DROUET
« Puisque, s'écrie Drouet, notre vertu, notre modéra- » tion, nos idées philanthropiques, ne nous ont servi de » rien, soyons brigands pour le bonheur du peuple ! soyons )) brigands ! Que les suspects répondent sur leur tête de » tout ce qui arrivera. »
ARISTIDE BUGHEAU,
A Antrain, le représentant Pochole reçoit la lettre suivante :
» Citoyen représentant, je suis un vrai patriote que » l'ancien r-'gime a persécuté. — On m'a renfermé dans » la prison de cette ville avec un amas de ci-devant nobles » et de ci-devant paysans. Vive l'égalité ! Ces brigaiuls n d'Iionnè'es gens ne cessent pendant tout le jour de mar- » motter des prières contre-révolutionnaires ; mon cœur » sans-culotte en est indigné ; est-ce que tu n'aurais pas » un rasoir national pour leur faire lu barbe '!
» Fait en prison, à Antrain, le 17 nivùse de l'an 11 de la
» liberté.
» Aristide Bucheau. »
Cet Aristide Bucheau est une espèce de voleur de grand chemin qui a subi plusieurs condamnations infamantes.
Le représentant Pochole sourit en lisant sa lettre.
Bucheau est réintégré dans ses droits de citoyen.
On le nomme même président d'un nouveau tribunal révolutionnaire.
Au premier feuillet du registre des jugements rendus par ce tribunal, on lit :
25 nivôse, an n.
» Jiigp, condamné, exécuté skos clésiniparer, soKjcante- )i hvit hrù/anda, mâles ou femelles, qin\ ]ar d" Indécentes » et inciviques prières, conspiraient en pnson contre la » sainte égalité. »
Le tribunal dont cet Aristide est le président n'a conservé que pendant quarante-sept jours ses fonctions executives.
Le nombre des Vendéens, des ino'lérés.^ des feuillanlins qu'il assassina ou sans-culottisa, selon son expression, s'élève à dix-huU cent quinz" , dont cent quarante-cinq enfants de quathea onze ans.