DE L'ÈRE RÉVOLUTIONNAIRE
(du ij février ijgo au ij novembre iJQi)-
FORMATION DES NOlVri I.KS MrXiriPAI.lTKS I 57
21 février, en présence de tons les citoyens actifs con\oi|ués à cet effet. \"oici in cxtt-iiso le }>roeès-\-erbal de cette séanct^ :
Et advenant le vingt-imième du mois de février, au dit an (1790), jour de Dimanclie, à lissue de vêpres au même lieu que dessus ' par devant nous président d'élection sus-dénommé et soussigné, écrivant fidèlement le sieur Melon secrétaire, ont comparu les sieurs I>ovzeau, Auriel. Audibert, Grenier et !")elpecli, membres du corps municipal de la présente communauté, lestjucls, afin de satisfaire aux susdits décrets, ont promis et juré à Dieu, en présence de la commune, la main droite levée, de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du royaume, d'être fidèle à la Xation. à la Loi et au Roi et de bien remplir leurs fonctions, serment cpie nous, président susdit et soussigné, en notre qualité de Maire, avons formellement prêté, de même (]ue ledit sieur Melon en celle de Procureur syndic, aux mêmes termes et en la même forme, dont acte requis et octroyé. Ce fesant (sic) avons déclaré et déclarons la séance levée et dissoute.
Fait clar et arrêté le présent procès-verbal, audit Beaumont ledit jour, mois et an que dessus et ont ceux qui savent écrire signé avec nous et le dit sieur secrétaire,
MoNTSEC; DuFAURE DE MoNTMiRAiL; Laborde; Redon ; Carrière; Bessot; Reyxal; Tinet; P. Rivière; Tinet jeune; Robert; Colin;
Blanchard; Randonnié; Lacoste; Dubut; Grimard; Mianne;
Rivière; Laroque de Belerd, maire ; Lovzeau; Auriel; Audibert;
Delpech; Grenier; Darchier; Carrière;
Robert; Lagaltsère, prêtre; Auché; Antignac; Rivière eyné;
La Chapelle de Morton; Ters, président: Melon, secrétaire.
Après la prestation de .serment du maire, du procureur et des officiers municipaux, le conseil général de la commune com- ^ prenant, outre le corps municipal et le procureur, les douze notables, procède à une dernière élection, celle d'un secrétaire greffier : les suffrages des électeurs se portent sur le sieur Jean Basptiste Labarrière « instituteur latini.ste de la présente ville et y habitant ». Ce dernier, à son tour, prête le serment d'usage et le maire proclame ledit sieur Labarrière comme « .secrétaire greffier de la communauté pour jouir des honneurs, droits, privilèges et immunités attribués à son office ». Le citoyen Labarrière, qui figure ici comme institideuy latiniste, est indiqué
I. C'est à la maison commune, dans la salle des séances du coip^ municipal.
138 LES DÉRUTS DE I.A RKVOU'TIOX
ailleurs avec le titre, un peu prétentieux assurément, de professeuy de Belles-Lettres. C'est un ancien élève du séminaire, où il avait poursuivi ses études, en vue de la prêtrise, jusqu'aux ordres mineurs. Intelligent et instruit, Jean Baptiste Labarrière a joué dans notre vie communale, pendant la période troublée que nous traversons, un rôle des plus actifs. Nous le retrouverons dans la suite, notamment à propos de la levée des trois cent mille hommes où il fut chargé par ses concitoyens de rédiger une proclamation au peuple en faveur des volontaires du canton.
§ 4. - L'ÉLECTION DES PREMIÈRES MUNICIPALITÉS DANS LES AUTRES COMMUNES DU CANTON.
En même temps que la commune de Beaumont, commune du chef-lieu, les autres communes du canton constituaient leur municipalité. Quatre paroisses seulement, celles de Bayac, de Bannes, de Montcany et de Gleyzedals, ne trouvant pas chez elles les éléments nécessaires pour former un corps municipal leur appartenant en propre, demandèrent à être rattachées à Beaumont et à faire, avec cette dernière paroisse, une municipalité commune. Nous y reviendrons dans le paragraphe suivant.
lO L'ÉLECTION DE SAINT AVIT SÉNIEUR.
