PI
l'at cui kilc
La iroape amomanie se vuiuposaii u uu ciuquicmc personnage qui paraissait avoir une soixaDtaioe d'années. U ne portait pas un maillot comme ses compagnons; mais il avait près de lui, sur une toile senaol d'enveloppe, un assortiment de vestes, de gilets et de coiffures bizarres, depuis la calotte mauresque coumle de broderies d'or jusqu'à la perruque das Iroquois. r.'i^tait un Jocrisse, un Paillasse dont tout le travail
l faire rire le public, à l'amuser, àlereteolr
} instants de repos de ses camarades, et aussi
er le nombre des spectateurs en forçantpar
t ses grimaces les passants à '''—*•'•"
e vieillard n'était pas le mo
le en l'art de se grimer, en i
stume, de physionomie, de
u personnage. Il parlait l'a
et même uo peu le grec by
lit à se tordre ; on se bouse
lieui voir ses grimaces, et q
lête, les gros et les petits so
ilte mauresque.
i chaque exercice de force o
nés et messieurs, disait-il, le faire le tour de l'aimable s ous pourrez ; excepté les co
coups de b&ton, nous acceptons tout, d jusqu'à la pièce de vingt francs. Fouillez < Le travail que nous faisons devant vous ( pain. Il faut que nous mangiousl pasvr; nous, messieurs et dames. Vous allez vo fort en plus fort. »
Après une des bonnes facéties du Pailli de ses discours aux spectateurs assaisouc les gamins criaient : .
— C'est le père Caméléon I Bravo, père
Disons qu'il y avait le, formant le cen cents personnes.
Au nombre de ces spectateurs, mis en par la verve étonnante et intarissable du se trouvait M. Florentin Broussel. Que
Il passait ; il entendit un amusant Paillasse et s'arrêta : il vit l'bomme autres, il s'approcba pour écouter ses Ati
Ce que ce vieillard disait, non sans diction de comédien, son langage correc' cbaogements de figure, les quatre ou ci parlait assez bleu pour qu'on le comprl ressait M, Broussel et piquait sa curiosité
Sans savoir pourquoi, ce pauvre diable qui se faisait laid à plaisir pour amuser inspirait une profonde pitié et faisait sympathie.
D'ailleurs, ce misérable saltimbanq] quelque chose qui prévenait en sa fave On n'aurait pu le dire au juste. C'était dignité, d'humilité, de souffrance conte et de bonté. Enfin il suffisait de le voir s'écrier :
ance terminée, il était encore là. 11 vit Van , le cbef de la petite tronpe, sans donle, recette, puis mettre une poignée de sons 1 du vieillard.
rait endoBsé un vieux paletot, s'était coiSk a de paille jaunie et, après les avoir pHés ait serré ses divers costumes dans leur en-
H sa monnaie de cuivre, il mit le paquet s et s'éloigna rapidement dans la direclion tre, suivi pendant quelques instants par I de gamins, qui lui criaient :
, père Caméléon, à revoir, père Caméléon !
Lin Broussel avait, lui aussi, marché sot rieux saltimbanque. Il le rejoignit et l'aciteur du boulevard de Magenta, ave homme, lui dit-il, vous allez d'un bon s donc si pressé?
1 se retourna brusquement, arrêta son reinterlocuteur et sourit, isme reconnaissez?
insieur : vous étiez là-bas itaismes bêtises, ave, vous parlez avec t tes, intéressantes et par ;s.
t le bonhomme, ai écouté avec grand plai ■é, monsieur, d'avoir sa
UN DBAUE DE PAMILLE
— Chez moi,
— Vous demeurez par ici 7
— A Montmartre.
— Est-ce que vous êtes à l'heure pour
— Pas précisément ; mais pour tout l du diner approche. J'ai le ventre creux vers lasoupe.
— Je comprends, Ëh bien, j'ai une vous faire...
— Ah!
— Vous m'avez amuse tout à l'heure gardant, en vous écoutant, j'ai senti pour vous, un vifintérfit que je ne cherc m'espliquer, quant à présent.
