‹ La Petite ville de Beaumont en Périgord pendant la période révolutionnaireChapitre 224 sur 269 · RIXE ENTRE JEUNES GENS ET GENDARMES · texte numérisé non relu

RIXE ENTRE JEUNES GENS ET GENDARMES

et, dans ces temps troublés où l'effervescence était générale, on alla jusqu'à parler de « guerre civile » dans le canton. Par contre, le commissaire du Directoire exécutif, homme essentiellement pacifique, qui ne voyait partout et toujours que « paix et tranquillité », le signala au département comme un fait sans importance (( sous le rapport du régime politique », en ajoutant selon son habitude que le canton, qui jusque-là avait été parfaitement tranquille, n'avait pas cessé de l'être.

Il ne s'en crut pas moins obligé d'en entretenir l'administration municipale dans sa séance du lendemain, en même temps qu'il invitait les agents municipaux « à redoubler de zèle, pour que la police soit en mesure de prévenir à l'avenir de pareils événements ».

Nous aurons dans quelque temps, le i*^'" ventôse an V, (voy. p. 878) à raconter des troubles autrement significatifs.

§ 5. - Quelques fêtes populaires sous la première administration municipale.

Il nous faut, auparavant, faire le récit de trois fêtes populaires qui furent célébrées à Beaumont, sous la première administration municipale, savoir : la fêie de la reconnaissance et des victoires, le 24 prairial an IV; la fête de la fondation de la République, le i'^'" vendémiaire an V; la fête de la juste punition du dernier roi des Français, le 24 pluviôse suivant.

La loi organique du 3 brumaire de l'an IV (titre VI) sur l'organisation de l'instruction publique, instituait une fête de la reconnaissance, dont la célébration était fixée au 10 prairial. Le 18 floréal suivant, le gouvernement créait, pour être célébrée le même jour, une fête nouvelle, appelée la fête des victoires. La fête du 10 prairial devint ainsi une solennité double, qui prit le nom de fête de la reconnaissance et des victoires. Elle avait pour principal objet d'exprimer la reconnaissance de la nation à l'armée d'Italie 1. 55

qui, par son heureuse campagne, venait de « fixer en quelque sorte la victoire sous les drapeaux de la République ».

« La reconnaissance », disait le ministre de l'intérieur dans une circulaire adressée par lui aux administrations municipales, « est la dette commune de l'humanité. Eh ! qui ne tressaille à ce nom touchant ! Qui de nous ne songe aussitôt aux êtres respectables dont il reçut le bienfait de l'existence, à la nourrice qui allaite son enfance, à la tendresse ineffable d'une mère, aux sollicitudes d'un père vertueux, aux sages leçons de l'instituteur qui conduisit ses premiers pas dans la carrière des sciences et des vertus, aux compagnons de ses jeunes années devenus ses amis dans son âge mûr, à l'épouse modeste et sensible dont les charmes et la vertu font son bonheur, aux caresses de ses enfants, enfin à cette chaîne de bienfaits que la nature, les hommes et la Société ont étendue autour de lui.

• » Oui, chaque moment de notre existence nous rappelle ces obligations sacrées : en effet, les deux extrémités de la vie ont besoin de la pitié de nos semblables; et c'est la Société qui en protège et en embellit le cours. La Société ne subsiste que des services mutuels que les hommes se rendent ; c'est un commerce de bienfaits. Ainsi l'ingratitude, le plus exécrable des vices, est la destruction de toute union sociale : tout nous fait donc une loi de la reconnaissance.

» C'est elle qui resserre les liens de cette fraternité qui doit unir tous les hommes. C'est elle qui alimente notre sensibilité et qui nous dispose à la bienfaisance, par un juste retour à la commisération pour le malheur que nous avons éprouvé; à la philanthropie, qui transporte à l'espèce ce qu'on ne peut acquitter envers l'individu ; enfin à toutes les vertus douces, à tous les sentiments tendres et consolateurs.

