JUGÉE PAR LES RÉVOLUTIONNAIRES
Rapporta la Convention.
« Le pi Haye a été porté à son comble. Les militaires, au lieu de songer à ce qu'ils avaient à faire, n'ont pensé qu'à remplir leurs sacs et à voir se perpétuer une guerre aussi avantageuse à leur intérêt.... L'habitude de piller a étendu les effets de cette disposition coupable ^w-sr/^/e sicr /e? patriotes, et les richesses de ceux-ci sont devenues mille fois la proie de l'homme envoyé pour les défendre.
» Les délits ne se sont pas bornés au pillage. Le v/ol et la barbarie la plus outrée se sont représentés dans tous les coins. On a vu des militaires républicains violer des fnnnies rebelles si(r des pierres amoncelées le lon(j de-i grandes rout's, et les fusiller ou les poiynarder en sortant de leurs bras ; on en a vu d'autres por/er d( sec fa ut s à la mamelle au bout de la baïonnette ou de la pique qui avait percé du même coup et la mère et l'enfant. Les rc-
belles iront pas été les seules victimes de la brutalité des soldats et des ofliciers. Les filles et les femmes des 2Mfrîotes même ont été souveiit mises en réquisition: c'est le terme....
» On a fusillé iiiciistincf"menl tout ce que l'on rencontrait ou tout co qui se présentait. Des communes venant se livrer, leurs oj'fici"!-:< municipaux en écharpe à leur tête, ont été reçues avec une apparence fraternellet et fusillées sur l'heure !
» Des cavaliers armés et équipés, venus d'eux-mêmes se rendre au milieu de nous et après avoir fait plusieurs lieues pour cela, ont été fusillés sans miséricorde
>; Signé : Leqlimo, >■ Représentant du peuple. »
Procès-verbal sirjné des ttieiuhres du Comité de surveillance de la société populaire de Fonlenaij.
(( Devant nous a comparu la citoyenne Marianne lîusfaud, de la commune du petit bourg des Herbiers, qui a déclaré que lorsque les volontaires de fAriw^e infernabi sont arrivés chez elle, elle fut au-devant deux pour leur faire voir un certificat qu'elle avait du général Bard , el leur offrir à se rafraîchir ; mais que ceux-ci, plus furieux que des tigres, lui ayant répondu qu'ils en voulaient à sa bourse et à sa vie^ lui ôtèrent environ quarante-deux livres, seul argent qu'elle avait. Non contents de cela, ils l'obligèrent, en la menaçant, de rentrer chez elle pour leur montrer l'endroit où elle pourrait en avoir caché. Dès qu'elle
fut entrée, quatre d'entre eux la prirent et la tinrent, tandis qu'au moins vingt de leurs camarades assouvirent leur brutale jxfssion sur elle, et la laissèrent presque nue.
Après quoi i\s furent mettre le jeu dans les granges;
ce que voyant, la déclarante se rendit auprès de sa mère, (ifjéc d'< iiviron soixante-dix ans, lui trouvant un bras et lu tète coupés^ après lui avoir pris environ neuf cents livres, seul produit de ses gages et de leur travail....
» Et a déclaré ne pas savoir signer, w
Rapport à la Convention,
« Les généraux, loin de se battre, ont été battus ; au lieu de respecter les propriétés, ils ont pillé, volé, saccagé de toutes parts, indistinctement
» Les volontaires, suivant l'exemple des généraux, pren:tient le reste, tuaient les hommes, violaient les Jemmes et les filles 0,1 les poignard tient ensuite. — Ils ont fait plus: /7s ont immolé une municipalité entière, revêtue de l'échurpe tricolore. Dans un petit village habité par environ cinquante bons patriotes qui avaient toujours résisté à l'oppression brigandine, on apprend que des frères d'armes viennent porter des secours aux patriotes et les venger de tous les maux qu'ils avaient soufferts; on leur prépare un banquet civique et fraternel. La colonne arrive, leur donne l'accolade, mange les vivres de ces malheureux, et aussitôt après le repas, ô barbarie inouïe ! ils les emmènent
dans un cimetière, et là on les poignarde les uns après les autres.
» Signé: Faurès, " Vice-président de la commission militaire à Fontenay. »
c( On ne sera plus étonné que des hommes qui se sont livrés à ces excès de barbarie aient porté des enfants au bout de leurs baiomietfes, et qic'ils en aient brûlé d'autres dans leurs berceaux ; qu'ils aient violé et ensuite égorgé des femmes sur les autels, et qu'avec la pointe de leurs sabres ils aient gravé ces actions infâmes sur la pierre teinte dti sang de leurs victimes.
» J'ai vu et lu une inscription de ce genre dans la chapelle du château de la Salle, près Machecoul. On n'a pas d'expression pour peindre toutes les horreurs que l'indiscipline, la licence et l'irréligion ont fait commettre dans ce temps de vertige et de fureur. »
(Extrait des Mémoires rclalifs à la Révolution française.)
