ACTE DEUXIEME
peux pas rester dans cet état-là, je deviendrais enragé. Au moins, comme ça, je saurai. Je saurai même tout de suite... (il écrit, puis s'arrêtant.) Elle va me flanquer à la porte... évidemment. (Se remettant à écrire.) « Mademoiselle Suzanne Borel, Pressigny, Poste restante : s Amour ardent pour vous. Ferez de moi ce que vous voudrez. Vous offre situation à Paris, * bijoux, appartement délicieux. Avenir assuré. Répondez immédiatement, vous en supplie... »
(Parlé.) Je crois que ce n'est pas la peine de signer... (il relit le télégramme.) Oui, c'est très bien.... Maintenant, faut-il lejeter.au panier? Faut-il le Jui remettre ?... Tant pis! il faut..., (S'avançant au guichet.) Mademoiselle?...
SUZANNE -
Monsieur?
LEBARDIN Un télégramme. (Il hésite à le lui donner.) *
SUZANNE
Donnez. * ■
LEBARDIN, timidement.
C'est un télégramme.
SUZANNE
Mais je le vois bien. . . (Elle tire le papier de l'autre côté du guichet, tt se met à compter les mots ayec une plume, comme on fait dans les bureaux de poste: six, sept.) Mais. . . (Elle a compté machinalement et sans lire. — Peu à peu, elle déchiffre. — Puis elle recommence et lit
à mi-voix.) Ah ! ça... mais... Mademoiselle Suzanne Borel... mais c'est moi! Poste restante... Comment! il m'envoie?... Oh!
LE0ARDIN, de l'autre côté.
Qu'est-ce qu'elle va faire, mon Dieu, qu'estce qu'elle va faire?
Oh! oh! oh!
LEBARDIN, balbutiant, au guichet.
Mademoiselle...