» Aussi, chez les anciens, nos modèles et nos maîtres en tout genre, le mot consacré à exprimer la reconnaissance, considérée comme un acte, s'appelait piété. »

Et plus loin :

« Promettez et vouez reconnaissance à ces défenseurs généreux de la patrie, dont le sang a coulé pour la cause sacrée de

la liberté; et, s'il se trouve à cette fête quelques vieux soldats de la République, mutilés, couverts d'honorables blessures, honorez dans leur personne le courage héroïque de nos frères d'armes.

» Mais ce n'est pas uniquement aux vertus militaires que vous devez l'hommage du sentiment né des bienfaits ; promettez et vouez reconnaissance aux magistrats qui prendront pour modèle les vertus d'Aristide et de Caton, aux philosophes qui consacrent leurs veilles, leurs talents et leur vie à pratiquer et à enseigner la vertu.

» Proclamez avec honneur les noms des citoyens qui ont bien mérité de leur commune, en s'occupant, à l'exemple des Romains, de consacrer leurs richesses à des objets d'utilité publique.

» Proclamez le nom de ceux qui ont fait élever à leurs frais une fontaine publique, ouvert un chemin ou planté des arbres sur la route des voyageurs, etc. ; et saisissez cette occasion d'inspirer à vos concitoyens une émulation philanthropique, de leur révéler ces nobles jouissances attachées à la bienfaisance, et de leur enseigner enfin cet heureux emploi de la fortune, ce luxe patriotique qui n'est connu que dans les Etats libres.

)) Proclamez avec honneur le nom de ceux qui élèvent des ateliers, des manufactures, et où le pauvre trouve des moyens d'occupation et de subsistance ; le nom de ceux qui assurent aux femmes, aux vieillards, aux enfants, du feu et des travaux pendant l'hiver, ou qui fondent des établissements pour recevoir les malades et les infirmes.

» Proclamez enfin le nom de ces respectables philanthropes qui, dans tous les pays, s'occupent d'améliorer le sort des hommes. Ne vous informez pas de quelle nation ils sont : ne voyez que leurs bienfaits envers l'humanité. »

On voit nettement, par ce simple extrait de la circulaire ministérielle, quel était le caractère de cette fête de la reconnaissance : c'était, avant tout, l'exaltation des vertus militaires et des vertus civiques. C'était une fête hautement morale.

La fête qu'on célébra à Beaumont sous le nom de fête de la reconnaissance fut surtout une fête militaire et, si on y parla

de reconnaissance, cette reconnaissance alla presque tout entière aux défenseurs de la patrie, soit à ceux qui combattaient l'ennemi aux frontières, soit à ceux qui, pour cause de maladie ou de blessure, étaient rentrés dans leurs foyers. Ce fut réellement comme on l'appela plus tard, la fête de la reconnaissance et des victoires.

Au reçu de l'arrêté du Directoire exécutif, le 5 prairial an IV, l'administration municipale du canton de Beaumont accepta avec empressement d'organiser la manifestation patriotique prescrite par le dit arrêté. Mais, comme elle n'avait que cinq jours devant elle et que ces cinq jours ne lui permettaient pas de prendre les mesures nécessaires pour célébrer convenablement cette fête, elle l'ajourna au 24 prairial. En attendant on presserait l'organisation de la garde nationale et les membres de l'administration municipale auraient tout le temps pour arrêter un programme.

Douze jours plus tard, le 15 prairial, l'administration municipale se réunit de nouveau dans le local ordinaire de ses séances et, après délibération, arrêta le programme suivant :

La fête de la reconnaissance et des victoires sera célébrée le 24 du courant dans le chef-lieu du canton de la manière suivante :

1° Il sera dressé sur la place publique de cette commune un autel de la patrie, sur lequel seront posées des branches de laurier ornées de rubans tricolores, devant lequel la cérémonie sera faite;

2<» Un cortège, composé des autorités constituées, partira de l'administration municipale à 10 heures du matin pour se rendre devant l'autel de la patrie ;

3" Le cortège marchera sur deux rangs et dans l'ordre suivant : un détachement de la garde nationale avec le drapeau tricolore, l'administration municipale, le juge de paix et ses assesseurs, un second détachement de la garde nationale. Le peuple, qui suivra le cortège, viendra ensuite sur deux colonnes.