C'est le vingt et un février 1790, sept jours après Beaumoat, que les citoyens actifs de la paroisse de Saint Avit Sénieur « liés, dit le procès-verbal, par les sentiments les plus sincères de confraternité pour la même cause et intérêts communs >■>, se réunissent, au nombre de cent, dans leur vieille église by.santine pour constituer leur municipalité.
Le citoyen Jean Delpit ' préside, ayant à ses côtés le citoyen
I. Jean l^clpil, Itourgeois, praticien, était originaire du \illage Je (jiand l'evssou, jiaroisse de Si Avit Sénieur, où il était né, vers 1740, de sieur Jean Oelpit, liourgeois, et de d"« Germain. Il épousa, le <) mai 17(19, au village de la \'edii, d"'' Magdcleinc Clianteloube, fille de l'ierre fllianlelnube, s^ de l.a Perrière, et de d"« (Catherine Vigicr. 11 résida quelque temps à la Védie, puis vint hahiter, dans le bourg nième de S' .\vil
FORMATION' DES NOrVFr.I.ES ^[rNICIP.\r.IT^:.S
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Giiillaumo (imidal comme secrétaire et, comme senitateiirs, le citoyens Pierre Matasse, curé de la paroisse, Armand ("astaing, du village de la \'édie, et Raymond Marchés, du village de Borderie. Tous prêtent le serment conformément au décret t>l, u le jour tinissant », le président lève la séance, renvoyant au lend(>main la continuation des opérations.
Le lendemain, ii courant, était un lundi. Les citoyens actifs se réunissent de nouveau, toujours . dans l'église paroissiale et, sur l'invitation
du président, procèdent d'abord à l'élection du maire :
le dépouillement du scrutin désigne M. Pierre Matasse,
curé de la paroisse. Il est, à l'instant, proclamé maire de Saint- Avit par le susdit président. Notons ce choix, fait par les électeurs de Saint Avit. de leur curé pour remplir les fonctions de maire. Xous allons voir le fait se reproduire dans d'autres communes du canton, notamment à Labouquerie et à Sainte Sabine. On procède ensuite à la nomination des cinq officiers municipaux. Cette élection se fait au scrutin de li.ste. Sont nommés : i» Armand Castaing, du village de la Védie; 2° Jean Marchés, du village de Cors; 3» Guillaume Goudal, du village de la
Ll- curé Pierre Matasse, •lu mniri» «le S' Avil SOnieiir.
la maison occupée aujourd'hui par la laniil Jean Delpil, né le 12 lévrier 1770, l'ut suc
FiG. 24.
Jean Delpit, de S' Avit Sénieur,
président d'élection.
Ctle <:i^nal<irc esl rrlle qui ligure sur l'.iclc <!<> m:>ri,ng<> de Je.'iH Delpit; -nvec lieni'" Miigdeleine Oianleloubr-, de l.i V<'-die. <i la dnle du M mai ITtfJ (.l/(n«re.< ' aji(<ii;ii;.y ...
le Rovcre. il eut 11 enfants, dont Faille.
cessivenieiit, administrateur du district de Belvès, administrateur du départciiieni de la Dordognc, membre du conseil des Cinq-Cents. Xous le retrouverons jilus loin. Ces Delpit de S^ Avit étaient-ils apparentés aux Delpit de Beauinont .je ne saurais l'affirmer. Tout ce que je sais, c'est que le jour où Jean Delpit se maria avec d"« Clianteloube, Antoine Delpit de Belerd, de Bcauniont, et son fils aîné, Pierre Delpit, a.ssistérent à la fête et apposèrent leur signature au bas de l'acte de mariage. Dés lors, il est très probable que les deux familles étaient apparentées l'une à l'autre. Ils étaient, du moins, en relations amicales.
petite Védie; 4° Raymond Marchés, du village de Borderie; 50 (iiiillaiime Lacoste, du village des Roudiers. Ces résultats sont annoncés à haute ^•oix par l'un des scrutateurs et les élus, séance tenante, sont proclamés officiers municipaux par le président Delpit.