— Vous voulez rire, monsieur. EstvouB vous intéressiez à un pauvre vieui
— 11 faut bien que cela soit, puisque etquejevous parle.
— Soit, monsieur, je vous ai inspiré i térôt.
— Et je désire avoir une conversations
— Je comprends : vous supposez que fie contient des événements curieux, et ' eonnattre, répliqua le bonhomme en soui
— Cela, je l'avoue, est dans mon pro eroyez-le, je ne suis point poussé par ue gaire. Si je veux vous connaître, c'est ( la volonté de vous fttre utile, de faire pour vous, et que j'ai, en même temps, 1' pourrez me servir.
Le vieillard regarda M. Broussel avec i fiance.
Celui-ci devina la pensée du vieux d'ajouter :
diner aTec moi, dans ud de ces restaurants
à; là, nous pourrons causer,
Dpossible, monsieur.
loiî
) m'attend.
us avez une fille?
onsieur, une Bile que j'adore : ella est tout
I ne vis que pour elle. Si je ne rentrais pas à
serait inquiète et ne mangerait pas. Allez, je |
ma Bile I I
lourriez la faire prévenir. j
d secoua la tfite. i
ai pas vue do la journée, répondit-i), et puis j
is guère que le moment du repas du soiri
isemble. Voyez-vous, monsieur, vous m'offri-|
i le plus magnifique quo j
;houi et au lard que ma Bile
ave homme, je serais désoK
joies ; allez dooc diner avei ips, je dînerai moi-mème
et ensuite, à huit heures le voulez bien, j'irai vous tr<
pourrait, monsieur; mais <
moi, et nous serions prot
présence de voire fille?
res, M. Florentin Broussel et le vieus se retrouvaient au lieu du rendez-vous, lous ne pouvons pas causer en plein air, passants, dit M. Broussel, et que d'autre I pas vous éloigaer de votre doïniclle, trer là.
lit le restaurant à l'angle de la place, il vous plaira, monsieur, répondit le
t dans le restaurant et M. Broussel se fit s d'un salon réservé afin qu'ils pussent re dérangés par personne, -je vous offrir? demanda M. Broussel; du irs?
e soir, en mangeant, ma chopine de vin, s liqueurs je n'en pren café?
ris ce soir parce que < imanches et jours de f o petit estra. Néanm re volontiers une demi
i04 LA PETITE MIONNB
que je me grime et qne mes casaques sont de plasiean couleurs qn'oD me l'adonné. Je me nomme Mourillon. Ambroise MonrlUon.
— Votre fille travaille, saos doute, carvousnepouniei vivre avec le peu que vous gagnez ?
HourilloD ent nn doux sourire.
— Certainement, monsieur, répondit-ii, ma fille travaille, et autant qu'elle peut-, la chère petite ; mais ce qne fait ma Mîonne n'amène rien dans notre bourse toujours légère.
— Vous avez dit Hionne; c'est le nom de votre filJe?
— C'est moi qui l'appelle ainsi. Elle se nomme Herminie; mais je trouve que c'est long ft dire, voilà pourquoi je l'appelle Mionne.
— Ce nom est doux, d'ailleurs, et charmant. Vou° disiez donc que votre QUe ne gagne rien.
— Oh! si elle ne gagne pas déjà quelque chose, c'est ma faute et non la sienne. Elle est vaillante, courageuse et dévouée; elle voudrait bien pouvoir me soulager, car elle souffre, ma Mionne, quand il y a de la gène cbez nous et qu'elle s'aperçoit que je me prive pour qu'elle — .JB jg rign
pas encore voulu lui faire apprendre un métier! bien, cependant, que je me décide; la mort prendre, et que deviendrait-elle, mon Dieu?
ment je me porte comme un charme. Enfin il >urs qu'une jeune Qlle, quand elle est paam, it qui la fasse vivre. Mais je ne vous le cacbe sieur, je suis très hésitant; il 7 a le temps de issage, et puis j'ai peur des ateliers où il y a tant s filles qu'on ne connaît pas ; où l'on entend tioses qui ne devraient pas être dites.
