‹ La petite insuffisance thyroïdienne et son traitementChapitre 61 sur 61 · PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

doute les diverses glandes endocrines en rapport avec la thyroïde.

En résumé, l’action thyroïdienne règle les échanges nutritifs, s’exerce sur le système nerveux. L’insuffisance de la thyroïde se manifeste d’une façon plus spéciale par les troubles des fonctions thermogène, orégogène, trichogène, calcifiante, antixénique, phylactique, etc.

On peut envisager le rôle de la thyroïde d’une façon plus générale, et attribuer ces diverses fonctions, soit à la présence dans l’organisme d’une substance utile au fonctionnement du système nerveux, que la glande déverserait dans le sang, d’après Schiff (fonction eupragique), soit à une action anti-toxique qui s’exercerait surtout sur les substances toxiques d’origine intestinale (Blum). L’accord n’est point encore établi entre ces deux doctrines, qui ne sont peut-être pas contradictoires, car il est permis de supposer que la sécrétion eupragique facilite la neutralisation dans l’organisme des substances toxiques.

Les actions du corps thyroïde sont-elles chimiques? fonction d’iode, de phosphore, d’arsenic, de soufre, substances que la glande contient. On ne peut faire que des hypothèses à ce sujet. L’avenir permettra, peut-être, de mettre en rapport avec les troubles de l’insuffisance thyroïdienne des variations chimiques de l’organe. Ces actions dépendentelles des lipoïdes que M. Iscovesco a séparées dans la thyroïde comme dans l’ovaire? C’est là un nouveau chapitre à peine entrouvert.

Insistons, pour terminer, sur la complexité des actes biologiques, d’où il découle que l’étude d’un organe isolé est toujours artificielle et ne peut mettre en évidence que des dominantes.

Déjà nous avons montré l’association des actions endocritiques dans le problème de la trichogénèse.

Pour ce qui est des échanges azotés, on ne saurait méconnaître les rapports réciproques du foie et du corps thyroïde.

Dans les troubles vaso-moteurs, la glande surrénale, dont l’action sur la pression artérielle est bien établie, joue un rôle indéniable. A ce propos, rappelons que d’une façon plus générale, pour Sajous (de Philadelphie), l’activité thyroïdienne s’exercerait par l’intermédiaire de la glande surrénale, elle-même actionnée par l’hypophyse; et c’est la surrénale, dont la sécrétion serait, pour Sajous, le principe actif de l’hémoglobine, qui finalement interviendrait dans les oxydations.

C’est l’action synergique ou antagoniste de la glande thyroïde et des autres glandes à sécrétion interne, c’est la notion de l’instabilité thyroïdienne qui permettent de préciser les divers cas complexes s’offrant à l’observation journalière. L’insuffisance thyroïdienne conserve, dans ces complexus, une place de première importance, que confirment les résultats de la thyroïdothérapie. Telle est la justification de ce petit volume.

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