2° que ledit hôpital serait tenu à moitié du servis desdites fontaines; 3** qu'au cas que lesdites fontaines basses tariraient au temps avenir, ledit hôpital pourrait prendre la moitié de l'autre fontaine appelée Siolan (i). »
Durant le cours des années 1549-15 50, la ville de Lyon fit « refaire à neuf le pavé depuys le répositoire de l'eau de la fontaine de Choulans, tout le long du chemyn, pardessus les corps qui conduisent ladicte eau, jusque à Thospital Sainct-Laurens, où ladicte fontaine va sortir, auquel lieu l'on mect les pestiféreux ».
Les deux années qui suivirent, la ville fit encore réparer la fontaine de « l'hospital Sainct-Laurens des pestifércz et le pillier qui soutient Tymaige Sainct Laurens, qui est le lieu où sort ladicte fontaine, qui estoit rompu en divers lieux (2). »
Guillaume Paradin nous dit encore (3) qu'il existait de son temps, près de l'hôpital Saint-Laurent-des-Vignes, une « arche » antique ou « bâchasse de pierre creuse », servant à recevoir l'eau de la fontaine de Choulans. Cette arche n'était autre qu'un tombeau gallo-romain ayant été affecté sub ascia, par les soins pieux de son mari ^t de ses deux filles, à la sépulture d'une grande dame du nom deTertinia
(i) Archives de la ville de Lyon^ Invent. Chappe, t. XVIII, fol. 21. Acte consulaire du 13 octobre 1506.
(2) Ibid.y ce 990 et 995, Invent, som., t. III, p. 22^ et 225.
(3) Mi'moires de l'Histoire de Lyon, déjà cités, fol. 421.
, CHAPELLE DE SAWI^ROCII A CHÔÛLÂNS
Victorina, ainsi queranestait l'inscription qui y était gravée et que donne Paradin (i).
Un acte consulaire, du 19 septembre 1617 ■ — signé par extrait: Guérin — nous apprend qu'à cette date le Consulat concéda à Claude Guigues, dit Poniier, b la faculté de prendre en la plus haute source de Siolan seulement, Ja grosseur d'une plume commune d'eau, pour faire conduire dans sa tnaison et dans son jardin, tant et si loni-uument qu'il plairait au Consulat (2). »
Enfin, en 1621, Camille de Nfufvillc, alors abbéd'Ainny, ayant demandé au Consulat la concession d'une partie des eaux de la fontaine de Choulans, pour les conduire sur l'autre rive de la Saône et les employer à l'embellissement du jardin de l'Abbaye, le Consulat arrêta qu'en faveur des services rendus à la ville par la maison de Villeroy, notamment par M. d'Halincourt, il serait fait un abandon gratuit à l'abbé d'Ainay, « pour lui et ses successeurs qui seraient de sa maison, noms et armes, de la totalité des eaux de Choulans, sauf pendant les temps de contagion, où ces
(1) Spon, dans aonouvrage; RfclviclHi des aniiquilii de Lyon, signale aussi deux in»:riptionï antiques qui se trouvaient, de son Iccnps, u a une portée de fusil de la fontaine de Choulan, à la porte d'une petite maison de campagne », La première rappelait un vœu fait par Leœnius Rufus et Lennius Appollinaris, son fils, aux divinités des deux ernpereurs {Nvminibus AuguitoTiim) \ k seconde était un monumeni élevé par Q, Latinius Carus et Decimia Nicopolis à la mémoire de Q.. Lalinius Pyramus, leur élève, âgé de douze ans. — Voir : Archives hîitoriqsies du d/parUmint du Rhône, i. XI, fol. 2;j.
(2) Archiva de la vilU de Lyoïi, inveni, Chappe, t. XVIII, fol. i!.. L' Cl échaniil » de fer pourciiie prise d'eau est attaché ^ l'espédiiioi
LA CHAPELLE DE SAINT-XOCK A CHOULANS ■ ' £;
eaux étaient destinées au service de l'hôpital de Saint-Laurent, affecté aux pestiférés (i). »
Quelques années plus tard (2), les archives de la ville de Lyon (î) mentionnent le « rétablissement, en la muraille de clôture d'une maison appartenant à Antoine Gonnet, au territoire de Choulans, de deux pierres de taille où étalent sculptées des croix, armes des Gadagnc (^) ». Ces pierres servaient de « regards à la fontaine de Choulans coulant en l'Hostel-Dieu Sainct-Laurens ». Les archives ajoutent : 11 Ladite fontaine ne peut estre divertie par ledit sieur Gonnet, ny autres, du cours qu'elle a par cet endroit au dit Hoscel-Dieu. n
Aujourd'hui, la fontaine de Choulans coule A vingt mètres environ au nord du château de Choulans ou maison des Tournelles (5), dans le clos dépendant de cette vieille habitation. Il y a peu d'années encore, elle sortait de terre une trentaine de mètres plus haut, à l'ouest.
(1) A. PÉaiCAVn, Xoln et ilocumnit!. p. 156.
[1) En 1640.
