SCENE XVJII
Lbbb MêMEfl, LE VICOMTE, LE DOCTEUR, HERMANCE
HERMANCE, riant au vicomte. — Ah!
ah! ah! ne vous fâchez pas, voyons, ne vous fâchez pas.
LE VICOMTE. — Je ne suis pas conj^ent.
LE DOCTEUR. — Vous attachez ti-oj; d'importance, mon cher vicomte. C'est moins que rien, malheureusement...
LE VICOMTE. — Comment! j'entende un bruit de baisers dans un bosquet du jardin... Je m'approche et qu'est-ce que je vois?
HERMANCE. — Ne dirait-ou pas que vous avez vu des choses folles? Qu'est-ce que vous avez vu ? Dites-le devant tout le monde...
PAGENEL. — Dites-le donc, je vous en prie.
LE VICOMTE. — J'ai vu le docteur qui tenait la main de madame entre les siennes et qui l'embrassait.
PAGENEL. — Ce n'est que ça?
LE VICOMTE, à Htrmance. — C'est beaucoup trop. Moi, quand je veux vous embrasser la main, vous la retirez tout de suite. La situation est très désobligeante pour moi, je vous assure. Tout le monde dans le pays est convaincu que vous allez épouser monsieur.
LE DOCTEUR. — Mousicur, nous sommes donc fâchés?
LE VICOMTE. — Non, nous ne sommes pas fâchés pour ça. Tout le monde est convaincu que vous allez épouser ce cher docteur. D'un autre côté, moi, je vous ai demandé votre main, parce que je vous aime. Vous m'aviez donné l'espoir... Il faut nous décider à quelque chose.
LE DOCTEUR. — C'est justement ce que j'étais en train de dire à madame.
LE VICOMTE, en hii baisant la main. — Voyons, madame, répondez : avez-vous pris une résolution ?
HERMANCE. Oui.
LE VICOMTE. — Et laquelle?... Vous allez nous dire laquelle?
HERMANCE. — Je vais vous le dire !
LE VICOMTE. — Ecoutons.
HERMANCE. — Je ne sais pas encore, messieurs, si j'épouserai un de vous deux. Mais il y a une chose que je sais bien, c'est qu'il y a un de vous deux que je suis résolue d'ores et déjà à ne pas épouser.
LE VICOMTE. — Et qui donc?
HERMANCE, désignant le docteur en riant. — ■ Monsieur.
LE DOCTEUR. — Merci. (.4 part.) Moi, je ne tiens paa au mariage.
LE VICOMTE. — Pourtant àans le pays...