‹ La Petite lanterneChapitre 44 sur 50 · PA H · texte numérisé non relu

PA H

UN CHIFFONNIER GRINCHEUX

Tût ou tard, d! ici-bas il faut que l'on décampe,

Et F immortel Viennet vient de lâcher la rampe. (1)

Ceux qui des éditeurs visitent les greniers Disent qu’il perpétra VEpitre aux chiffonniers.

(1) Expression très-distinguée Dont on se sert en haut lieu Pour dire d'une façon gaie (a) Qu’on vient d’éteindre son feu.

(n) Ma rime ici je le confesse,

Est aussi pauvre qu’un boursier, Mais peut-ou exiger richesse De la rime d’un chiffonnier?

Cela sufüt, monsieur. Je suis grincheux, mais juste. Sans pâlir, je m'étends sur le lit de 1 mtxm «,

Et de la prosodie, en subissant la loi, (/)

Je lâche ici des vers*!. A. toi, Viénnet ! a Uni (3 Et que demain ton ombre, à présent immmortelle, Se dise : — Je lui dois une fiere Chandelle.

Tout poëte, fût-il doublé d’un gazetier Qui fait profession de savoir son métier.

Avant de commencer à chatouiller les Muscs, Doit invoquer Phœbus.

Agréer mes excusas 1

Mais, comme il est minuit, je pense qu’ApoUon Dort fort tranquillement en haut de IHelicon.

Uno bonne dépêche au voisin télégraphe Va simplifier tout. “Voici mon autographe :

(2) Ce vers est par trop classique, Mais rappelle le poétique Du celui

Pour lequel je versifie, Je rima par galanterie

Comme, lui-

U faudrait que l’on fût béte comme un zéro Pour ne pas sous-entendre ici : ce numéro.

« Apollon , dieu. Sur Pinde ou bien sur Hélico ru Moi bien embarrassé; farte inspiration Nécessaire ce soir; pièce de vers soignée; Envoyer feu sacré* La réponse est payée. » (4)

Attendons maintenant; préparons nos pipeaux",

Et causons des canards qu’on lit dans les journaux. Un ministre, ô Yiennet! vient de dire des choses Qui feront tressaillir la terre ou tu reposes.

D'une voix déchirante, ü nous a reproché De préférer Orphée aux Enfers, VŒU poché (5)

Et la Grande -Duchesse > enfin rûffénbachisme,

Qu’il a traité tout bas d’absurde paroxysme.

De préférer ça, dis -je, aux tragiques labeurs*

(4) Le ; faire suivre en , cas- d' absence Par moi vient d’étre oublié*

Bail! comptons sur F intelligence De remployé è guô*

L’écho répond : quelle imprudence l ô gué*

(A mettre en musique.) (ô) Rassurez- vous, M. Hervé,

Nous savons que c’est VOEîl qu'Htifoé :

D’un geste, il nous a fait voir Melpomène en pleurs Puis il s*e&t ceriô :

La tragùdio est mortel

O Vient! et !... Mais, pardon! quelqu’un heurte à^xn»

C’est l’agent parfumé de l’électricité,

, Merci, voilà cinq sous. ^

Avec rapidité

Il faut lire et savoir comment Apollon jase.

« Phœbus, parti pour Bade; on réveille Pégase. » Quel contre-temps maudit! Mais je sms aux abois Sans hésiter lançons dans le pays badois Un nouveau télégramme et devers le 1 amasse, Faisons vite savoir ce qui nous embarassc Aux neuf pucelles qui... aux muses en un mot.

Oblig f derechef à croquer le marmot En attendant réponse, on peut, pour se distraire. Raconter un bon mot commis la nuit dermere Ou bien avant. D’ailleurs, ou l’a fort rajeuni Puisqu’il court sous le seing de Blanche d’Antignj

Notre cbar mante étoile, arrivant dans Le monde (6), Fit une révérence, et, jetant à la ronde Un regard plein de calme, avisa dans un coin Une petite place et prit le plus grand soin {7}

De ne froisser personne en mettant son séant Sur le velours. Quelqu'un (8) trouva fort malséant Qu’une actrice osât bien s’asseoir à côté d’elle,

Et retira, prenant des façons de pucelle,

Sa robe, ITAntlgny lui dit alors tout bas:

Veuillez vous rassurer, ça ne s'attrape pas.

Viennet,mon bon Vien net, nous n'avons pas de chance Q’ost une vraie horreur! une pure indécence.

Apollon n’est, hélas I qu!un pignouf dépravé,

Voici ce qu’on m’écrit ! Phœbus est décavé On lui râtissa tout sur trois impair et^ manque.

Il allait emprunter doux cents francs à la banque.

fG) Dans le monde? me dit tout bas un escogriffe , Mon cher, Thistoire est apocryphe.

(Il II manque ici deui vers, de rime féminine,

Les voilé, chers lecteurs, faites meilleure mine. ^ (S) Ce quelqu'un 1 faut-il donc tant de points sur les i Est de ce se*e à qui nous devons Lasseny.

Quant aux muses, parbleu! c’est mille fois plus fort, Lisez cette dépêche et déplorez mon jsorL

Les choses sont au pis* pas une muse libre, Glio raccommodait, la poétique libre De Catulle Mendez, Melpomène à Duruy Ecrit un mot qu’il doit recevoir aujourd'hui Erato prend son thé; Thalle est de cuisine, GallÈope a répondu: Ge monsieur me bassine, Uranie a dit: Zut! Euterpe a découché, Polymnie est navrée et son cœur est touché De ton destin, mais un coryza la titille On dit que Terpsychore est allée à Habille*,*

Posl scriptum* Cependant Pégase est tout sellé.

Apollon est un drôle, et Pégase un pelé,

Les muses! pouah I pourtant, puisqu'il je veux faire Des vers, je vais aller chez mon apothicaire Le prier de prêter sa muse pour ce soir.

Me voici de retour, Vïennet, vous allez voir!

La muse (9) sur mon front posa son doigt de rose Gomme dans la gravure et dicta cette chose,

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