(î) Archiva de la villi de Lyon, lovcnl. som., I. I, fol. Uî, BB t94- (4) Les armes Je Gadagne Étaient : Dt gueules à la croix dtnltUt ^or. On sait que l'hôpital Saint-Thomas avait été bâti par Cadagne. (;) Dont l'entrée est au no ;8 iJu chemin de Qioulans.
I.a vie de saint Roch. — Son dépan pour l'Iialie. — Gucrisons mirjiTL- .lemcs. — Roch atieini de la peste. — Gothard et son chien. — Roch reioume à Montpellier. — 11 est jeié en prison et y meurt. — Le gouverneur le reconnaît pour son neveu.
I l'époque où fut construite la chapelle de Choulas, le culte de saint Roch était répandu dans inc grande partie de la France et de l'Italie. L'Eglise l'honorait !e i6 août; on l'implorait contre les maladies contagieuses et spécialement contre la peste (i). La vie de ce saint est très curieuse. Roch était né en 129 s, .\ Montpellier; il vint au monde avec une croix de couleur pourpre gravée sur la poitrine. Sa famille était une des premières de la ville.
A vingt ans, ayant perdu ses parents, Roch donna ses biens aux pauvres et se consacra à leur service. Puis, un jour, il revêtit l'habit de pèlerin et, à pied, le bâton à la main, se mit en route pour l'Italie, qui était alors ravagée par la peste.
(i) On donnait même quelquefois
1 la peste le 1
Le costume de Roch consistait, disent ses bic^raphes, en une courte robe de couleur rouge {brm qiiadam cxciiua vesU), sur laquelle était jeté un petit manteau d'étoffe grossière. Un chapeau à larges bords couvrait sa tête; une besace destinée à recevoir le pain de l'aumône était suspendue à ses épaules; une forte chaussure, propre aux longues marches, protégeait ses pieds; enfin, un bâton, auquel pendait une gourde, lui servait d'appui.
Arrivé en Italie, le jeune homme parcourut un grand nombre de villes, se consacrant partout, avec le plus admirable dévouement, au soulagement des malheureux atteints de la peste.
Mais il n'allait pas tarder à subir, à son tour, les atteintes du fléau. A Plaisance, comme il prodiguait ses soins à des pauvres qui avaient été recueillis dans un hospice, un bubon ou charbon noirâtre apparut à sa jambe droite.
Afin de ne pas être à charge à ses semblables, Roch résolut de se retirer dans une solitude. S'appuyant sur son bSton, il se traîna péniblement hors de la ville et gagna une vallée sauvage où s'élevait une épaisse foret. Là, comme, à bout de forces et mourant de soif, il était près de succomber, un ange, dit la pieuse légende, fut envoyé du ciel pour ' le fortifier et le consoler.
Guidé par l'ange, Roch atteignit enfin une sorte de grotte. Il venait de s'y étendre sur un lit de feuillage, lorsque, soudain, à ses pieds, jaillit une source vivifiante. Bénissant la bonté de Dieu, Roch étancha les ardeurs de sa soif et lava la plaie de sa jambe. Ses souffrances devinrent aussitôt plus supportables.
Quelques instants après, un chien accourait près de lui, tenant dans sa gueule un pain qu'il déposait à ses pieds.
Cet animal appartenait à un seigneur de Plaisance, nommé
Gothard Paleslrini, qui s"éiait réfugié dans sa maison de campagne pour échapper à la peste; il revînt les jours suivants apponer à Roch le pain nécessaire à sa subsistance- Un jour, d'aventure, ayant suivi son chien, Gothard assista à cette curieuse scène; il s'approcha de Roch et s'entretint longuement avec lui. Il fut tellement touché par les exhortations de cet homme extraordinaire, qu'il abandonna ses biens, se voua au service des pauvres et alla mendier son pain dans les rues de Plaisance.
Peu de temps après, ayant appris que la peste sévissait de plus belle, Roch, bien que souffrant encore, retourna à la ville prodiguer ses soins aux malades. II en guérit un grand nombre dans les hôpitaux, dans les rues et sur les places publiques, en faisant sur leurs membres le signe de la croix. Puis, le soir venu, il reprit le chemin de sa solitude.
Comme il s'était assis à l'entrée de Li forêt, il vit tout à coup s'avancer et se ranger autour de lui les animaux sauvages qui peuplaient ces lieux déserls. Dans leurs yeux abattus, dans leurs membres tremblants, Roch eut bientôt reconnu les symptômes de la peste, qui avait atteint jusqu'aux fauves des halliers.
Prosternés en quelque sorte à ses pieds, ces animaux semblaient implorer sa protection. Roch les bénit et, s'approchant de chacun d'eux, les marqua du signe de la croix. Ils furent aussitôt guéris.
Roch continua sa route, et, en cheminant, il priait Dieu de lui rendre la santé. Or, comme il approchait de la grotte, des voix célestes se firent entendre au milieu du silence de la forêt : o Roch! Roch ! disaient-elles, ta prière est exaucée; que ta souffrance cesse, que la santé te soit rendue! » Il se sentit guéri i l'instant même.
