ACTE PREMIER
LEBARDIN
Vous n'avez besoin de rien?... Du sirop de groseilles ou une petite orangeade... plutôt... une petite orangeade...
SUZANNE
Mille fois trop bon... (A part.) Je m'étais trompée, il est très poli!
LEBARDIN
Alors, je vous écoute.
J'allais vous dire, Monsieur, que plusieurs notables habitants de Pressigny, et vous entre autres, — vous êtes bien Monsieur Lebardin?
LEBARDIN
Oui, Madame.
SUZANNE, rectifiant.
Mademoiselle.
oO LA PETITE FONCTIONNAIRE
LEBARDIN
Mille pardons... je suis slupide do n'avoir pas deviné.
(Il ne cesse de la regarder pendant tout le temps qu'elle parle et de la dévorer des yeux.)
SUZANNE
Ça ne fait rien... Vous avez adressé à Monsieur rinspecleur général une réclamation au sujet de ^Madame Broquel, la receveuse des postes qui était ici avant moi.
LKliAliUlN
En eilet, je m'y suis décidé... à la longue. Madame Broquet ne faisait pas son service..." J'ajouterai qu'elle devenait insupportable..., tandis que vous... j
si/.anm:
Hui. Eli i)ien ! colle réclamation signée de vous ol (Ir plusieurs de ces Messieurs est d»
naturo à lui faire le plus grand tort. Et je viens vous prier de la retirer, en vous promettant à l'avenir plus de régularité dans le service et, j'ose le dire, plus de complaisance.
LEBARDIN
Mais je crois bien que je vais la retirer. Mais tout ce que vous voudrez !
SUZANNE
Je n'attendais pas moins de vous en venant
LEBARDIN
Tout ce qui vous fera plaisir, tout ce qui... (A part. Mais qu'est-ce qui me prend, moi?
SUZANNE
J'ai l'intention d'établir à Pressigny un certain nombre de réformes qui obtiendront, j'espè're, l'approbation générale.
LEBARDIN, sous le charme.
Oui... oui...
Par exemple, je...
LEBARDIN
C'est une bonne idée... voilà une bonne idée.
SUZANNE, souriant.
Mais vous ne savez pas encore.
LEBARDIN
Je devine, je devine. (A part.) Ce qui m'arrivc est extraordinaire.
SUZANNE
Dorénavant, le dimanche, à Pressigny, on pourra expédier des télégrammes jus(ju'à trois heures et demie au lieu de trois heures.