»ut, il n'y a pas de temps de perdu, Hionnen'a
e tiei
itte.
, moi, je lui ai appris ce qne je sais; c'était
'ai oublié beaucoup ; enfin, elle parle tant bien
comme moi, l'allemand, l'italien, l'espagnol'
ai ai trouvé une institutrice, une dame d'un
e, très douce, fort instruite, ayant l'usage du
qui enseigne bien. Cette dame vient tous les s, trois fois par semaine, donner des leçons à lE maltressa et l'élève se sont si bien attachées atre que, maintenant, c'est pour la maîtresse
d'enseigner et pour l'élève un plaisir d'ap-
a surprise de M. Broussel était grande, car il
dait guère à trouver chez le pauvre Paillasse
sentiments. A ses yeux cet homme changeait
;raudissait, devenait superbe.
on lui avait bien donné ce nom de Caméléon !
on seulement ce malheureux trouvait le moyen
rre lui et sa fille, mais encore de faire donner
àcelle-ci. En vérité, comment pouvait-il faire?
pour M. Broussel une véritable énigme.
ce que cette institutrice donne gratuitement
à votre fille? demanda-t-il,
pas, monsieur; d'ailleurs je ne le voudrais
est pauvre aussi et il faut bien qi
trente-six francs par mois, ce qui
ncs. Et ce n'est pas trop, allez:
8 son temps, la chère dame : il lu
quatre heures et même cinq
DUS gagnez assez pour suffire i
LA PETITE MIONNB
tour sa fille, pour que Mionne ne manquJLtde la faire instruire, que ce brave homme faisût
Oh! le beao dévouementi II s'élevait jusqu'au
e malheureux, et il ue s'en doutait même pas. coûte, il fallait gaguer; ne songeant qu'àsa
re trouvait tout simple, tout naturel de faire
métiers.
I chère fille sait-elle toute la peine que vous
imanda M. Broussel.
Tellement, monsieur, elle sait que je travaille : lui dis pas ce que je fais pour qu'il y ait toumaisoD de quoi acheter le nécessaire. Pour
n petit emploi dans un tbé&tre jusqu'à minuit
e dans uu journal jusqu'au matin.
e me garde bien de lui dire tout; d'ailleurs, je
tas... Tous comprenez?...
oui, je comprends.
z-vous, monsieur, si ma Mionne savait, je rou-
int elle.
TOUS n'avez pas toujours fait ces métiers de
it; votre éducation et votre instruction le di-
vrai; mais, allez, je n'ai guère fait mieux penma vie. J'ai toujours été ce qu'on appelle auencore un bohème; c'était dans ma nature courir, d'être tantAt là, lantAt ailleurs, de vivre jour, sans souci du lendemain. Que voulez-vous, on ne change pas son tempérament et chacun a destinée; belle ou triste, il faut qu'elle s'ac-
avez exprimé le désir de connaître ma vin tmit vais vous satisfaire. Ce ne sera né en Anjou. Mes parents, d aient que moi d'enfant; ils euri
reuse idée de ne pas touIoÎp f(iire de i comme eux. J'étais un élève studie communale et les bonnes gens du pa; savant. Notre curé m'avait pris en affi naît le latin. 11 pensait, et ma mère m nuerais mes études au petit séminaire ensuite et que j'entrerais dans les ordi mon idée et le moment venu je déch je ne voulais pas être prêtre.
Le bon curé fut contrarié ; mais il tendu, dit-il, que sans la vocation on mauvais prêtre.
On me mit au lycée d'Angers, eL dëi au professorat. Je passai des examens lier. Je continuai à étudier et à vingt seur au collège.
Là encore je ne trouvai point que voie : je m'aperçus vite que je n'avai diocre pour l'enseignement.
Le thé&tre m'attirait. Il me semblaii fussent des Êtres privilégiés. Être u salle de spectacle, se sentir enveloppé émotionner les foules, faire Frémir di des larmes, en un mot causer toutes j'éprouvais moi-même quand j'assista tation quelconque, je ne voyais rien Et quand je pensais aux applaudissem lions du public saluant son acteur fa pris d'une sorte de vertige.
