ACTE PREMIER
ce que je m'en moque de sa société aristocratique.
(Entre Lehardin, à droite.)
LEBARDIN, presque sans regarder Suzanne.
Vous désirez, Madame?
SUZANNE
Voici, Monsieur... Je suis la nouvelle receveuse des postes*
LEBARDIN, de mauvaise humeur.
On a changé la mère Broquet, ce n'est pas malheureux.
SUZANNE, à part.
Il n'est pas poli, ce vieux bonhomme-là.
LEBARDIN
J'espère que ça ira mieux avec vous, parce qu'avec elle, ça devenait intolérable, (il s'est approché de Suzanne, et la regarde [bien en face au
moment où il prononce le mot intolérable. Il reprend machinalement.) Intolé... (Changeant de ton et très
aimablement.) Donnez-vous la peine de vous asseoir.
SUZANNE
Merci.
LEBARDIN, subitement intéressé.
Je vous en prie, je vous en prie, donnezvous la peine... (A part.) Louisette ! Tout à fait Louisette! en beaucoup mieux. (Haut.) Êtesvous bien assise, au moins, êtes- vous bien assise?
SUZANNE
Parfaitement. Voici ce qui m'amène...
LEBARDIN
Je vous écoute... Désirez-vous prendre quelque chose?
SUZANNE
Vous êtes trop aimable.