‹ La petite fonctionnaire (volume 2)Chapitre 104 sur 115 · LUCIENNE · texte numérisé non relu

LUCIENNE

- Madame a besoin de

Oui, Louisette. J'ai besoin que vous portiez cette lettre immédiatement. Prenez une voiture.

Elle met la lettre sous enveloppe et écrit l'adresse.

LOUISETTE, à part, pendant que Lucienne écrit. — Elle est jolie... ça, c'esi vrai, mais enfin, elle est mieux habillée que moi. Je suis sûre que si j'étais aussi bien habiirée qu'elle...

LUCIENNE, lui tendant la lettre. — Voici, mon enfant.

LOUISETTE, regardant l'tnreloppe, virement. — M. Toury! Madame m'envoie chez M. Edmond?

LUCIENNE, étonnée. — INIais oui.

LOUISETTE. — Ah!

LUCIENNE. — Qu'est-ce que vous avez?

LOUISETTE. — Oh! rien, madame, rien .

LUCIENNE. — Au fait, je me rappelle...

C'est par M. Toury que vous avez été placée chez ma mère?

LOUISETTE. — Oui, mada.mc.

LuciEiNNE. — D'oii le connaissez-vous donc?

LOUISETTE. — Je le connais depuis long-temps.

LuciçNNE. — Il me semble, en olïct, qu'il m'a dit...

LOUISETTE. -- M. Edmond venait souvent chez une dame. Moi, j'étais la femme de chambre de cette dame.

LUCIENNE. — Ah!

Petites Folies

LouisETTE, à part. ■ — Je suie sûre que ça l'ennuie.

LUCIENNE, indifférente. — Quelle dame?

LOUISETTE. — Je n'ai jamais eu son vrai nom. M. Edmond l'appelait Kiki...

Tous ces messieurs l'appelaient aussi Kiki.

LUCIENNE, riant. — Kiki?

LOUISETTE. — Elle s'est retirée à la campagne.

LUCIENNE. — Et M. Touvy était...

LOUISETTE. — M. Edmond était c lai de tous ces messieurs qui venaij. le j us souvent chez madame...

LUCIENNE. — • Kiki.

LOUISETTE. — . Oui, madame l'adorait.

LUCIENNE.- — C'est drôle!

LOUISETTE. — Il est si aimable, si élégant!... si distingué... si... Ah!

Elle soupire en baissant les yeux.

la regarde.

Lucienne

LUCIENNE, souriant. — Bah ! Vous trouvez?... Tiens... tiens!...

LOUISETTE. — Madame ne m'en veut pas de ce que je lui dis? ,

LUCIENNE. - — Mais cela m'est bien égai, par exemple !

LOUISETTE. — Alors je vais porter la lettre?

LUCIENNE, réfléchissant. — - Non, rtndez-moi celle-là... Je vais vous en donner une autre. (/i7/e écrit de nouveau après avoir déchiré la première et en avoir jeté les morceaux dans la cheminée.) « ...Cher monsieur... Vous m'avez dit que vous cherchiez une femme de chambre. Je vous envoie M"® Louisette, en voiis la recommandant tout s{>c-cialcment. D'ailleurs, vous l'avez déjà rencontrée chez M*'"^ Kiki et elle paraît avoir gardé de vous le meilleur souvenir. » (.1 part.) Cette fois-ci, il comprendra. {Haut, à Loui^ settf.) Voici, mon enfant, la lettre qu'il faut porter. Je crois que vous serez contente.

L0UI8ETTE. — Moi, ma-damc?

LUCIENNK. — Et n'oubliez pas de prendre une voiture, c'est très pressé.

LOUISETTE. — Bien, madame. Faudrat-il rapporter la réponse?

LUCIENNE. — 11 n'y en aura pas.

Louisetttf; sort. — Lucienne reste seule un instant siins parler, puis se dirige verf la porto de droite.

- M. et

Entrent par la gauche Levorquin et Estelle^ -'

LOUISETTE, annonçant.

I^iî''' Leverquin.

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