‹ La petite fonctionnaire; comédie en trois actesChapitre 102 sur 136 · SCÈNE II LEBARDIN, PAGENEL · texte numérisé non relu

SCÈNE II LEBARDIN, PAGENEL

PAGENËL

Quand rentres-tu à Pressigny?

LEBARDIN

Demain, après déjeuner.

PAGENEL

Tu es arrivé hier soir, 'par le train de onze heures ?

LEBARDIN

Oui.

Et ta femme? Qu'est-ce que tu as raconté à ta femme ?

LEBARDIN

Ça, c'est le point noir. J'ai dit que Blanchet mariait une de ses nièces et qu'il me suppliait d'être témoin. J'ai même emporté mon habit pour donner plus de vraisemblance.

PAGENEL

Et ça a pris?

LEBARDIN

Ça a eu l'air de prendre. Ma femme m'a dit : « Ce bon Blanchet, tu l'embrasseras pour moi. »

PAGENEL

Et c'est tout?

C'est tout.

LEBARDIN

PAGENEL

Tu aurais dû y passer à tout hasard, chez Blanchet, pour le prévonir.

C'est ce que j'ai fait, mais il n'y était pas. 11 a justement quitté Paris hier soir.

PAGENEL

Tout ça va très bien.

LEBARDIN'

Espérons-le, mon ami, espérons-le.

PAGENEL

Alors, tu es ici depuis vingt-quatre heures. . . Heureux homme ! Heureux homme ! Elle est charmante, tu sais; c'est une maîtresse délicieuse. Je le fais mes compliments bien sincères.

LEBARDIN

Oh ! ne va pas croire des choses...

PAGENEL

Pas de fausse modestie ! D'autant plus que

je peux te le dire maintenant, jene le croyais pas.

LEBARDI.X

Qu'est-ce que tu ne croyais pas?

PAGENEL

Que tu réussirais. Quand tu m'as demandé d'aller te louer un appartement à Paris, de le meubler, j'étais convaincu que tu le faisais des illusions. Tu l'as enfin, ta Louisette, cette fois-ci !

LEBARDIN

Il est inutile de rappeler... de rappeler... Quelle manie tu as !

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