Un beau jour j'envoyai promener 1 céron, Virgile, et je m'enrûlai dans ui diens de passage. En assez peu detem — mon r6ve, — et me voilà, artiste dra
jouant la comi de France,
J'eus plusie] drame au boul multra et de L Malheureuse sance de ces gj Paris ; il fallait Je ne restai années en Rus s à Anvers, à Tu
longues pérégnnaiions que j <ii appris a paner uq peu plusieurs langues.
- Comme tous le voyez, monsieur, j'ai beaucoup couru ; cela m'allait ; je vous l'ai dit, je suis un bobëme. Pendant près de trente ans j'ai fait le métier de comédien : j'ai vu la fortune me sourire parfois, mais j'ai surtout connu la misère. L'argent gagné à la suite d'un bel eng»gemeat s'en allait vite quand j'étais condamné au repos. " " le compte, après avoir, comme on dît, roulé ma
tout, je me trouvai pauvre comme un rat d'é-
j'avais vieilli et on ne voulait plus de moi nulle
faire?
irAlai dans une troupe de saltimbanques. Je des-
insi, d'un seul coup, plusieurs échelons de l'é-
ais il fallait bien faire quelque
s'était toujours un peu mon met
re était morte, mon père mou
ieraières années de sa vie le bra
uivi par la mauvaise chance. 1
bestiaux, sa ferme incendiée, toi
1 avait eu successivement tous 1
t laissant des dettes. Il fallut ven ses quelques arpents de vign
— J' coDflaj
imeure actuellement à l'hôtel des Postes, n [ues-Rousseau ; je tous y attendrai deux ait heures ; vous demanderez M. Broussel.
ain, à huit heures, je serai rue Jean-Jacqiie
aut après, l'ancieD comédien montait lentema ipic pour rentrer chez lui près de sa cbè
t drôle tout de m6me, se disait-il, oui, tr \. la bonne heure, Yoilà comme je comprends
UN DBAME DE
MADAME VIOLBT I
Laurence était triste, plus d'i furtivement une larme; Alezii rétabli, allait partir le leadeinai cune nouvelle de M. Plorenti elle très inquiète, la pauvre enfi
Depuis l'envoi du boaquet dt lui dire que celui qu'elle avait a sait encore h elle. Qu'allait-elli venir 7
Alexis s'en allant, il lui faudri hospitalière. Mais où aller? Elle de se trouver tout à coup seul donnée, la tourmentait horrib] voyait bien, maintenant, toutes tîon!
Sans doute, Alesis, Georges permis de compter sur eux : mi pour elle? Et puis c'étaient des s'effarouchait, s'effrayaitàl'idét de recourir à eux dans le cas pi a des choses qu'une jeune fille
it de suite, on ferait le nécessaire pour lui protravail. L'ouvrage ue manque jamais; il n'y a aresseux qui n'en trouvent point.
ils partiraient ensemble, le lendemain matin, et it se tranquilliser, elle pouvait avoir confiance et sur lui.
ice se sentit alors rassurée ; mais il y avait en iété de l'inconnu qui l'attendait, l'effroi de se lu milieu d'étrangers qui la recevraient par on, pour qui elle serait une gSne. i soirée, une lettre adressée & Alexis Mollia arssitfit décachetée, il courut à la signatura et ne exclamation de joie, ice était là, palpitante d'émotio
)ien, oui, mademoiselle Laurem vous avez deviné ; il ne vous a p ïtinBroussel qui m'écrit.
|ue vous dit-il, monsieur Alexis ez, lisez vous-môme, répondit 1 nt la lettre entre les doigts de L I comme mon cœur bat ! fit-ellt
li ajouté les visites du médecin, aue i'ai oavées.
1 1 TOUS avez payé les... visites i
Ds doute.
fin votre note se monte à7...
ilà le chiffre de l'addition : cen
bs bien, cent quarante francs.
te...
me reste donc à vous remet