Cependant, la peste .lyant cessé ses ravages, Roch fit ses adieux à Gothard et reprit le chemin de la France.
Cflui-ci, qui était habile dans l'art de la peinture, se rendit dans l'église de Sainte-Marie-de-Bethléem, où Roch était allé prier a son arrivée à Plaisance, et s'appliqua à peindre sur un mur l'image de son maître. Un manuscrit de i6ij décrit naïvement, ainsi qu'il suit, les traits caractéristiques de cette œuvre :
« Gothard représente saint Roch comme étant de petite taille, mais plein de grâce et de bel aspect. Sa face était coune et pleine ; sa peau sans taches, quoique un peu rude ; ses yeux étaient grands et modestement inclinés vers la terre, ce qui lui donnait un air pensif et révélait en lui une grande force d'âme. Son nez n'était ni trop long, ni trop gros, et dans d'exactes proportions; sa barbe était courte, peu épaisse et de teinte roussâtre; ses cheveux crépus tombaient en boucles sur ses épaules; son cou paraissait court par l'habitude qu'il avait de se tenir incliné, comme font ordinairement les personnes timides; ses bras étaient charnus, ses mains très blanches, ses doigts longs et effilés, Le reste de sa personne était sans défauts et plein de distinction et de noblesse. »
Son reuvre achevée, Gothard, suivant les conseils de Roch, qui l'avait engagé à embrasser la vie contemplative des saints ermites, se retira dans les Alpes, sur la montagne qui porte aujourd'hui son nom.
Roch rentra à Montpellier dans le courant de l'année 1322. Il trouva sa patrie en proie aux plus grands troubles.
L'autorité du roi de Majorque (i), seigneur de la ville, était bien ébranlée; depuis que l'évèque de Maguelonne,
(i) Le roi régnant »
LA CHAPELLE DE SAINT-tlOCH A CHOULAMS 69
Bérenger de Fredol, avait cédé à Philippe !e Bel (l) ses possessions de Montpdiiéret (2), les rois de France tendaient à s'emparer du territoire voisin appartenant au roi de Majorque. D'autre part, de graves mésintelligences existaient entre la branche aînée et la brandie cadette de la maison d'Aragon.
On comprend l'état de méfiance qui régnait dans la cité et les précautions que prenaient les autorités à l'égard des étrangers,
Roch pénétra jusqu'au centre de la ville et vînt, harassé de fatigue, s'asseoir sur un banc de pierre, non loin de la maison où il était né. Il avait résolu de garder l'incognito, voulant ainsi rendre plus complet son renoncement à toutes les choses de ce monde.
Personne ne reconnut, sous l'iiumble co,siume de pèlerin, le descendant de la noble famille des Roch. D'ailleurs, les austérités et les longues marches au soleil avaient changé sa physionomie à un tel point qu'il était devenu méconnaissable pour ses concitoyens et même pour sa famille.
Bientôt des archers de la cour du bayle vinrent lui demander son nom et son pays, et comme Roch ne répondait à leurs questions que par ces humbles paroles : » Je suis un pauvre pèlerin ", le soupi^on s'empara de ces hommes. Ils le prirent pour un espion dangereux, l'arrêtèrent et le conduisirent, chargé de liens, comme un malfaiteur, devant le gouverneur de la ville.
Celui-ci était l'oncle même de Roch. Il demanda à ce mystérieux inconnu qui il était et d'où il venait.
(0 En 1193.
(]) MonIp(;irLÉn:t ftaït situé au sud-est de k colline, MonipdUer nord-ouest. Ces deux bourgs furent réunis dans la suite.
Puur se faire reconnaître, Roch n'avait qu'à découvrir sa poitrine cl à montrer à son oncle la croix pourprée qui le distinguait depuis sa naissance, et dont personne, ù Montpellier, n'ignorait l'existence ; il n'avait qu'ù dire qu'il était ce pèlerin bienfaisant, béni par toute l'Italie ; il n'avait qu'à se nommer, et ses liens tombaient à l'instant. Mais Roch recherchait une vie d'immolation. Il ne répondit pas aux questions que lui posait le gouverneur.
On le jeta dans un cachot.
II y avait cinq ans que Roch était en prison, lorsqu'un jour (i), voyant approcher sa dernière heure, il demanda au geôlier de faire venir un prêtre. Celui-ci accéda à sa prière.
Le prêtre trouva la prison inondée de lumière. Il administra les sacrements au moribond. Alors celui-ci, s'adressantà Dieu, lui demanda que tous ceux qui l'invoqueraient, se souvenant de son nom, fussent délivrés de la peste. Après cette dernière prière en faveur de l'humanité, il expira doucement.
Cependant, le gouverneur, auquel le prêtre alla rapponer cette mort édifiante, fut frappé par ce qu'il entendait et se rendit A la prison. Le cachot était encore comme inondé de clartés. Surpris, il s'approcha du corps du prisonnier inconnu et aperçut à ses cotés, dit la pieuse légende, une tablette sur laquelle une main divine avait écrit en lettres d'or, que « ceux qui, frappés de la peste, invoqueraient désormais le nom de Roch seraient délivrés de ce mal destructeur (2). 11
{i)Le léaoùt i;:?.
