‹ La petite fonctionnaireChapitre 6 sur 130 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

• PAGENEL

Oui... oui...

LEBARDIN

Un jour, en passant devant le magasin, tu étais avec moi... je l'aperçois à travers la vitre. Je m'arrête brusquement. Elle me regarde, elle sourit. En trois secondes, tu entends, pas une de plus, en trois secondes j'étais pris! Elle me tenait, elle pouvait faire de moi ce qu'elle voulait!

PAGENEL

Le classique coup de foudre... Tu étais pour blondes à cette époque... pour blondes avec l'air candide et virginal.

* LEBARDIN

Le soir même, nous l'attendions à la sortie, — c'est toi qui me fais raconter cette histoirelà, c'est idiot, — je l'invite à dîner.

PAGENEL

Elle accepte immédiatement.

LEBARD1N

Après dîner, tu nous laisses seuls... Je la reconduis jusque cbez elle; seulement à la porte, elle me dit : « Je ne peux pas ce soir; ce soir, mon amant est là. » Et elle n'a voulu ni ce soir là, ni le lendemain, ni les jours suivants! A chaque instant, nous dînions ensemble, mais ça n'allait jamais plus loin.

Elle changeait d'amant tous les quinze jours; elle prenait n'importe qui; moi, jamais, jamais, jamais! J'avais beau lui dire : « Mais, nom d'un chien, puisque vous changez d'amant tout le temps, pourquoi pas moi autant qu'un autre? » Elle me répondait :

« Vous, je yous aime bien, on est bons camarades, mais le reste, je ne le pourrais pas. » Ça a duré dix-huit, mois, mon ami, dix-huit mois, et ça a beau être fini depuis vingt ans; j'ai beau être sûr que Louisette est àujour-

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