‹ La Petite ville de Beaumont en Périgord pendant la période révolutionnaireChapitre 103 sur 269 · LA FIN DE LA LÉGISLATIVE · texte numérisé non relu

LA FIN DE LA LÉGISLATIVE

allocution que le vice-président de l'administration adressa à cette occasion à ses collaborateurs, en songeant qu'à Beaumont, à la même heure, le maire Loiseau prononçait un discours semblable, dans le fond sinon dans la forme. Voici cette allocution :

« Messieurs,

» Le serment que la loi vous demande est un acte religieux et civil. Chez toutes les nations policées, le serment a été regardé comme le lien le plus fort pour attacher les hommes, le ressort le plus puissant pour les diriger et le garant le plus sûr de leurs promesses et de leur foi.

)) Le serment est une invocation de la divinité. Il est fait sous les auspices et en sa présence; l'Être suprême y est appelé en témoignage de la vérité et de la sincérité de la promesse de celui qui jure; la religion et la morale ne peuvent présenter rien de plus auguste ni de plus solennel.

» Le serment que vous allez prêter est un acte civil. La loi le commande à tous les citoyens du corps politique et les motifs de cette précaution sont pris dans la nécessité même de l'observance de la loi.

)) Vous allez faire serment de maintenir la Constitution. Il est d'avance écrit dans vos cœurs et vous devez vous enorgueilhr d'être appelés à l'émettre et de toucher à l'âge où vous exercerez tous les droits des citoyens et de jouir des bienfaits que la Constitution doit procurer à tout l'empire.

» Nous passons et vous venez. Nous avons vécu longtemps sous la dureté de l'ancien régime et le reste de nos années fugitives s'écouleront dans l'aurore ou la jeunesse du nouveau, et il est possible que nous descendions au tombeau avant d'avoir joui en paix de ses bienfaits et de ses douceurs; mais, au moins, nous emporterons la consolation d'avoir vu la naissance de la liberté et de la transmettre à nos neveux.

» Vous, au contraire, votre jeunesse vous promet d'atteindre à l'heureux terme de la prospérité nationale et puisse le ciel, dans sa bénédiction, vous la procurer solide v{ durable.

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' Pour l'obtenir telle, rappelez- vous sans cesse la nécessité de la religion et de la morale. La Constitution veut former do bons citoyens et il ne saurait exister de bons citoyens sans religion et sans morale. Quiconque serait infidèle à Dieu, ne saurait être fidèle aux hommes. Le devoir de maintenir la Constitution consiste dans l'obligation de la défendre au besoin et de l'obserA'er religieusement.

^< Dans un vaste empire comme la France, les fonctions publiques et privées varient à l'infini et le vrai moyen de maintenir la Constitution est que chacun vaque avec zèle et assiduité à celle que la divine Providence lui a confiée. Ainsi, vous travaillerez donc pour le maintien de la Constitution en vous appliquant soigneusement à remplir la tâche que nous vous avons confiée. »

Et, à la suite de cette allocution, tous les fonctionnaires présents, au nombre de huit, prêtent entre les mains du viceprésident de l'administration, le serment d'usage.

§ 2. - La fête de la Fédération de 1792.

L'anniversaire de la fête de la Fédération, en 1792, fut célébrée à Paris sur le Champ de Mars, le 14 juillet, deux mois à peine après que Louis XVI avait opposé son veto au décret de l'Assemblée nationale ordonnant la formation à Soissons d'un corps de 20.000 fédérés.

La fête, cette année, présenta cette particularité qu'elle attira sur le Champ de Mars, non pas seulement des délégués, mais de véritables corps de gardes nationaux envoyés par les départements ou par les villes. Marseille, notamment, délégua tout un bataillon, fort de 500 hommes : on sait qu'il traversa la France de Marseille à Paris, chantant tout le long de la route l'hymne guerrier, peu connu encore, que Rouget de Lisle avait composé à Strasbourg pour l'armée du Rhin et qui devint désormais Vhymne des Marseillais ou la Marseillaise. La ville de Brest envoya aussi à Paris un détachement important. Le

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