(1) Un chcf-J'œoïre de Rubens, peint pour lj confrcr
LA CHAPELL?, DE SAINT-ROCH A CROLTLAX5 -JX
Le gouverneur quitta la prison, en proie â un grand irouble, et alla faire à sa mère le récit de «ite mort merveilleuse. Celle-ci eut alors le pressentiment que le mystérieux inconnu pouvait être son petit-neveu, parti, douze ans auparavant, sous l'habit de pèlerin, A sa prière, le gouverneur retourna au cachot, et, découvrant la poitrine du prisonnier, aperçut une croix pourprée imprimée sur sa chair.
A ce spectacle, ses yeux se remplirent de larmes et il fut dans la désolation d'avoir méconnu et traité si cruellement son noble et saint neveu. Il se prosterna devant son corps et le baisa avec respect.-
Toute la population de la ville vint à son tour vénérer la dépouille de Roc!i et, dès ce jour, on résolut d'élever un sanctuaire en son honneur (i).
Roch, d'Alost (Belgique), ei qui se irouvc encore aujourd'hui dans l'église coUiïgiïle de Sainl-Manin, reproduii ceue scàiie.
Le saint est reprÉsenië dans U prison, donl la partie supérieure est Éclairée par une lumière sumaiurdle. Il est à genoux, non pas comme
suppliant, mais avec l'expression de la p
us vive gratitude ; il a le
iK levés vers le Sauvtur, qui lut apparaît a
u milieu d'une gloire e
lui montre, sur une labktte tenue par u
n ange, cette inscription
H in ptilt palromii.
1 1 Voir : Recluz (abbé), curé de la paroi
se de Saint-Roch à Moni
lier : Hhloirt dt Saint Roch il de soii cultr.
Montpellier, Joseph Calas
Ll' culte de saint Rodi. — Le Concile de Consiance; ini miraculeuse. — Les reliques de saint Roch ravies par les Vénitiens. — On (iléve dans toute la chrétienté des églises et des cliapelles sous le vocable de Saini-Roch. — Le culte du saint â Lyon et dans le
culte de saint Roch, à Montpellier, data du jour même de sa mort. Mais il ne lu: officielleautorisé par l'Église et ne se répandît dans la clirétienté que quatre-vingt-sept ans plus tard, en 1414.
Cette année-h'i, un Concile gii'néral était asstmblé à Constance, pour l'extinction du schisme d'Occident. Plus de cent mille étrangers se trouvaient réunis dans la ville, quand une de ces épidémies si fréquentes au moyen âge, se déclara parmi cette multitude. C'était comme un prélude, un avant-coureur de la peste.
Une voix unanime s'éleva de la foule effrayée. Le nom de saint Roch circula dans toutes les bouches; on rappelait les miracles de guérison qu'il avait opérés en Italie et la promesse que Dieu lui avait faite de sauver les peuples qui réclameraient son intervention contre le fléau.
La ville de Constance et l'assemblée furent mises sous sa protection lutélaire. Les Pères du Concile prescrivirent des prières publiques en l'honneur du saint guérisseur de la peste- Une image qui le représeiitaît dans son costume de pèlerin fut portée processionnellement à travers les rues de la cité. C'était la première fois qu'un culte public, avoué par l'Eglise, lui était rendu.
Après cette solennelle invocation, on vit l'influence pestilentielle disparaître presque subitement.
Cet exemple autorisa désormais les peuples à dédier à saint Roch des tableaux, des autels, des chapelles et des temples. Le nom du charitable pèlerin devint l'objet d'un culte général.
Dès 1415, une association pieuse, ayant pour but de secourir les malades, se fondait à Venise sous son patronage.
Bientôt, il n'y eut pas de pays qui ne possédât une église ou un aute! consacré à saint Roch; quantité de confréries s'établirent sous son nom; ses images, ses statues se multiplièrent en tous lieux, dans toute la chrétienté.
La ville de Montpellier avait conservé le corps de saint Roch. En 1399, elle donna une partiedes reliques dusaint à Jean-le-Maingre, maréchal de Boucicault, qui, envoyé par le roi de France, avait pacifié la Provence et le Languedoc désolés par le schisme qui divisa l'Eglise après la mort de Grégoire XI (i).
En 1484, la peste ayant fait trente mille victimes à Venise, que ses rapports continuels avec l'Orient exposaient tout particulièrement â ce fléau, les Vénitiens demandèrent
(1) Le marichal de BaudiTâult \épii plus tie saint Roch aux Trinitaires d'Arles.
; pank' du corps
LA CHAPELLE DE 5AINT-ROCH A CUOULAKS
û Montpellier les reliques de saint Roch. Sur le refus des Iiabitanis, ils envoyèrent dans cette ville des émissaires déj;uisés en pèlerins, qui volèrent les relitiiies et les apportèrent à Venise, où le doge, le Sénat, le clergé et le peuple les rei;urenC triomphalement.
