SCÈNE IX ANDRE, Madame LOGERAIS
MADAME LOGERAIS, après un sUcncc.
Tu ne penses plus à mademoiselle Clémence?
ANDRÉ
Plus du tout. Pourquoi me demandes-tu cela?
MADAME LOGERAIS
Réponds toujours.
Non, je ne pense plus à elle.
MADAME LOGERAIS
Si on te disait que tu peux l'épouser ?
ANDRÉ
Je refuserais. Je ne veux pas me marier avant d'avoir une situation.
MADAME LOGERAIS
Ce sont les idées de ton père.
ANDRÉ
Je reconnais maintenant qu'elles sont bonnes.
MADAME LOGERAIS
Cependant si tu apprenais qu'elle en épouse un autre, tu aurais du chagrin ?
ANDRÉ
Non.
MADAME LOGERAIS
Il en est question.
ANDRÉ, indifférent.
Ah!
MADAME LOGERAIS
Cela ne te fait rien ?
Rien.
MADAME LOGERAIS
Je vois bien que si. Tu n'as pas besoin de cacher tes sentiments devant moi.
ANDRÉ
Je ne puis pas te dire que j'ai de la peine, puisque je n'en ai point.
MADAME LOGERAIS
Tu manques de confiance en moi.
ANDRÉ, siairs élan.
Mais non, mère.
MADAJIE LOliERAIS
Tu ne m'as jamais fait de confidences. Regarde ton camarade Jacques. Tout petit, il a pris Fliabitude de considérer sa mère comme son meilleur ami : il lui dit tout.
ANDRÉ, .sY//;.s' reprorlii'.
Tout petit, j'étais à la pension. Après, j'étais au lycée. On avait trop peu de temps au parloir.
MADAME LOGERAIS
Les jours de sortie...
ANDRÉ
Nous n'étions pas seuls.
Tu ne m'aimes pas, André.
ANDRÉ, sincère, nidis sans élan.
Si, mère, je t'aime bien.
MADAME LOGERAIS
Alors, embrasse-moi.
ANDRÉ, de même.
De grand cœur. {Baiser froid qui 1rs laisse tristes tous deux. Madame Logerais sort par la droite. On sent quelle va pleurer en cachette. Entre M. Logerais.)
LA PETlït; AMIE