Les pères et mères, les veuves des défenseurs de la patrie formeront une troisième colonne entre l'administration municipale et le juge de paix, en observant que ceux qui auront l'avantage de fournir le plus de défenseurs à la patrie marcheront les premiers. L'âge réglera le rang des autres.

Les militaires qui auront eu l'honneur d'être blessés en combattant pour leur pays formeront aussi une troisième colonne entre le premier détachement de la garde nationale et subsidiairement entre le second.

Le nombre des années de service réglera l'ordre de la marche entre eux.

Le départ du cortège et son arrivée à l'autel de la patrie seront annoncés par un roulement de tambours et par une décharge d'artillerie. Pendant sa marche, on chantera les hymnes connus sous la dénomination de Leçon d'un père à son fils et celle d'une mère à sa fille.

Arrivé devant l'autel de la patrie, on rendra hommage à la Liberté en chantant l'hymne connu : Olif liberté aimable, douce et enchanteresse.

Le président de l'administration municipale prononcera un discours analogue à la fête. Ensuite, il fera procéder à l'inscription prescrite par les articles 3 et 4 de l'arrêté du Directoire exécutif. Il rappellera à haute voix les pères et mères des défenseurs de la patrie qui se seront signalés; il rappellera les belles actions qui ont distingué leurs enfants et leur fera l'accolade fraternelle, en témoignage public de la reconnaissance nationale.

Il donnera aux militaires qui auront eu l'honneur d'être blessés en combattant une palme de laurier, leur fera le tableau de la gratitude et de la sensibilité qu'ils inspirent à la société entière et, après avoir proclamé leurs noms, leur donnera l'accolade fraternelle.

On rappellera ensuite, dans un discours succinct, le tableau de l'impression que doit faire la cérémonie dans tous les cœurs. On invitera les militaires absents, qui n'ont pas encore rejoint leur drapeau, à consulter l'impulsion que leur a nécessairement inspirée cette cérémonie et à voler à leur poste.

Le président donnera l'ordre de départ du cortège. Un roulement de tambours et une décharge d'artillerie l'annonceront et la Marseillaise sera chantée pendant la marche jusques à l'administration municipale.

Le citoyen Gibert est invité par l'administration municipale de se joindre à l'agent municipal et à l'adjoint de cette commune pour disposer et faire faire tous les préparatifs nécessaires pour l'exécution de la cérémonie.

Ce programme, sous l'habile direction du commissaire Gibert, fut exécuté ponctuellement et la fête de la reconnaissance et des victoires, à Beaumont, fut l'une des plus belles qui aient été célébrées par le Directoire.

Le 24 prairial an IV (13 juin 1796), vers 9 heures et demie du matin, pendant que sur la Place Publique quelques citoyens et citoyennes mettaient la dernière main à la décoration de l'autel de la patrie spécialement élevé pour la circonstance, le commissaire du Directoire exécutif, le président de l'administration municipale, les agents municipaux et leurs adjoints, le juge de paix, ses assesseurs et autres fonctionnaires publics se

rendent individuellement ou par petits groupes au lieu des séances de l'administration, où est fixé le rendez-vous. Tous sont munis de leurs insignes.

