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FÊTE DE LA FONDATION DE LA RÉPUBLIQUE

Instituée par la loi du 3 brumaire an IV, la fête de la fondation de la République fut organisée par un arrêté du Directoire exécutif en date du 13 fructidor de la même année.

Le Directoire exécutif, considérant :

« Que de toutes les fêtes commémoratives de la Révolution il n'en est aucune qui doive être célébrée avec plus d'enthousiasme que celle qui rappelle le jour où la République fut établie ;

» Que dans un si grand jour, qui est à la fois l'époque du renouvellement de l'année et celle de la régénération des Français, tous doivent oublier leurs ressentiments, leurs haines et se réunir enfin pour soutenir cette République qu'ils ont fondée ;

» Oue, dans ce jour encore, les vrais citoyens doivent témoigner leur reconnaissance à tous ceux qui, par leur sang, leurs travaux, leurs écrits, ont contribué à établir sur des bases immuables un gouvernement sage et juste, qui fera la gloire de la nation, l'admiration des étrangers et le bonheur de la postérité;

» Arrête :

Article i^r.

La fondation de la République française sera fêtée le i*^' vendémiaire prochain, dans toutes les communes de la République avec tout Téclat que les localités pourront permettre. Les administrateurs municipaux sont chargés des dispositions à faire à cet égard.

Suivent six autres articles relatifs aux modes d'organisation de cette fête. Nous les passons.

A Beaumont, dans les derniers jours de l'an IV, le président de l'administration municipale, Louis Ters, convint avec ses collègues que l'on se réunirait le jour de séance le plus prochain du i^r vendémiaire pour célébrer, en exécution de l'arrêté du 18 fructidor, la fête de la fondation de la République. Il estimait, du reste, qu'il fallait donner à cette fête « tout l'éclat et toute la solennité dont la localité était susceptible » et, à cet effet, il chargea les agents municipaux d'inviter la garde de leurs communes respectives à se rendre, ce jour-là, au chef -lieu du canton pour assister et participer à la dite fête.

Ce fut le 4 vendémiaire an V.

L'administration municipale, le juge de paix et ses assesseurs, un grand nombre d'officiers de la garde nationale, réunis dans le local de l'administration, descendent dans la grand'rue, et, avec deux détachements de gardes nationaux en armes, dont l'un ouvre la marche et dont l'autre sert d'arrière-garde,

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