Un nouveau scrutin désigne les douze notables. Ce sont : i*' Pierre Pouzargue, du village des (iiroux; 2° Jean denestal, dit (iabarel, du village de Bos; 30 (iuillaume Bouyssou, du village de la Sellerie; 4» Pierre Castang, du village de Bazeille; 5° Jean Audibert, du village de Peyssou; 60 lùienne Laborie, du village de Maneau; 7" Jacques Laval, du village de Foncroze; 80 Michel Farganel, du Bourg; g" Bernard Sylvain, du village des Fosses; lo^ Jean Capelle, du village de Fargues; ii^ Sicaire Vigier, du village du Pouget; 12» Jean Pauhat, dit Ramond, du village de Ruffet. Ces douze notables, nommés comme les officiers municipaux au scrutin de liste, sont annoncés et proclamés par le président.
Il reste encore, pour compléter le corps municipal, à nommer le procureur de la commune. On y procède aussitôt au scrutin individuel et à la pluralité des voix. Les suffrages des électeurs se portent sur le sieur Jean Chanteloube de la Porte, habitant le village de la Védie. Il est, à .son tour, » annoncé et proclamé >• par le président.
Au total, la municipalité de Saint .-Xvit Sénieur était conipo.sée de la façon suivante :
Maire Matassh (Pierre), curé de la paroisse.
Proctinuty de lu c())nniu)ie . Chantkloubr dk la Porte, de la
Védie.
/ Castaing (Armand), de la \'édie.
Marchés (Jean), de Cors.
(jOUDal (Guilhaume), de la Petite Officiers municipaux. . . . ' Védie.
Marchés (Raymond), de Borderie.
Lacoste (Guilhaume), du village des Roudiers.
FORMATION DFS NOUVELLES MTNU ITAI ITÉS 14!
Pmz ARGUE (PioiTc). des (iiroux.
(iKNESTAL (Jean), du Bos.
Bouvssou ((iuillaumo), do la Sellerie
Castanc (Pierre), de Bazeille.
AuDiBEKT (Jean), de Peyssou.
,- , ,, ' l.ABORiE (Etienne), de Maneau.
.\otiioies '
Laval (Jacques), de Foncroze.
Farganel, du bourg.
Sylvain (Bernard), des Fosses.
; Capelle (Jean), de Fargues.
\'i(;iER (Sicaire), du Pouget.
Pauliat (Jean), de Ruffet.
Les opérations électorales étant terminées, " le maire, les cinq officiers municipaux, ensemble les douze notables, avec le procureur de la commune, ont prêté devant la présente assemblée, es mains du président, le serment de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du royaume, d'être fidèles à la Nation, au Roi [Louis Seize, restaurateur de la liberté française et à ses successeurs) et à la Loi, et de bien remplir leurs fonctions. Et, pour gage de la sincérité de tout ce dessus, le maire, les officiers municipaux, les notables, avec le procureur et les citoyens actifs qui savent écrire, ont signé ces présentes, avec nous président et secrétaire; et tous ceux qui n'ont signé pour ne savoir y ont applaudi et ont approuvé le tout par des battements des mains, et l'assemblée s'est dissoute et retirée en paix. »
La première municipalité élue de Saint Avit Sénieur, avec le curé Matasse pour maire et le sieur Chanteloube de la Porte comme procureur, est franchement royaliste. Et cela m'étonne pour une commune qui, les années suivantes, devait toujours marcher au premier rang dans le mouvement révolutionnaire. Voilà peut-être pourquoi les électeurs du curé Matasse et de Chanteloube ont systématiquement écarté le citoyen Jean Delpit qui, plus tard, sous le Directoire, fut constamment désigné à l'administration municipale du canton. Ajoutons cependant que, à côté des contre-révolutionnaires Mata.sse et Chanteloube,
142 LES DÉBUTS DE LA RÉVOU'TIOX
les électeurs ont placé (ioudal, l.acoste et les deux Marchés, sincèrement acquis, ceiL\-là, aux idées du jour.
2" L'ÉLECTION DE BoURNIQUEL.
Les citoyens actifs de la paroisse de Bourniquel, le 8 mars 1790, « au son de la cloche en la manière accoutumée ", s'assemblent dans la maison presbytérale de la paroisse « aux fins de la constitution de leur municipalité ».