A g heures trois quarts, arrive le commandant de la garde nationale, à la tête d'un fort détachement, pour escorter l'administration municipale et le cortège se forme dans l'ordre suivant :

lo En avant, un premier détachement de la garde nationale, avec son drapeau tricolore, commandé par Carrière; il est précédé de quatre tambours; au milieu de ce détachement, qui leur sert d'escorte, prennent place les militaires du canton qui ont eu l'honneur d'être blessés aux armées et qui ont été renvoyés dans leurs foyers; quelques-uns portent le costume civil, mais le plus grand nombre ont tenu à revêtir l'uniforme de leur régiment, celui qu'ils avaient quand ils ont reçu leur blessure; plusieurs ont perdu un bras ou une jambe; tous les regards, regards émus et sympathiques, se portent vers eux; les hommes se découvrent sur leur passage;

2^ Viennent ensuite Pierre Grenier, commissaire du Directoire exécutif, Louis Ters, président de l'administration municipale, les agents municipaux des neuf communes du canton, leurs adjoints et, après eux, les deux secrétaires de l'administration municipale;

30 A la suite de l'administration prennent place le juge de paix, Jacques Poussai, avec ses assesseurs, son huissier et son greffier ;

40 Vient alors un deuxième détachement de la garde nationale, commandé par le capitaine de la compagnie de Beaumont ; Au milieu de ce détachement, et encadrés par lui, viennent se ranger les pères, les mères et les enfants des défenseurs de la patrie, actuellement aux armées et sur les frontières; dans ce groupe se voient un certain nombre de veuves, revêtues de leurs habits de deuil;

50 Enfin, à la suite de la garde nationale et fermant le cortège, se dispose une foule nombreuse de citoyens et de citoyennes, de tout âge et de toutes conditions, venus de tous les points du canton, ils sont rangés régulièrement en deux colonnes.

A 10 heures précises, un roulement de tambours se fait entendre, tandis que les canons de la ville, placés sur les fossés, lâchent leur première décharge. C'est le signal du départ. Le commandant Carrière donne un ordre, les tambours battent et le cortège se met en marche vers la Place Publique qui, depuis quelque temps déjà, est devenue la Place de la Liberté. Bientôt, sur un nouvel ordre de Carrière, les tambours se taisent et le peuple, qui suit le cortège, entonne des chants patriotiques. On chante notamment, pour répondre aux vœux des organisateurs, la Leçon d'un père à son fils, la Leçon d'une mère à sa fille et l'hymne à la liberté : Oh/ liberté aimable, douce et enchanteresse^.

Arrivé sur la Place Publique, en face de l'arbre de la liberté et de l'autel de la patrie qui est placé en avant de lui, le cortège fait halte. Le président de l'administration, le commissaire du Directoire exécutif, le juge de paix, avec la plupart des agents municipaux, montent sur l'estrade où des sièges leur ont été réservés. En face d'eux se rangent les mutilés, les pères, mères, enfants et veuves des défenseurs de la patrie.

Alors, le président de l'administration municipale, Louis Ters, se lève et, au milieu d'un profond recueillement, prononce le discours suivant :

« Citoyens,

» Lorsque la France se fut donné une constitution républicaine, presque toutes les puissances de l'Europe, craignant les changements que cette révolution pouvait opérer dans le système des gouvernements et redoutant déjà la puissance de la nouvelle république, se liguèrent entre elles pour la détruire dans sa naissance. Les souverains de l'Empire, de l'Allemagne, de la Prusse, de la Sardaigne, de l'Espagne, du Portugal, de Naples, de la Toscane, de Parme, de Modène, d'Angleterre, le souverain de Rome et l'ambitieuse Catherine, cette souveraine des anciens

I. Ces chants patriotiques ne figurent pas dans le recueil, pourtant très riche, de Louis Daiuade, Histoire iliaiitèc de Li premiiic République, Paris, 1892. 11 s'agit vraisemblablement de chants patriotiques locaux, composés peut-être par quelques poètes périgourdins.

