‹ La petite Cendrillon;Chapitre 9 sur 25 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

CENDRILLON, LA FÈE, sortant tout-a coup de la cheminée au moment ou Cendrillon tourne le dos.

LA FÉE

Me voilà, Cendrillon. Que me veux-tu ?

cendrillon, reculant de surprise.

Moi ? rien, madame, c'n'est pas vous que je demandais. ( A part. ) Oh ! la belle personne 1

la fée.

N'as-tu pas appelle Minette ?

C'est vrai, mais ce n'est pas vous. C'est la chaite.

LA FÉE

Eh bien ! c'est moi.

CEORILLON.

Madame veut rire ! . . .

LA FÉE-

Non, te dis- je, cette Minette, qui ce malin a tire' les marons du feu, qui a joué tant de tours à ton beau-père pour le punir de te méconnaître , cette Minette qu'il poursuivait l'épée à la main, à qui tu as sauvé la vie à l'aide de ce panier, celle Minette enûu que tu appelais à l'instant même, n'est autre que moi.

CENDRILtON. •

Par exemple , je vous aurais bien rencontré vingt fois sans vous reconnaître.

la fee; souriant Je le crois aisément.

Mais vous êtes donc sorcière ?

LA FÉE

Je suis fée.

Vous ?

LA FÉE

Et de plus ta maraine, et le trait d'humanité que tuas fait ce matin en ma faveur ; t'assure ma protection.

cendrillon, sautant de joie.

Ah! comme mes sœars vont enrager.

LA FEE

Tes sœurs ! . . . je leur réserve 7 au bal de ce soir , une leçon — .

Pas trop forte , n'est-ce pas ? car au fond 7 elles ne sont pas méchantes.

LA FÉE

Elle les défend ! excellent petit cœur. Mais je sais tout.

Air : Tout le long de la rivière.

L'autre soir , dans ton galetas , Ne te battirent-elles pas?

Api es t'avoir presque assommée , Ne t'ont-elles pas enfermée ?

CEÎIDRILLOS.

J'm'en souviens trop pour le nier ; \Mais comment, dans ce noir grenier, Avez-vous pu tout voir de c'te manière.

LA rÉE.

Je rodais le long de la gouttière. /

Si c'est vrai ?.. . C'est que plus je vous regarde, plus ça me paraît drôle 7 que c'te belle dame que je vois là soit...

m. de la canardière, appelle en-dedans. Cendrillon, Cendrillon 7 venez mettre le couvert.

C F N D G ILLON.

Le couvert ! . . . Ah ! mon dieu ! et le pot au feu qui n'y est plus ! . *.

LA FEE

Sa métamorphose est mon ouvrage, et la rose que tu vois;

est un talisman qui te donnera le pouvoir de te transformer loi-même à volonté.

CENDRILLOK.

De me tansfor. . . .

LA FEE

De changer 7 quand tu voudras, de figure et d'habits.

Et on ne me reconnaîtra pas?

LA FEE

Pas même ton père ? ni tes soeurs.

Ainsi quand je m'ennuyerai d'être femme > je pourrai devenir homme ?K

LA FÉE

Tu n'auras qu'à dire.

Et d'homme ? redevenir femme ?

LA FÉE

Tu n'auras qu'à parler.

Air : Lon lan la derirette. .

En villageoise badine ,

En jeune homme comme en vieux ,

En commère , en badine ,

Tu plairas à tous les yeux.

Tu seras , par ma baguette ,

Marquis , servante ou valet ,

Ou petit maître , ou coquette ,

Ou blondinette , ou Brunet.

( On appelle encore. ) Cendrillon ?

CENDB ILLON.

C'est le dîner qu'on demande , comment me tirer de là?

LA FÉE

D'un coup de baguette.

(Elle donne un coup de baguette sur la porte du fond, qui s'ouvre et laisse voir une table qui s'élève toute servie. )

Oh! que c'est commode une baguette comme ça. ( A la cantonade.} Mesdemoiselles, vous-êtes servies, {la porte du fond se referme. )

C E N D L ILLON.

Pardon , ma marainne , mais...

Àir : Courant de ta brune à la blondt.

l'faut que j'serve et desserve, Vous savez qu'c'est mon devoir, Mais aussi je me réserve Le plaisir de vous revoir.

Ah ! mon dieu ! que j'suis content* De trouver dans mon tourment , Un' chatte aussi bienfaisante.

Madame , en attendant Qu'j'ayons eu l'tems d'aller , v'nir,

D'obéir,

De courir,

De servir ,

D' desservir , v Je somm' ben votre servante»

( Elle sort par la porte du fond. )

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