La splendide église de San-Rocco fut bâtie pour les abriter. Une confrérie se forma sous les auspices du saint dans le but de soigner les malades et les pauvres, mais particulièrement les personnes atteintes de la peste. L'édifice construit pour l'exercice de ces bonnes œuvres est connu sous ie nom d'Ecole de Saint-Roch (Scmla di San-Rocco). \^ Tintorct a exécuté pour l'église de San-Rocco six tableaux relatifs au saint protecteur : l'un représente 511/11/ Roch dans le désert ; un autre, Saint Roch devant Je Pape. Dans la Scuola, le même maître a peint un Saint Roch guérissant les malades et un Saint Roch contemplant le Pire Eternel (plafond) ; on y voit aussi une série de sculptures en bois, par Giovanni Marchiori, représentant les principaux traits de la vie de saint Roch, et une statue du saint par Girolamo Campagna.
En 1 s 30, Venise fut délivTée de la peste grâce à l'iniervention de saint Roch. En 1630, la ville ayant été préservée miraculeusement du fléau, le Sénat et le peuple lui élevèrent un temple sous le vocable de n Santa Maria délia Sainte » (0-
Depuis cette époque, des fragments des reliques du saint,
provenant de Venise ou d'Arles, furent donnés à divers
sanctuaÏKsdc la chrétienté, entre autres à l'église de Saint-
.och, à Paris, et aux églises de Saint-George, des Minimes,
( 1 ) La Vierge Marit: i
HAPELLE DE SAlilT-ROCIl A CHOULANS
des Pires Je la Trinité et des Bénédictines de Chazaux, Lyon.
De Montpellier et de Venise, le cuite de saint Roch se répandit et s'établit rapidement dans toute l'Europe. En Italie 1 à Acqua pend ente (i), dès la fin du xV siècle; â Césine, en tjoi ; à Rome, en 1624; à Fr.iscati, en 1656; en Portugal et en Espagne — spécialement à Madrid, Barcelone, Valence et Saragosse, — dès le début duj svi* siècle ; en Belgique — à Anvers, — en i ; 12 ; un peuJ plus tard, dans la Savoie, l'Autriche et les provinces catholiques de l'Allemagne ; enlîn, en France : ù Paris, en 1490 ; à Lyon, à peu près à la même époque (2) ; à Arles, en 1628; à Salon, en 1631 ; à Montargis, en 16)5.
En 1639, dans le diocèse de Lyon, on commença à « célébrer la fêle de saint Roch, dont on ne faisait que , commémoration auparavant, dans le rite de semî-doublej majeur, ce que l'on continua depuis par ordonnance du 1 Chapitre (j). »
A la fin du xvii' siècle, le jour de la fête de saint Roch, I e il y avait indulgence plénière dans ia chapelle dudio^ saint hors les murs de la ville et pardon de quarante! heures aux Augustins du port Saint- Vincent, aux Cordelière] de Saini-Bonaventiire, à Saint-George, aux Jacobins, iv.x{ Minimes — et exposition du suaire dudit saint — $'']
(1) Cette ville po^sèdo encore aujourd'hui une confrérie de Saint- .g Koch ei une église dont ce saint est le principal titulaire.
(1) Dès ijoi, le culte de saint Roch ëuit cÉlibré dam l'église Saint -Jusi.
(;) Archivts du d/p. du Rliône. Inventaire des Minimes. « La maladie contagieuse, qui était très grande celle anni!c-U, est-il ajoute, fut cause de cet établissement ".
Saint-Pierre-le-Vieux, i S;iint -Saturnin, aux Pères Je la Trinité — et exposition de sa relique (i)- »
Diverses églises ou chapelles de Lyon — entre autres l'église des Minimes (2) et la cliapelle de la recluserie de S;ùnt- Sébastien — avaient des autels sous le vocable de Saint-Roch ; en outre, dans quelques églises, des chapelles lui étaient dédiées.
La confrérie de Saint-Roch et de Saint-Sébastien (3), dite « des Colporteurs », se réunissait ea t'église des Jacobins, dans une chapelle voûtée construite par Antoine de Varey en 1466 (4).
(1) AlmamKh de /fip.t.
(1) L'église; des Minimi:s de Lyon était sous It; vocablL- Je l'Aswmplion, de Saint-François de Pdule et de Sainl-Kocli ; la Confrérie de ta Santé s'y réunissait.
(]} On rencontre fréquemment le nom de saint Sébastien, le soldat martyr, {oint ù celui de uint Roch dans le vocable de chapelles ou dj confréries. On trouve l'explication de ce fait dans la vie de saint Sébastien, où il est dil :
* Tout le peuple chrétien porte une grande dévotion j ce saini, a cause des bienfaits qu'il reçoit conlinucllemetit par sou întcrccsNion, principalement en temps de peste, où il se montre favorable à ceux qui se recommandent t lui et iniploreni son aide. Au temps du Pape .^gathon, la ville de Rome étant fort infectée de peste, par ordonnance divine on dressa un autel à saint Sébastien et, incontinent après, la peste cessa ; et, depuis, d'autres villes, en semblables contagions, ont éprouvé la même faveur ». Ln Nouvelln ficun drs vm îles Satitli, par uu Solitaire, Lyon, 174Î, t, I, fo!. ij6.
