ACTE PREMIER
Ile-là. tu t'imagines qu'elles se ressemblent, ais elles ne se ressemblent pas du tout, ademoiselle Borel est cent fois mieux.
LEBARDIN
Je l'adore, mon ami, je l'adore !
PAGENEL
Voilà une histoire. Mais depuis quand ?
LEBARDIN
Depuis un quart d'heure. Quand je l'ai perçue j'ai senti un coup là, au creux de estomac.
PAGENEL
Oui... Ça devrait prendre au cœur et ça rend au creux de l'estomac.
Et depuis qu'elle est partie, j'ai là devant ?s yeux comme un brouillard oii j'aperçois
76 LA PETITE FOAXTIONNAIRE
un peu encore sa figure, sa taille, les petits gestes délicats qu'elle fait... et j'ai dans l'oreille, le son de sa voix, qu'elle m'a laissé en s'en allant. Enfin, moi, Lebardin dont le nom dans tout le pays est synonyme de chasteté et de fidélité, je suis amoureux comme un fou de cette petite femme blonde !
PAGENEL
Ce serait grave, si c'était vrai. Ileureusement, ce n'est pas vrai...
LEBARDIN
Je ne suis pas amoureux?
PAGENEL
JNon... Tu as simplement envie... Je vais te dire, moi, de quoi tu as envie... Tu as envie de faire une bonne débauche... Voilà...
Li;ilARDIN
Oiiellc horreur!