FÉLIX ET MILLIER
Félix et Millier^ commissaii'es envoyés à Saumur pour surveiller les opérations des tribunaux révolutionnaires, écrivent au Comité de salut public :
« Saumur, 20 frimaire an II.
» Salut, fraternité, joie, santé, persévérance et célérité dans les mesures révolutionnaires. Ça ira !
» La poste part, et des brigands attendent notre jugement pour monter à la guillotine. En voilà quatre cents depuis quinze jours que nous y faisons monter.
» Signé : Félix et Millier. »
Cinq jours après, ils adressent au même Comité la note suivante :
« Les brigands nous manquent pour nos cérémonies ex- )) piatoires en l'honneur de l'égalité. Mais les environs de » Saumur et les villes voisines sont pleines de patriotes » iièdes, de cœurs af jadis dans le modérantisme, de coquins » qui sont riches et qui tremblent devant nos justices. — » Nous allons les faire cracher au bassinet de l'égalité. Au- » jourd'hui dîa^-sf^;^ viennent d'être condamnés. Ilsavaient n des fortunes scandaleuses et des vignes en plein rapport. » Nous déclarons cela propriété nationale. La modération » e.s^Mn crme. Pour frapper aussi vertement, nous n'avons
» j3as besoin d'ordre. — Nous vous connaissons, citoyens » représentants, et nous savons bien que nous n'interpré- » tons que faiblement vos pensées civiques. »