(4) Voir : Biblioth. de laVille de Lyon, Fonds Coste, n" joi). Estai donne à Mgr l'Intendant par les Jrux (ourriers de la cliapelle de Saint-Roth, au sujet àt la con/rMe de Saînl-Hoch dite des Cclportciirs, jB août 1691, signé : B Laborie, André Duchamp • ; manuscrit in-folio. 2 pages.
Voir aussi : Ibid., n" jo^a. L'aïKieime et di^le confrérie de Sainl- S^stieii et de SaiiH-Hach, t'rigée premiiremeiit ù l'Hôiel-Dieu de Lyon, et depuis pins de 200 ans au coweni des RK. PP. PrtclxHrs, avec la Bulle de
7» LA CIIAPnLLE DE SArNT-ROCH A CHOULANS
D'autres confréries, dites également « de Saint-Roch et de Saint-Sébastien », possédaient des chapelles : l'une dans l'église paroissiale JeSaint-Picrre-Ic-Vicux(l), l'autre dans l'église des religieux du tiers-ordre de Saint -François, au faubourg de la Guillotîère (2).
Enfin, la Compagnie des arquebusiers de la ville entendait la messe, cliaque dimanche, dans une chapelle du Grand Couvent des Carmes des Terreaux dédiée à saint Roch (i).
Jadis, un grand nombre d'églises ou de chapelles du Lyonnais furent dédiées à saint Roch ; un certain nombre existent encore dans le diocèse actuel de Lyon (4).
N. S. Pkrf k Papr Alixaii.lrf Vil d lu pnfm de la Coii/rnit, nouvelle^ ëdiiion, à Lyon, chez Claude Pcrroi. i7;8, in-16, 43 pages.
Oiaquc année, « le jour dcSaint-Barthclemi, vingt-qoairième aoûi » cette confrÉrii: se renilalt processionnel kmcnt u ù la diapclle de Sunt- Roch, hors lus murs de la ville, ui voeu fait pour lu Santé. »
(i) Voir : Les dnioirs el saîntts occupalions des aii/rtra et situn de ia confrérie de Saîal-Rocb et de Saint-Sébastien, la premîhe de Mlle ville irlgH^j^ dans Véglise paroissiale de Saiat-Pierre-lt-yievx. hycm, Juitet, 1726, petit] in-ia bas.
(1) Voir : Bibliolh. du la Ville de Lyon, Fonds Coste, n° ]049)^ Cûtifririe de Sainl-liMb ri de Sainl-Srhastiea érigée dans l'eglist des rrfjJ^ gieux du tiers ardre de Sainl-Fraiifois, au faubourg de la GuillolHr^ Lyon, Bëlion, 1776, in-i3 bas.
()) Voir : Arc¥nts de la ville de Lyon, GG, chap. XIX, pp. 4t7-4{^ Procès entre les Prieurs et religieux du Grand Couvent des Carmes i Terreaux et la Compagnie des Ar>)uehu&iers. Les premiers se ptaignaieti que la somme de vingt-cinq livres par an que leur donnait la Compn>V gnie ne fût pas suffisante pour a dire la messe tous les dimanches a fêtes de l'année et faire tous les autres services et dévotions ] « la chapelle fût en très mauvais état [l le }! décembre 1647.
{4) Voir : Chavanse (abbé), Saiul Roch, sa i'(V, ses prodiges, sa mori ; vie de saint Golhard et iiotnendalure des d/apelles dédiées à saint Reich dans le àiiKtsedt Lyon. Lyon, A. Viogtrinier, 1S75.
plaignaient t
La plus proche de Lyon était la chapelle de Grange- Blanche ou de Montribloud (r), dédiée à saint Roch et à saint Sébastien. Venaient ensuite les chapelles ou églises de Francheville (2), de Châtillon-d*Azergues (3), des Chères (4), de Charbonnières (5), de Limonest (6), de Grézieu-la-Varenne (7) de Villefranche (8), de Ville-sur- Jarnioux (9), de Brullioles (10), de Bibost (11), de Violay (12), deTheizé(i3), deRontalon (14), deGleizé (15), de Chirouble (16), d'Amplepuis (17), de Bagnols (18),
(i) Voir : Léon Galle, La Chapelle de Grange-Blanch , Revue du Lyantiais, t. XIV, p. 315-316.
(2) La chapelle, élevée en 1625, fit place, en 1630, à Féglise paroissiale, qui fut bâtie sur le môme terrain et placée sous le vocable de Saint-Roch.
(3) La chapelle, située dans Tancien cimetière, remonte au XF siècle; elle fut dédiée à saint Roch au xvi* siècle.
(4) Chapelle intérieure de l'église, datant de 1628. ^5) Eglise paroissiale.
(6) Chapelle, date de construction inconnue.