Scythes et des Sarmates, se trouvèrent en personne ou envoyèrent des délégués au fameux congrès de Pilnitz; et, là, fut jurée la perte de la France et l'anéantissement de la nouvelle république. Mais l'ange tutélaire qui veille sur la destinée de la France a rendu leurs efforts impuissants. Les Français, à la voix de la patrie, se levèrent en masse et formèrent les premiers bataillons avec un empressement et un enthousiasme dont on ne trouve aucun exemple dans l'histoire et qui ne peut être inspiré que par un ardent amour pour la liberté. Bientôt, nos frontières se garnirent d'un double et d'un triple rang de combattants, brûlant de l'ardeur de manifester leur bravoure et leur intrépidité. Nous les avons vus vainqueurs à Jemmapes, à Hondschoote, à Fleurus, et emporter de vive force toutes les villes de la Belgique, du Palatinat, du I^uxembourg, de la Bavière, de Trêves, de Cologne, se rendre maîtres de la Hollande et rendre à cette république la liberté qu'un protecteur ambitieux lui avait enlevée.

» Nos braves frères d'armes ont donné les mêmes preuves de valeur dans le midi et dans l'orient de la France. Aux Pyrénées Occidentales, ils se sont rendus maîtres des places que l'Espagnol regardait comme des barrières inexpugnables. Ils ont emporté de vive force les forteresses de Fontarabie, de Saint-Sébastien, ont fait trembler le fort de Bilbao, la ville de Pampelune et allaient s'ouvrir le chemin de Madrid.

>) En Italie, les batailles se sont succédé avec une rapidité qui ne nous permet pas d'en faire l'énumération. Chaque jour nous a appris le gain d'une bataille ou la prise d'une ville.

» C'est à la valeur de nos braves armées que nous devons la paix que le gouvernement a conclue avec la Toscane, la Prusse, la Saxe, la Hesse et l'électorat de Hanovre, avec la Hollande, l'Espagne, etc. La Sardaigne, les souverains de Parme et de Modène ont déjà obtenu une suspension d'armes, que le général de nos armées victorieuses vient de leur accorder pour travailler à l'œuvre de la paix.

» Ce n'était pas a.ssez, pour les ennemis de la France, de nous déclarer la guerre à l'extérieur. Ils ont encore organisé, dans l'intérieur, la division et la guerre civile. Ils ont fomenté la

révolte dans la Vendée et dans le Midi, et la trahison dans le port de Toulon. Nous avons eu la douleur de voir verser le sang français par des Français. Des frères égarés, que la patrie justement irritée a été forcée de proscrire, ont été combattus par des frères restés fidèles. La reprise de Toulon, la pacification du Midi et de la Vendée et la destruction des Chouans amèneront bientôt une pacification dans l'intérieur.

» Recevez, armées républicaines, les témoignages solennels de la reconnaissance nationale, vous dont tout rappelle ici la gloire et le succès. C'est vous qui nous avez défendus contre des rois coalisés, qui les avez chassés de notre territoire, qui avez reporté chez eux le fléau de la guerre. Vous n'avez pas seulement vaincu des hommes; vous avez surmonté tous les obstacles de la nature; vous avez triomphé des fatigues, de la faim et des hivers. Quel spectacle pour les peuples, et quelle terrible leçon pour les ennemis de la liberté ! Immortels guerriers, la postérité refusera d'ajouter foi à la multitude de vos triomphes; mais, pour nous, l'histoire n'a plus d'invraisemblance.

» Nous voyons, dans cette enceinte même, une portion de ces braves défenseurs, vainqueurs des ennemis extérieurs de l'Etat. Nous y voyons de vénérables guerriers blanchis sous les armes, et ceux que d'honorables blessures forcent à un repos prématuré. Avec quel plaisir nos yeux se reposent sur cette intéressante réunion !

» Pourquoi ne nous reste-t-il que votre souvenir, héros morts pour la liberté ! Vous vivrez du moins à jamais dans nos coeurs. Vos enfants et vos proches nous seront chers. La République acquittera sur eux ses dettes envers vous, et nous verrons payer ici la première en proclamant votre gloire et sa reconnaissance.

» Nous devons aussi, citoyens, célébrer la fête d'une victoire non moins glorieuse que toutes celles qui ont été remportées par nos braves armées. C'est celle qui est due à la découverte de l'affreuse conspiration^ qui devait éclater le 21 floréal dernier et replonger la France dans l'anarchie et le désordre. Les scé-

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