‹ La petite fonctionnaire; comédie en trois actesChapitre 106 sur 136 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

SUZANNE

Quel premier?

DELPHINE

A'^ous ne voulez pas encore me le dire... Nous ne nous connaissons pas assez pour que vous me fassiez vos confidences. Ça viendra... Moi, mon premier a été un élève de l'Ecole des Beaux-Arts... Je donnais des leçons de piano à cette époque-là... Car j'ai reçu de l'instruction, et je ne le regrette pas. Quoique devienne une femme, plus tard, il vaut mieux qu'elle ait reçu de l'instruction, ça ne peut pas nuire. Cet élève des Beaux- Arts, figurez-vous, il a failli m'épouser ! Au dernier moment, il en a épousé une ''autre, je ne me rappelle plus pourquoi... Aujourd'hui, je serais la femme d'un architecte, il s'en est fallu de ça, tenez... Vous avez dû le remarquer, nous autres femmes, c'est toujours une machine de rien du tout qui décide de notre vie. En un quart d'heure, on

va d'un côté ou de l'autre, et puis c'est fini. Il faut en prendre son parti. Je suis très heureuse d'avoir fait votre connaissance. Et vous ?

SUZANNE

Moi aussi, je vous trouve très gentille.

(Reviennent Pagenel et Lebardia.) PAGENEL, chapeau à la main, pardessus, canne.

Vous y êtes, ma chère amie?

DELPHINE

Me voici, (a Suzanne. i A toiit à l'heure, ma chère.

PAOENEL, à Suzanne.

A tout à l'heure, Mademoiselle, puisque vous avez la bonté de nous attendre.

DELPHINE

Bonsoir, mon petit Jicbardin,

(Sortent Pagenel et Delphine.)

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