Étaient présents : Messire Jean Balthazar comte de Saint Exupéry de Rouffignac, maître Jacques Philippe Gaillard prêtre et curé de la présente paroisse, Jean Ducros sieur de La Bâillonne bourgeois, et maître Jean Ducros sieur Larroque notaire royal, son frère, Élie Ducros sieur de Labrugae bourgeois, Jean Ségallas, praticien, Jean Fardet, Jean Jaubert laboureur, Jean Lagorse marchand, Pierre Valet, Jean Reynet laboureur, Jean Delmazel maçon, Jean Monribot forgeron, Pierre Vitrac dit Cadet, Jérôme Delprat, Jean Poujol, Pierre Besse, Jean Chambon, Jean Caminade, Pierre Ringuet, laboureur, Léonard Laval, Antoine Melet, Pierre Coulaud, Jean Faure, Jean Crouzel, autre Jean Faure, Jean Mouret, Jean Soleillebout et Pierre Vitrac aîné, en tout vingt-huit électeurs.
La séance ouverte, le seigneur comte de Saint Exupéry Rouffignac, à la demande des assistants, explique « l'objet de la convocation » et donne lecture des lettres patentes du roi et des décrets et instructions de l'Assemblée nationale relatifs à la formation des municipalités communales.
Puis, on procède à la désignation d'un président et d'un secrétaire. Les suffrages des électeurs se portent sur M. Gaillard, curé de la paroisse, comme président, et Jean Ségallas, comme secrétaire. Ces deux messieurs acceptent leur mission et, tout de suite, prêtent le serment de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du royaume, d'être fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi, de choisir, en leur âme et conscience, les plus dignes de la confiance publique et de remplir avec zèle et courage les fonctions civiles et politiques qui pourront leur être confiées.
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Le prosidoiu (laillard procècU' alors à la noininalioii de trois scrutateurs. Sont élus : le comte de Saint ILxupéry Rouflignac, jeun Ségallas et le sieur lîlie Ducros de Labrugue. Incontinent, ils prêtent le serment d'usage.
On passe maintenant à l'élection du maire. Le comte de Saint Exupéry Kouflîgnac réunit sur son nom la totalité des sidfrages. Ce seul fait nous dit l'estime générale dont jouissait, dans la paroisse de Bourniquel, le comte de Saint Exupéry et, partant, î'inliuence considérable qu'il avait sur le corps électoral.
Le président, le maire une fois nommé, procède à l'élection des officiers municipaux, du procureur et des notables. La commune de Bourniquel, de par sa population, avait droit à deux officiers municipaux et six notables.
Pour les officiers municipaux, les résultats du vote furent les suivants. M. Gaillard, curé de Bourniquel, est nommé au premier tour. Le second tour est favorable au sieur Élie Ducros de Labrugue.
Pour les fonctions de procureur de la commune, les voix des électeurs se portent sur le sieur Jean Ducros Labaillonne, frère du sieur Ducros Labrugue.
En ce qui concerne les notables, le dépouillement du scrutin donne les résultats suivants. Sont nommés : Pierre Besse, Jean Jaubert, Pierre Ringuet, Jean Lagorse, Jean Fardet et Jean Poujol.
La municipalité de Bourniquel est maintenant constituée. Elle est formée comme suit :
Maire Le comte de Saint Exui'Érv Rouf-
FIGXAC.
Procureur de la commune. Ducros Labaillonne.
^rr ■ -, \ Gaillard (le curé).
Officiers municipaux . ... ^
{ Ducros Labrugue.
' Bessk (Pierre).
l JAUBERT (Jean).
1 RiNGUET (Pierre).
ISotahles ( ,
LAciOKSE (Jean).
Fakdet (Jean).
PoujOL (Jean).
Les nouveaux élus, conformément à l'article 22 des lettres patentes, ont été proclamés <( à haute et intelligible voix à mesure qu'ils ont été nommés et dans l'ordre qu'ils sont inscrits '> par le syndic en charge de la paroisse. Puis, toujours en conformité
Fi G. i6.