ACTE PREMIER
je ne vous dis que ça, ma chère 1 il n'y a pas une jeune fille dans tout Pressigny habillée comme ça... C'est inouï... elle a emménagé hier matin; elle s'est installée dans l'appartement de Madame Broquet, et je vais vous dire une chose admirable!... elle a un piano, ma chère. Une receveuse des postes qui a un piano ! Il paraît aussi qu'elle dessine et qu'elle connaît tous les arts d'agrémenls. Je l'ai rencontrée dans la grand'rue, elle a l'air d'une petite effrontée; elle m'a regardée comme si elle n'avait fait que ça tout'^ sa vie ! Ah ! nous vivons à une drôle d'époque. Eh bien ! qu'est ce que vous dites de tout ça?
MADAME LEBARDIN
Ça ne me paraît pas bien extraordinaire. Pourvu qu'elle fasse son service.
MADAME HERBELIN
Je crois qu'elle fera tout ce qu'on voudra, si vous voulez mon opinion.
MADAME LEBARDIM
Oh!
MADAME HERBELIN
Rappelez-Yous ce que je vous dis... Le docteur et Hermance ne sont pas encore arrivés?
MADAME LEBARDIN
Pas encore, je les attends.
MADAME HERBELIN
Ils ne tarderont pas... C'est lui qui épouse, décidément?
MADAME LEIîARDIN
Croyez-vous?
MADAME HERBELIN
Flermance aimerait peut-être mieu.\ èlre vicumlesse. Mais je crois que ça ne s'arrauf^e