ORMEAUX
IIO
manque, o
manque.
FAYARDS
manque.
o manque.
Comme on le voit, par ce tableau, les commissions municipales avaient mis en réquisition dans le canton de Beaumont, abstraction faite des deux communes de Born et de Labouquerie dont les tableaux ne nous sont pas connus, 2,036 chênes, 245 ormeaux et ^y fayards ou hêtres, en tout 2.318 arbres susceptibles d'être utilisés pour les constructions navales.
Mais ce n'était pas tout de recenser les arbres, de choisir les meilleurs, de les réquisitionner et même de les abattre. Il fallait encore, une fois coupés, les rendre à la Dordogne pour, de là, les transporter par bateaux aux chantiers de construction où ils devaient être utilisés.
La plupart des municipalités du canton devaient pour cela rejoindre le port de Couze. Or, toutes ces municipalités, dans les « Observations » qu'elles joignent à leur tableau de réquisition, insistent à la fois sur la grande distance qui sépare leur com-
miine du port de Couze et sur l'état déplorable de leurs voies de communication.
Pour la distance, Beaumont était à deux lieues et demie de Couze, Naussannes à trois lieues et demie, Nojals à trois lieues et demie également, Rampieux à quatre lieues. Sainte Sabine à quatre lieues et demie, Born de Champs à près de cinq lieues. En ce qui concerne les chemins, ils étaient tous dans un état déplorable : mal entretenus, irrégulièrement empierrés ou pas empierrés du tout, absolument impraticables pendant les mois d'hiver. On conçoit, de ce fait, les grosses difficultés qu'éprouvaient les communes à rendre à Couze les arbres réquisitionnés sur leur territoire.
Deux communes seulement, Bourniquel et Saint A vit (celle-ci en partie), avaient intérêt à se diriger sur le port de Lalinde, qui était plus près. Mais les chemins qui y aboutissaient n'étaient pas en meilleur état, « Les chemins pour conduire nos arbres au port de Lalinde, qui est le plus près, écrit au district le maire de Bourniquel, sont presque impraticables par les ravins qui y sont formés et on ne peut les transporter à d'autres ports sans plus de fâcheuses incommodités. »
La municipalité de Clottes fait observer aux administrateurs du district que les chênes portés sur son tableau de réquisition se trouvent placés sur les bordures des champs ou des prés et « produisent au propriétaire un revenu considérable en glands ».
La municipalité de Rampieux, le 8 ventôse an II, fait la même observation :
Les arbres désignés par notre tableau sont des arbres de bornage, qui produisent des glands tous les ans pour faire du nourrissage et, si au cas lesdits arbres sont coupés, ladite commune se voit réduite à ne pouvoir faire aucun nourrissage et, d'ailleurs, lesdits arbres sont les trois quarts gelés et distants du port de la rivière de quatre lieues, et môme ladite commune a compris lesdits arbres dans le rôle foncier pour le revenu qu'ils peuvent produire et, les arbres coupés, elle demande d'être déchargée des impositions qu'ils peuvent donner.
Gay, maire. Vyé, officier municipal.
SÉGALAS, officier municipal. GouYOU, officier municipal.
Eymery, notable. Roucheyrolle, secrétaire greffier.
La réclamation de la commune de Rampieux était on ne peut plus légitime. Si l'arrachement de leurs arbres producteurs de glands leur enlevait une partie de leurs revenus, il était bien juste qu'on leur accordât une décharge proportionnelle sur leur impôt foncier.
b) Réquisition de noyers pour la manufacture d'armes
de Bergerac.
Lakanal, ayant besoin de noyers ^ pour sa manufacture d'armes de Bergerac, prit un arrêté (ii ventôse an II) «ordonnant le recensement et la mise en réquisition, dans le département de la Dordogne, de tous les noyers provenant des biens nationaux (Biens des émigrés)'- qui seraient jugés propres à faire des bois de fusil ». Ils seraient abattus au plus tôt et transportés à Bergerac, soit entiers, soit débités en madriers. Et, à ce sujet, il demandait aux municipalités de lui faire connaître si elles avaient sous la main des ouvriers capables, les arbres une fois abattus, de les débiter sur place en planches ou madriers. Leur transport serait ainsi rendu plus facile.
A Beaumont, ce fut Louis Ters qui, par un arrêté en date du 5 ventôse, fut chargé de procéder, dans toutes les communes du canton, au recensement et à la mise en réquisition des noyers appartenant aux émigrés. Louis Ters s'acquitta de cette opéra-
1. Les noyers, dans nos manufactures d'armes, étaient destinés à faire des bois de fusiL
a. Onze familles, dans le canton de Beaumont, avaient été inscrites sur la liste des émigrés ou tout au moins inquiétées pour fait d'emigrat'on. C'étaient :
I" Dans la commune de Betiiiniont, les familles Montsec, Constantin. Lahorde (les particules étaient alors supprimées), qui habitaient la ville : Valence Timbrune, nui habitait le château de Bannes; Paty, qui résidait au château de Lusiés :
2" Dans la commune de Saint Avil Sénieur, Coustin Bourzolles, qui habitait Lespinasse dans la commune de Molieres, mais qui possédait dans celle de Saint Avit les domaines de Petit Peyssou et de Pradinasse ;
3" Dans la commune de Bourniquel, St Exupéry Rouffignac, qui habitait le château de Cardou;
4" Dans la commune de Clottes, Durfort Boissière, l'ancien seigneur de Puvbeton et Landion.
y Dans la commune de Sainte Sabine, la famille Mauriac, cjui habitait le bourg et Gallard Brassac, qui habitait le château de Cugnac ;
6o Dans la conunune de Lahouqiierie, les deux frères Vivien, de Saiavert.
tion avec la conscience et le dévouement qu'il apportait toujours dans les missions, politiques ou autres, qui lui étaient confiées et, le 3 prairial suivant, il adressait au district l'état suivant, où sont indiqués, domaine par domaine, tous les noyers qui se trouvaient dans les biens des émigrés.