‹ La petite fonctionnaireChapitre 10 sur 130 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MADAME LEBARDIN

Vous voilà dans tous vos états, parce que votre mari vous quitte vingt-quatre heures.

MARGUERITE

Il va à Paris, et je sais ce qu'il va y faire, à Paris, tous les mois.

MADAME LEBARDIN

Quelle folie!

MARGUERITE

Et il choisit des prétextes d'un bête !

Il vous a dit qu'il faisait des démarches pour obtenir le Mérite agricole. C'est bien naturel, un grand propriétaire foncier...

MARGUERITE

Qui a cent mill^ francs de rentes. Quand on

a cent mille francs de rentes, on ne demande pas le Mérite agricole, on demande la Légion d'honneur. Je vous dis qu'il va à Paris faire la noce. Ce qui me console, c'est que ça ne durera pas, d'après ce que dit le docteur. 11 commence à être couvert de rhumatismes.

MADAME LEBARDIN

Votre mari?

MARGUERITE

Mon mari, avec sa mine réjpuie. Il a le dos et les reins très menacés... et l'articulation du genou...

MADAME LEBARDIN

Encore une ou deux articulations et nous le tenons. Vous avez tort de vous plaindre de votre mari, ma chère. C'est un homme délicieux, d'une bonne humeur continuelle.

MARGUERITE

La bonne humeur inséparable de la mau-

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