ACTE DEUXIEME
LE FACTEUR
N'ayez pas peur, Mademoiselle... mais on se donne du mal... autrefois il n'y avait qu'une distribution à Pressigny; maintenant, il yen a deux.
Grâce à moi... Il était absurde que dans un bourg de deux mille habitants il n'y eût qu'une distribution par jour. D'ailleurs, tout le monde réclamait cette réforme, j'espère qu'elle a été bien accueillie.
LE FACTEUR
Ohl vous savez, bien par les uns, mal par les autres.
SUZANNE
Comment, il y a des gens qui ne sont pas contents ?
LE FACTEUR
Il y a des gens qui ne sont jamais contents;
ils réclament des réformes, et puis quand ils les ont obtenues, ça ies embête, ça change leurs habitudes. Par exemple, avant, ou recevait les journaux de Paris le lendemain matin, on les lisait à déjeuner; aujourd'hui, on les reçoit à cinq heures de l'après-midi...
SUZANNE
On les lit au dîner...
LE FACTEUR
Oui, mais ça dérange les habitudes et ça fait des mécontents. 11 y a des messieurs qui n'aiment pas ù avoir les nouvelles trop lot.
lURI, lout en transcrivant le télégramme.
Quelle boîte, ce pays!...
LE FACTEUR, désignant la i abine ttléphonique.
C'est comme pour le téléphone...