‹ La petite insuffisance thyroïdienne et son traitementChapitre 18 sur 61 · ENTÉRITE M UCO-M E M BR AN EUSE · texte numérisé non relu

ENTÉRITE M UCO-M E M BR AN EUSE

Aux troubles thyroïdiens de l’intestin, on peut rattacher un certain nombre des cas d’entérite muco-membraneuse.

Déjà M. Trémolières s’était efforcé de démontrer que, dans l’entérite muco-membraneuse, la réaction de l’intestin aux diverses causes provocatrices est préparée, dans certains faits, par une insuffisance thyroïdienne, comme le prouvent l’expérimentation, la thérapeutique, l’observation des malades qu’il range dans la catégorie de l’hypothyroïdie bénigne chronique.

Conformément à l’opinion de M. Trémolières, nous avons rapporté, dans nos premières Études, un cas d’entérite muco-membraneuse, durant depuis plus de 5 ans, et dans lequel le traitement thyroïdien a fait disparaître les membranes intestinales.

Le cas de constipation signalé plus haut concerne, en même temps, un cas d’entérite mucomembraneuse, qui avait même pu être pris, à un moment donné, pour de l’occlusion intestinale. Or le traitement thyroïdien, qui a agi sur la constipation, a fait disparaître les crises d’entérite remontant à l’âge de 2 ans 1/2 et se renouvelant tous les six mois, peut-être rien qu’en agissant sur la constipation.

Dans une autre observation de l’hospice d’Jvry, il s’agit d’une malade de 57 ans, rhumatisante chronique, présentant des poussées d’hydarthrose périodique, avec un goitre hyperplasique. Cette malade, toutes les six semaines environ, présentait

une poussée d’entérite muco-membraneuse ; quelquefois les crises se répétaient 2 à 5 fois par mois. Elle rendait alors des glaires et des peaux et avait 4 à 5 évacuations par jour. En outre, elle ressentait une douleur du côté gauche, presque permanente, et des brûlures au niveau de l’intestin. En dehors des crises, elle a quelquefois deux garde-robes par jour ; une émotion lui dérange le corps et détermine l’expulsion de glaires. Sous l’influence du traitement thyroïdien, commencé le 17 septembre 1909, les douleurs se calmèrent peu à peu, les crises d’entérite s'espacèrent et devinrent moins vives. Elle est restée d'octobre à décembre 1909 sans crises, puis du 28 février au mois d’août 1910, puis du mois de novembre 1910 au mois de juin 1911, sans crises. En somme, il s’est produit, chez elle, une amélioration très grande de l’entérite en même temps que du rhumatisme.

Il est utile de bien mettre en relief que, si on envisage le côté thyroïdien chez ces malades, on ne peut les considérer uniquement comme des insuffisants thyroïdiens. L’entérite muco-membraneuse ne fait pas partie du myxœdème, mais existe dans la maladie de Basedovx (Bernard). Les trois sujets, chez qui nous avons rapporté la transformation de l’entérite par le traitement thyroïdien, doivent se ranger dans la catégorie de l’instabilité thyroïdienne. Et si les divers cas comportent de la constipation — phénomène hypothyroïdien — les paroxysmes d’hypersécrétion et d’hyperesthésie se rattachent à l’hyperthyroïdie. Le traitement agit à la fois contre la constipation et la réaction d’hyperthyroïdie intestinale.

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