(7) Eglise paroissiale.
(8) Chapelle rurale bâtie en 1661, au midi de la ville; restaurée et agrandie en 1729.
(9) Chapelle du xvi* ou du xvii* siècle.
(10) Eglise paroissiale.
(il) Chapelle extérieure du xvi* ou du xvii« siècle.
(12) Chapelle rurale bâtie en 1689.
(13) Chapelle, date de construction inconnue.
(14) Chapelle dans le cimetière, datant de 1624.
(15) Chapelle du xvii* siècle.
(16) Chapelle élevée en 1634.
(17) Chapelle du xvi* siècle.
(18) Petite chapelle bâtie au xvc siècle, tombée en ruines deux siècles plus tard; depuis Tannée 1637, l'église paroissiale, qui était déjà sous le vocable de Saint-Biaise, a pris pour second patron saint Roch.
de Liniurc (i), de Cliazelles-sur-I.yon (2), de Trêves (3), de Saint-Genis-l'Argentière (4), de Cotance (5), de Bussî^rf (6), de Rozier-en-Donzy (7), de Saint- Rirthélemy-Lestra (8), de Saint-Julien-eii-Jarez (9), de Pa!ofinieu (lo), de Renaison (11), du hameau de Saint-Rocli (faubourg de Renaison) (12), de SainC-Just-cn-B.is (13), de Roanne (14), de Saini-Etienne (Loire) (lî), de Saint- Di(Jier-la-Séauve (16J, de Saiiviers(i7). deLézigneux(i8}, de Cliambonie (19), et de Mornand (Loire) (20).
(it Chaptiledu xvi' siÉL'lt.
(x) Qwpellc du XV* siècle, Jésaffcciée Jtpuis 179;.
(^) Eglise paroissialt,
(4) Ùe l'ancienne chapcllE, iranslormce en grungL- en 1792, il n subsiste plus qu'une fenêtre.
(î) Eglise paroissiale, sous le vo<:ablL' de Saint-Roch depuis le svi" o le xvu* siècle.
(6) Chapelle bâiie en 1635,
(7) Chapelle datant à peu près de 1^ ni^me époque.
(8) Chapelle datant de 1755.
(9) La chapelle primitive, élevée en 1728, A la suite d'une pcsi panielle, lombail en ruines au commencement du xix' si^'le; elle fi rebâtie en 1818.
(10) Chapelle datant de 16Ï9.
(il) Chapelle rurale. La chapelle primitive, élevée à une fut démolie en 1 866 et rebâtie en 1870.
(12) Cliapclle datant du moyen ûgc.
(ij) Chapelle du commencement du xvi* siècle.
(14) Chapelle bAtle en IS99, restaurée en 1712; située nord-est de la ville.
(15) De la chapelle, bâtie en 1619, il ne reste plus ri des iglises de Saini-E tienne, bâtie en 1856, a été placéede Saint-Roch.
(16) Oiapelle datant de 1714.
(17) (18) Chapelles, dates de construction inconnues. (19} (10) Eglises paroissiales.
ITATl'I, AM3».ii
Ot ïtlN7 Nil'JI
Saint Roch et b siaïuaire, — La statue de l'église de l'Annumiaca à Florence. — La statue dtf l'église de Trêves en Lyonnais. — Autres anciennes images de saint Roch ; description d'une des plus — La statue de la chapelle de Choulans,
ss.iiice lie gucrir de la ptstc avait' rendu Roch irt's populaire (i), à une époque ' où cef.e maladie contagieuse faisait tant de ravages. Aussi l'image de ce bienheureux fut-elle une de celles que ta statuaire eut le plus souventà reproduire au XV», au xvi* et au xvii' siècles.
(i) .\ Lyon, le nom de h.iint Roch et parfois même son image servaient d'enseigne à des boutiques. Les .archives de la ville nous apprennent qu'en 1 564 il y avait, dans la fuc « tendant de la boucherie Saint-Paul à Saint -Barthélémy n, un « logis où pendait pour enseigne l'efligie de saint Roch »; de mânie à Saini-Jusi, en i;R8. Hn [(160, Jean Grégoire, libraire in vIm hnfpilalîf, avait ég-.ilemirit sa boutique a â l'image de saint Ruch n.
Il existe encore aujourd'hui un certain nombre d'anciennes statues de saint Rocli. Le plus souvent le saint est représenté comme un homme à k fleur de l'âge, amaigri par les austérités. Il a le costume d'un pèlerin, avec le pétoncle au chapeau, le havre-sac en bandoulière, le bourdon à la main. Il est d'ordinaire accompagné d'un chien tenant un pain dans sa gueule (i); quelquefois aussi, d'un ange qui s'approche de lui pour panser le bubon ou ulcère qui déforme sa cuisse droite.
