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COMITÉ ÛES SUBSISTANCES DE BEAUMONT

et qui ne pourra être éloigné de plus de trois lieues. » Le district de Belvès, à ce moment -là, possédait sur son territoire quatre magasins nationaux qui se trouvaient respectivement situés à Belvès, à Limeuil, à Montpazier et à Beaumont. Or, celui de Beaumont, qui avait pour garde-magasin le citoyen Pierre Colin, ancien maire, devait recevoir les versements des quatorze communes suivantes :

Beaumont. Born. Ste Sabine.

Montcany. Labouquerie et St Germain.

Bannes. St Sernin, son annexe. Le Bel.

Bourniquel. Nojals. St Avit .Sénieur.

Glottes. Rampieux. Ste Croix.

Les subsistances renfermées dans les magasins provenaient enfin des achats effectues par la municipalité. C'est ainsi que le 3 février 1793, les officiers municipaux de Beaumont « pour prévenir, autant qu'il est en leur pouvoir, la suite fâcheuse que la pénurie des grains pouvait occasionner », fit acheter et mettre en magasin, à l'enchère des biens des Dames de la Foy, la quantité de 39 quartons froment à raison de 7 livres 10 sous le quarton et de 211 comportes blé d'Espagne en épis à raison de 3 livres 10 sous chaque. Quelques mois plus tard, le maire Jacques Coste fit acheter par les citoyens Gibert et Combette Delpit cent sacs de pommes de terre, pour être distribuées ensuite, et au fur et à mesure des besoins, aux plus indigents de la commune u au prix d'emplète ». La municipalité acheta peut-être aussi, pour son grenier d'abondance, quelques céréales sur le marché; mais ces achats furent certainement peu importants, car, sur le marché, sur le minage ^ comme on disait alors, les apports de froment et de blé d'Espagne, pour les raisons ci-

I. Miiuige, mot ancien qui servait à désigner le niesurage ou vente des grains. Par extension, on appelait aussi minage, l'endroit où se vendait et se mesurait le grain à la mine (ancienne mesure de capacité qui valait la moitié d'un setier). A Beaumont, le minage se confondait avec la Place des Mesures. On désignait encore, avant 89, sous le nom de minage, les droits perçus par le seigneur sur les grains qui étaient vendus au marché.

dessous indiquées, furent toujours peu abondants, parfois à peu près nuls.

§ 3. - Difficultés d'approvisionnement du marché.

La municipalité de Beaumont, comme toutes les municipalités cantonales du reste, eut pour souci constant d'approvisionner son marché en froment, seigle, blé d'Espagne et autres denrées alimentaires. Mais elle se heurta toujours, auprès des cultivateurs, à une opposition aussi tenace qu'intéressée.

Le 7 décembre 1792, le procureur syndic du district de Belvès, se trouvant en mission à Beaumont avec le citoyen Royneau, membre du directoire, reçut une députation des habitants, qui venaient se plaindre à lui de la grande pénurie des subsistances : ils lui exposèrent notamment que, non seulement le minage n'était pas entretenu, mais que les boulangers ne cuisaient point de pain faute de trouver des grains à acheter; et pourtant, disaient-ils, la récolte ayant été assez abondante, les grains ne manquaient pas dans le pays ; mais ils restaient cachés ou étaient enlevés furtivement par les accapareurs, et les pauvres gens, souffrant de la faim, poussés à bout, laissaient percer leur intention de se porter en masse dans les maisons où ils savaient y avoir des grains et se les faire livrer au prix courant.

Comme cette mesure était sérieuse et que sa mise à exécution pouvait occasionner des troubles graves dans la ville et dans tout le canton, le procureur syndic crut devoir en aviser la municipalité, en l'engageant en même temps à prendre d'urgence toutes les mesures nécessaires pour « faire fournir les marchés, entretenir le minage et déjouer les complots des malveillants ». Il leur proposa, à cet effet : i» de redoubler d'activité et de surveillance pour l'exécution des lois relatives à la libre circulation des grains ; 2» d'ordonner que les grains seraient vendus au minage, avec défenses à toute personne de les vendre furtivement et en cachette sous peine d'amende; 3° d'inviter tous les citoyens à dénoncer à la municipalité les accapareurs et les malveillants qui, par des démarches secrètes et clandestines,

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