‹ La petite somnambuleChapitre 26 sur 26 · SCENE XXI ET DERNIERE · texte numérisé non relu

SCENE XXI ET DERNIERE

Les Mêmes, JACQUOT.

jACQuoTj en dehors.

Nout' maît', nqut' maît' !

MORINCOURT.

Qu'est-ce que c'est ?....

COTIINE.

Un prisonnier que j'avais fait, et auquel je vais rendre la liberté... je vous conterai tout ça. {Elle ouvre la porte du cabinet.)

jkcqvoT , entre auec une valise et des paquets.)

Comment! vous ici, M. Adolphe?

ADOLPHE

Oui j mon pauvre Jacquot ; tout est arrangé , nous ne partons plus ; car j'ai retrouvé le viel ami de mon père et le cœur de Claire, tels qu'ils étaient autrefois.

JACQUOT , laissant tomber ses paquets^

C'est-il Dieu possible? Queu poids ça m'ôte de d'sus

le cœur.

CORINE

Enfin , grâce à moi , tout le monde est raccommodé... et j'irai à la noce... M. Adolphe^ j'espère que vous n'oublierez pas que je suis la sœur de la mariée , et que vous devez m'inviter pour la première contredanse.

FAUDEFILLE.

MORINCOURT.

Air du Vaudeville de Turenne.

Tu fus légère , indiscrète et gourmande , Et je veux bien oublier tout cela ; Mais il faudra, lorsque tu seras grande, Te corriger de tous ces défauts là.

{à part.) Oui des galans , quand l'aimable cohorte D'amour viendra lui faire des sermens , Corine alors , écoutant les amans , N'écoutera plus à la porte.

JACQUOT

Voycr auprès d'un' table bien servie Ces deux gourmands à l'appétit glouton , Pour mieux enfler leur panse rebondie.

Ils aval'nt tout. . . pâté, biffteck , dindon* Et s'en mettent jusqu'au menton.

Quand ils ont pris des mets, des vihs d' tout* soute , Ils n' sont fâchés que de n* plus avoir faim , Et ne voy' nt pas 1' pauvr qui tendant la main , Humblement écoute à la porte.

CLAIRE

Lorsqu'aux Français, pour faire des recettes, De vieux ouvrages sont offerts , Que de fois, devant les banquettes Certains acteurs ont récité leurs vers.

Mais de plaisir quand Talma nous transporte, Ou bien que Mars nous offre son talent i Bien chèrement on achète souvent Le droit d'écouter à la porte.

Jeunes gens que la gloire entraîne , Vous de Thémis imberbes candidats , Dans l'art sublime où brilla Démosthène , Voulez-vous marcher à grands pas ?

Suivez de près nos nobles avocats ; Dans ce Palais où la foule se porte, Quand de leur voix le secours éloquent S'élèvera pour sauver l'innocent , Allez écouter à la porte

coaiNE, au public.

Bien jeune encor l'indulgence publique Accueillit mes faibles talens , Comme moi dans l'art dramatique , Nos auteurs sont encor enfans :

Pour eux montrez-vous indulgens; Si votre colère est trop forte j Si la pièce ne vous plaît pas, Ah ! messieurs, dites-le bien bas , Car ils écoutent à la porte.

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