Parmi les plus anciennes et les plus intéressantes statues de saint Roch, il faut en citer une, en bois de tilleul, de grandeur naturelle, qui appartient il l'église de l'Annunziata, de Florence, et qui a été sculptée par un artiste français, maître Jean ou Janni, vers la fin du xV siècle. Vasari a parlé avec enthousiasme de cette statue, qu'il proclame une mer\'eille — une miracoh di kgno — surpassant en beauté toutes les autres statues en bois qui se puissent voir. n Maître Janni, dit-il, fit d'un ciseau très fin les vêtements si souples, si feuilles et pour ainsi dire si minces; il donna à l'agencement des plis une tournure si belle, qu'il ne se peut rien voir de plus admirable. II exécuta également la tète, la barbe et les mains de ce saint avec une sî grande perfection que cette statue a mérité et méritera toujours les louanges universelles, o
En 1860, dans la Rnitu des Feaux-Arls, M. A. de Montaiglon décrivait ainsi, d'après un dessin de M. Jacques
(i) Le nom de saini Kocli Lmrtdansijiiclquts locuiiona: lainl Roch et lOH cliîtii, deux personnts insiparjblts, parce qu'on représenle presque toujours saint Roeli accompagna d'un chien ■ être coifft atnmi mini Rcch. poncr son chapiau un peu de travers, etc.
Léman, l'œuvre de maître Janni t « Saint Roch, les cheveux courts et bouclés, recouvens d'une petite calotte ronde, la barbe frisée et descendant jusqu'à la poitrine, est représenté debout; il n'est pas accompagné du chien légendaire, il a seulement le bâton de pèlerin, qu'il tient de la main gauche et qu'il appuie par terre; sa robe à manches étroites est relevée par devant, de manière à découvrir la cuisse et les pieds, qui sont contrefaits. Les hagîographes nous apprennent qu'en soignant des malades à Plaisance, saint Roch fut atteint de la contagion et qu'un horrible ulcère rongea ses jambes. La statue de Campagna, qui est à Venise, le représente de même découvrant sa cuisse malade, u
Plusieurs églises ou chapelles du diocèse de Lyon possèdent d'anciennes statues en bois de saint Roch, La plus remarquable est celle de Trêves, près de Condrieu, qui date de 1 628 et qui fut vouée et érigée par les habitants en reconnaissance de ce que saint Roch avait, par son intercession, obtenu la cessation de la peste. A cette époque, l'image du saint resta pendant six mois exposée sur la table de communion à la vénération des populations des lieux voisins.
En 1793, un habitant de Trêves, François Bourdin, cacha la statue dans les combles de l'église. Un prêtre, l'abbé Chavanne, l'y découvrit en 1832; il la fit restaurer et placer, en 1836, dans une chapelle de l'église paroi.ssiale qui porte aujourd'hui le nom de chapelle de Saint-Roch.
Cette statue représente le saint accompagné d'un ange qui lui applique sur la cuisse un baume, symbole de sa guérison miraculeuse, et d'un chien qui lui présente un pain.
Les paroisses de Saint-Juiien-en-Jarez, Saini-Barthélemy- Lestra, Villefranche, Rontalon, Gleizé, Bibost, Palognieu, possèdent également des statues de saint Roch, plus ou moins anciennes et plus ou moins bien conservées.
A CCS diverses statues, il faut en ajouter une autre, très ancienne et très curieuse, qui est la propriété d'une de nos compatriotes, M"* Péronnet.
Cette statue, de soixante centimètres de hauteur, a été sculptée dans un morceau de buis d'une seule pièce; elle est en bon état — seule, la pomme du bourdon a disparu.
Saint Roch est représenté en costume de pèlerin, tenant à la main le bourdon ; il est coiffe d'un chapeau noir orné de coquillages, vêtu d'un manteau gris foncé doublé de vert et d'une tunique jaune brun, et chaussé de hauts brodequins. A sa gauche, se trouve le chien traditionnel, portant un pain dans sa gueule, et un ange, vêtu d'une tunique gris bleu, se penche comme pour panser le bubon que Roch porte à la cuisse droite.
M"' Péronnet tient cette statue de deux vieilles dévideuses, les demoiselles Gallet, qui demeuraient rue des Forces, sur le territoire de la paroisse Saint-Nizier. Pendant la Terreur, elles avaient caché dans leur appartement le curé d'uqf paroisse suburbaine, et celui-ci, en les quittant, leur avait laissé, en témoignage de reconnaissance, cette statue de saint Roch — le patron de son église, sans doute — qu'il avait emportée avec lui dans sa fuite afin de la sauver de la fureur des jacobins.
M""" Péronnet entoure cette statue d'une grande vénération et attribue à sa présence chez elle le privilège d'avoir été préservée toute sa vie des maladies épidémiques.
Quant à la statue de saint Roch qui se trouvait jadis dans la chapelle de Choulans, on ne sait ce qu'elle est devenue depuis la démolition du sanctuaire.
M. Mcynis écrivait, en 1872, qu'on avait découvert, quelques années auparavant, dans une maison voisine de la
chapelle, « les restes A peu près informes d'une statue de pierre que la tradition voulait avoir été la statue de saint Roch (i); 11 mais tious n'avons pu recueillir aucune indication à ce sujet.
(ij D. Meysls, Us rand, 1871, p. 115.
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