ïjes ]?Ittesk«ci'er il« 8r|i< esta lire.
« Le 2 septembre ! — Quel jour !
» Qui réclame cette exécrable propriété ?
» Peut-on le demander ?
I) C'est sous les yeux d'une assemblée , d'un sénat national, composé de sept cent cinquante individus, que Ion égorge pendant trois jours...
M Sept cent cinquante hommes sont là ; ils s'intilulenL les dépositaires des lois; et, pendant trois jours, ils laissent en silence violer toutes /es lois sacrées de l'hurnu/iitr.
)) Sans doute, les massacres de la Glacière d'Avignon furent affreux , mais du moins ils se passèrent à cent cinquante lieues de l'Assemblée constituante...
I) Ici, quelle différence!... Les grands, les vrais coupables étaient dans le Corps législatif parmi les ministres^ au sein de la Commune surtout, qui dépécha des commissaires dans les départements pour y rf'péter ces scènes sanglant es l
» Permit-on quelque accès à la vérité et à la justice ? — On n'a pas oublié que le Comité ci>il de la section de l'I.'ni'é faillit être assassiné pour a oir voulu s opposer à l'égorgrment des premières rii limes et jmur avoir eu le courage d'en sawer quelques-unes (1).
» l'RUDIlOMMK,
I' .M<'iTil)ro (lo la ('.onvcntiou nationale. »
(1) iJic .ohiiatic des crimes dv la Rcvoludon. Vol. I".
Discoîirs de Bil/aud-Varenne , membre du Comité de
snfuf public ef de la Convcnlion nalionair, aux scpfem-
bn'seurs !
(' Le 2 spptonibrc 1793.
» Mes amis , mes bons amis , la Commune m'envoie » pour vous représenter que vous déshonorez cef/e belle » jovrnée. — On lui a dit que vous voliez ces coquins d'a- » ristocrates après en avoir fait justice.
» Laissez , laissez tous les bijoux , tout l'argent et tous » les effets qu'ils ont sur eux pour les frais du grand acte » de justice que vous exercez-. — On aura soin de vous )i payer ccinme on est convenu. — Soyez nobles, grands » et généreux comme la profession que vous remplissez ; » — que tout dans ce grand, jour soit digne du peuple ^1 dont la suureraineié vous est commise.))
Après de tels aveux , Est-il permis de douter?
Est-il permis de rester calme ?
Est-il permis de ne pas maudire ?
Mil.
lie :%^iveEI«'»ieast dï-s claii<«ei$.
On croit assez volontiers qu'à travers crimes et brigandages, c'était le nivellement des cUisfies que poursuivaient avec tant d'acharnement les exécrables tribuns révolutionnaires.
C'est une erreur à détruire.
Le nivellement des classes était le prétexte. Le but réel, c'était la depojmlatioii générale, la deslnidion Iminaine.
Oui! il existait ce plan horrible, incroyable, jusqu'alors inouï dans l'histoire. « 11 n'était pas chimérique, il était » visible ; les chrfs d'opinion ne voulaient régner que sur )» des déserts, et, à l'examen des lois, on reconnaîtra sans » peine qu'elles étaient prononcées contre la très-grande » majorité des habitants de la France.
» Par le dispositif vague de ces lois de sang , tous les » citoyens se trouvaient enveloppés dans la proscription. » Vertus, talents, renommée., estime publique^ rclat.^ » obscurité, rien ne mettait à l'abri de leur atteinte...
)) Encore quelques jours, et tous les citoyens, je dis tous, » eussent été les victimes de l'atroce délire de cette exé- » crable phalange de Nérons... Ils n'exceptaient j)as même » leurs delestaOlts agents, les juges de leurs tribunaux, » les exécuteurs de leurs assassinats, et ne voulaient souf- » frir sur la terre que l'élite des grands criminels !
» Et comment douter de ce dessein monstrueux, quand, » dans le nombre des guillotinés, un trouve deux mille
« frmmes ou /il/es, sans compter les milliers de ivalheit- » rcuses éfjor{/r'es noyées, fusillées, massacrées^mifrail- >■■ fées dans la Vendée, Lyon . . . , et un nombre considérable » qui ont péri par suite de grossesse, de maladies, ou au- » I rem eut (1)? »
1! est vrai de dire que la justice avait été bannie de la France, que Dieu était poursuivi jusque dans ses temples, que la vertu méprisée n'avait plus d'autre refuge que l'échafaud
0 Voltaire ! ô Rousseau 1 qu'avez-vous fait ?
(i) Extrait du Diclionnaire des crimes de lu Rccolaiion , par le conventionnel Prudhomme.
l>én«»iiil)reiiieiit des Tietinit'i».