PENSÉ DE MOI
MADAME LEBARDIN". - Le temps de quoi ?
LEBARDIN. ■ — De lui envoyer une dépêche. (.4 part.) Elle doit être encore là.
MADAME LEBARDIN. — Euvover unc dépêche à qui ?
LEBARDIN. — Mais à Blanchet, pardi !
A ce vieux Blanchet ' un garçon que je n'ai pas vu, je ne sais depuis combien de temps.
MADAME LEBARDIN. — C'est pour ça que ce n'est vraimeïit pas la peine d'envover une dépèche. Une lettre suffira parfaitement.
LEB.\RDIN. — Maii: non, mais non...
Une simple lettre! Je n'aurais pas l'air d'y mettre de l'empressement.
MADAME LEBARDiN. — Depuis dix ans que tu ne penses pas à lui...
uEBAJiDiN. — Raison de plus.
MADAME LEBARDiN. — C'est absuide !
D'abord aujourd'hui dimanche le télégraphe ferme à trois heures.
LEBAHDiN. — Ah ! ah 1 Tu crois encore que... Il ferme à brois heures et demie, le télégraphe... Demande à Pagenel, parfaitement, trois heures et demie, au lie a de trois heures : c'est joliment commode. Regarde un peu, j'aurais été obligé d'attendre jusqu'à demain. C'était du joli!
MADAME LEBARDIN, à Pagenel. — Il est fou.
LEBASDiN. — Qu'est-ce que Blanchet aurait pensé de moi? Je cours au bureau de poste.
MABAMK LEBARDIN. Oh!
LEBABDiM. — Je couxs au bureau de pœte! Troie heiixes vingt-deux... (A part.) Elle y sera encore.
n soit.